Les dirigeants de Véco Mobilité interpellent le nouveau gouvernement péquiste. Dans une lettre ouverte, ils lient la réussite de la passe mobilité à 95$ à une plateforme commune conçue au Québec. Selon eux, le réseau actuel reste trop morcelé pour soutenir ce projet. Ils craignent aussi qu’une entreprise étrangère occupe rapidement ce créneau.
Louis-Alexandre Parent
Une promesse phare du Parti Québécois
Le Parti Québécois a remporté les élections du 5 octobre dernier. Il forme toutefois un gouvernement minoritaire avec 59 députés. En campagne, la formation de Paul St-Pierre Plamondon a promis une passe mobilité à 95$ par mois. Ce titre de transport donnerait accès à toutes les sociétés de transport collectif du Québec.
Selon Le Soleil, cette mesure ne figure pas parmi les priorités des 100 premiers jours. De plus, le gouvernement devra obtenir l’appui d’autres partis pour réaliser son programme.
Un avertissement venu de l’industrie
Le président de Véco Mobilité, M. Yung Cuong, et son directeur général, Pierre Lopez, signent la lettre. Leur entreprise développe des outils de transport à la demande et de répartition automatisée des courses. Ils saluent l’engagement du gouvernement. Toutefois, ils jugent qu’une passe universelle restera théorique sans outil commun pour la soutenir.
Les signataires décrivent d’abord un système éclaté. Chaque ville, MRC ou société de transport applique ses propres règles et ses propres outils. Selon eux, plusieurs organismes réservent et répartissent encore les trajets presque à la main.
Des usagers et des organismes pénalisés
Cette situation coûte cher, soutiennent les auteurs. Plusieurs donneurs d’ordre paient en effet deux fois. Ils gèrent d’abord les réservations sur des plateformes louées et vieillissantes. Ensuite, ils rémunèrent un fournisseur pour effectuer les déplacements.
Les citoyens en subissent aussi les conséquences. Une petite municipalité peut refuser un transport à une personne qui n’y réside pas. Ailleurs, certains services exigent encore une réservation la veille.
La question des données de déplacement
Les dirigeants soulèvent par ailleurs un enjeu de contrôle. La future plateforme reliera les citoyens, les autorités et les transporteurs. Elle concentrera donc les données de déplacement des Québécois. Les auteurs se demandent qui en détiendra les clés.
Selon eux, une plateforme étrangère s’imposera si le Québec tarde à agir. Ils affirment que plusieurs entreprises québécoises possèdent déjà l’expertise nécessaire. Ils rappellent aussi que la Politique de mobilité durable 2030 mise déjà sur l’intégration technologique des systèmes.
Un appel aux parlementaires
Pour lancer le chantier, les signataires ciblent la Commission des transports et de l’environnement de l’Assemblée nationale. Ils l’invitent à adopter un mandat d’initiative dès sa constitution, prévue dans quelques jours. Elle pourrait ainsi entendre les municipalités, les sociétés de transport, les transporteurs, les usagers et les experts.
Les auteurs rappellent que la Commission des transports du Québec a déjà joué ce rôle. Selon eux, elle l’a toutefois perdu avec les réformes de 2019 et 2020. Dans une Assemblée sans majorité, ils estiment qu’un mandat parlementaire donnerait au projet une assise durable.


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