Y a-t-il du leadership dans la salle?

David Lemelin

La pression monte à la mairie, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer du leadership, le type jusqu’ici absent du côté de Bruno Marchand. C’est notamment le point de vue de Karine Gagnon, dans le Journal de Québec, qui estime, à juste titre, que d’éviter de prendre position pour ne pas froisser le gouvernement le conduit à ne pas faire ce pour quoi il a été élu : défendre les intérêts des citoyens de Québec.

Ce manque de leadership est flagrant alors que les enjeux sont pourtant cruciaux. Les deux sujets qui ressortent : les normes de nickel et le troisième lien. Dans les deux cas, la réponse de Marchand est la même : il attend d’avoir tous les éléments en main avant de prendre position.

Je l’ai décrié et vu venir pendant la campagne électorale, estimant que plusieurs de ses déclarations sonnaient creux, masquant par une apparente prudence un manque plutôt incommodant de connaissance et d’expérience.

Alors, la trouvaille des com du maire, c’est d’essayer de faire passer des élus qui connaissent déjà leurs dossiers pour des gens précipités qui font dans la récupération politique. Ce faisant, ils espèrent que Marchand aura l’air mesuré et posé, plus sage que ses adversaires.

L’ennui, c’est que le bateau prend l’eau, déjà. Dans Le Soleil, Mylène Moisan s’étonne de la précipitation du maire à défendre avec « vigueur » la survie des arbres le long du tracé du tramway (pour ça, il n’a pas attendu), alors qu’il fait preuve d’hésitation et d’incertitude lorsqu’il s’agit de se battre pour la qualité de l’air des gens de Limoilou. C’est pourtant un sujet d’une extrême importance!

Pour se défendre, Marchand attaque ses adversaires Villeneuve et Smith en disant qu’ils politisent l’enjeu du nickel

Mais, dites-moi : qu’est-ce que la politique, au juste?

J’espère que c’est de se saisir des dossiers pour les mettre à l’avant de la scène, pour que la politique fasse son travail politique!

En réalité, Villeneuve et Smith défendent les intérêts de leurs citoyens. C’est ça, de la politique. J’ai pourtant souvenir du candidat Marchand qui se vantait d’offrir le leadership dont Québec a besoin…

On se trompe de définition, là. Le leadership, ce n’est pas de se coucher devant le gouvernement du Québec pour éviter de l’indisposer. La norme de nickel relève du gouvernement du Québec? Oui! Mais, le maire DOIT se battre et se tenir debout pour ses citoyens lorsque ça s’impose.

En essayant de passer pour un sage, Marchand fait plutôt monter l’insatisfaction chez celles et ceux qui réclament des prises de position fermes et des actions pour le démontrer. Ainsi, pendant que 165 experts signent un texte plaidant pour l’abandon du troisième lien, pendant que les citoyens de Limoilou expriment leur inquiétude concernant l’air qu’ils respirent, le maire attend des comités, attend des rapports, attend qu’on lui dise quoi penser de ceci ou cela.

Et pendant ce temps, l’équipe du maire essaie de se présenter comme des leaders nouveau genre qui feront mieux que les autres, notamment pour le déneigement. Comme le souligne mon collègue Martin Claveau dans sa chronique, la Ville se comporte bien davantage comme des « poules pas de tête » après un verglas qu’autre chose.

Alors, message à l’équipe de com : sortez-lui un « kit » de leader. Ça presse…

Commentez sur "Y a-t-il du leadership dans la salle?"

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.