Le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) a inauguré l’Espace Riopelle ce mercredi 21 octobre. Ce quatrième pavillon, nommé en l’honneur du mécène Michael Audain, accueille le public dès le 22 octobre. Le projet de 84 millions de dollars présente 235 œuvres, dont 131 de Jean Paul Riopelle.
Louis-Alexandre Parent
Un pavillon de 84 millions sur les plaines
La firme québécoise Les Architectes FABG a conçu l’édifice de trois étages. Il couvre plus de 5600 mètres carrés, dont 2200 réservés aux expositions. Selon le Musée, il s’agit du plus vaste espace entièrement consacré à un artiste canadien. Le bâtiment occupe le site de l’ancien pavillon central. Il relie ainsi le pavillon Charles-Baillairgé et le pavillon Gérard-Morisset.
Le gouvernement du Québec assume 44 des 84 millions de dollars du projet. De son côté, la Ville de Québec verse 5 millions pour la salle de L’Hommage à Rosa Luxemburg. Des mécènes, dont Michael Audain et Pierre Lassonde, ajoutent 25 millions. Enfin, la Fondation du Musée a recueilli 10 millions auprès de centaines de donateurs.
Le chantier a mobilisé environ 800 travailleuses et travailleurs. Par ailleurs, la construction a nécessité 218 tonnes d’épinette noire, notamment pour le plafond du grand hall. Selon le Musée, ce bois provient à 90 % du Québec, principalement de Chibougamau.
Un rêve vieux de quarante ans
Ce pavillon concrétise une idée ancienne de l’artiste. Dans les années 1980, Riopelle souhaitait créer une fondation dans l’actuel pavillon Charles-Baillairgé. Faute de financement, ce projet n’a jamais vu le jour.
Le Musée possède aujourd’hui la plus importante collection publique d’œuvres de Riopelle, avec 504 pièces. Il en expose désormais 131, soit des peintures, des sculptures et des œuvres sur papier. Au deuxième niveau, la rétrospective Riopelle. L’expression du geste couvre plus de 1000 mètres carrés. Elle retrace plus de cinquante ans de création, des années 1940 aux années 1990.
Un don évalué à plus de 125 millions
Cette ouverture repose en grande partie sur un don majeur. Michael Audain, Yoshiko Karasawa et Pierre Lassonde ont offert 63 œuvres, dont 46 signées Riopelle. Le Musée évalue cet ensemble à plus de 125 millions de dollars.
« L’œuvre de Jean Paul Riopelle trouve désormais à Québec un véritable port d’attache », affirme Michael Audain. Pour sa part, Eve-Lyne Beaudry, directrice des collections, souligne la présence d’œuvres rarement montrées. Elle cite notamment des laves émaillées et des estampes de périodes moins connues.
En parallèle, l’exposition Revendiquer réunit une cinquantaine d’artistes de la modernité québécoise. Selon le Musée, près de la moitié sont des femmes. Le parcours accorde une large place aux Automatistes et au manifeste Refus global.
L’Hommage à Rosa Luxemburg au sommet
Au troisième étage, une salle circulaire déploie L’Hommage à Rosa Luxemburg sur près de 360 degrés. Longue de 40,42 mètres, cette toile constitue la plus grande œuvre de l’artiste. Riopelle l’a peinte à l’automne 1992, après le décès de son ancienne compagne, la peintre Joan Mitchell.
Tout près, l’installation Sentir, pour voir Riopelle propose six créations olfactives. Le sommelier François Chartier les a conçues après avoir analysé les matériaux de l’artiste. Au premier niveau, le public peut aussi observer une réserve et un laboratoire de restauration vitrés.
Quatre jours de festivités
Le peintre Marc Séguin agit comme porte-parole des célébrations d’ouverture, du 22 au 25 octobre. Durant ces quatre jours, des artistes de danse et de musique investiront les trois étages. Les billets pour l’ouverture coûtent 28 $ pour les non-membres et 10 $ pour les membres. Les jeunes de 17 ans et moins entrent gratuitement. Toutefois, le nombre de places demeure limité.
À compter du 27 octobre, le billet régulier coûte 30 $ pour les 31 à 64 ans. Les 18 à 30 ans paient 23 $, tandis que les 65 ans et plus déboursent 28 $. Les 17 ans et moins conservent l’accès gratuit.


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