Grand Marché : la Ville fait un plaidoyer pour l’achat local

Au micro, Mélissa Coulombe-Leduc, responsable d'Expo-Cité avec à sa gauche, Steve Ross, directeur général du Grand Marché de Québec. Crédit photo : Sophie Williamson.

En réaction aux nouvelles qui circulent depuis le début de la semaine au sujet du Grand Marché, l’administration a tenu ce mercredi à lancer un message de support aux commerçants et à inviter les citoyens à consommer local.

Rappelons que le maire de Québec a réitéré sa confiance et son appui indéfectible envers la Coopérative des Horticulteurs de Québec (CHQ) qui est gestionnaire du Grand Marché ce lundi en point de presse.

Ce mercredi après-midi, la responsable d’Expo-Cité Mélissa Coulombe-Leduc en compagnie de Steve Ross, le directeur général du Grand Marché de Québec, ont tenu eux aussi à exprimer leur soutien et à encourager les consommateurs à acheter au Grand Marché.

« Une période critique pour les commerçants »

« On pense comme équipe et comme administration que c’est important d’encourager l’achat local, que ce soit pour la filière agroalimentaire, le textile ou l’artisanat », affirme d’entrée de jeu Mélissa Coulombe-Leduc.

Elle précise que l’approche des fêtes de Noël est une période importante pour les commerçants et un moment « où il faut se serrer les coudes ».

« Pendant la période qui est normalement achalandée, on ne doit pas décourager les gens de venir en mettant de l’avant le prix de certains produits », continue-t-elle.

Par ailleurs, la responsable d’Expo-Cité assure que la Ville « croit au Grand Marché » en rappelant du même coup les raisons initiales de sa création.

« La mission du Grand Marché de Québec, c’était d’être une vitrine pour toute la filière agroalimentaire locale et régionale, poursuit-elle. Le but était de mettre de l’avant nos commerçants, nos artisans, nos agriculteurs qui produisent dans un rayon très proche. » 

Le Grand Marché veut s’adapter au consommateur

Mélissa Coulombe-Leduc réitère que l’achalandage est au rendez-vous et que la demande continue de croître pour les produits québécois.

Steve Ross indique que ce sont 30 commerces permanents qui sont présents durant 363 jours par année au Grand Marché. Une centaine de maraîchers s’ajoute en période saisonnière ainsi que 100 artisans lors des fêtes de fin d’année. Le chiffre d’affaire est estimé à 15 M$ pour les commerçants permanents et à 3 M$ pour les maraîchers.

« On est fier de ce qu’on produit et on veut continuer à se donner les moyens d’aller encore plus loin et d’offrir une plus grande vitrine », affirme le directeur général.

Sur les 30 commerces, trois quitteront leur local cette année, ce qui « n’est vraiment pas beaucoup » commente Steve Ross. « Ça va nous permettre de diversifier l’offre et d’amener de nouvelles initiatives », poursuit-il.

Quand au plan pour les trois prochaines années, le directeur explique que le consommateur et l’expérience client seront au coeur des réflexions. Il s’agira entre autres de sonder l’intérêt de la population et ses besoins, ainsi que de miser sur l’aspect touristique.

Quant au 1 million de visites par année, Steve Ross soutient que « c’est suffisant pour faire vivre l’écosystème ». Il faut toutefois savoir que l’objectif était de 2 millions de visiteurs.

« On pourrait en avoir 3 millions et ce serait encore mieux, lance le directeur général. On veut aller toujours plus haut. » 

Jackie Smith a « tiré dans la chaloupe » 

La responsable d’Expo-Cité regrette que l’article paru dans le Journal de Québec avec la collaboration de la cheffe de Transition Québec Jackie Smith puisse décourager les gens de consommer au Grand Marché.

Elle reprend d’ailleurs l’image utilisée par le maire Bruno Marchand, soit celle d’une chaloupe dans laquelle on tire depuis samedi.

« On ne dit pas qu’il y a un circulaire ou ce que les commerçants font pour mettre de l’avant des promotions, déplore-t-elle. On ne met pas en lumière le fait qu’on est dans un mode où on met de l’avant les producteurs locaux, donc on a des cycles en terme de récoltes. » 

En effet, certains produits de saison sont vendus moins chers qu’en épicerie en saison, notamment le maïs au mois d’août.

Par ailleurs, Mélissa Coulombe-Leduc se dit « non convaincue » que les sorties médiatiques de Jackie Smith permettront de remplir les objectifs d’Expo-Cité, soit « de soutenir la Coop, de donner de l’air aux commerçants et de se donner les moyens d’attirer davantage de personnes ».

La cheffe de Transition Québec a toutefois tenu à clarifier ses propos ce mercredi matin en mentionnant qu’elle milite non pas contre le Grand Marché, appuyant entièrement le support financier offert par la Ville, mais plutôt en faveur de la sécurité alimentaire.

Il faut noter que Jackie Smith siège actuellement comme membre de la Commission d’Expo-Cité. Quant à savoir si sa place est remise en question, Mélissa Coulombe-Leduc affirme que des discussions auront lieu.

Le Grand Marché vs les supermarchés

Quant à la question de l’accessibilité des produits du Grand Marché vu l’inflation et la diminution du pouvoir d’achat des citoyens, Steve Ross distingue les modèles de production, soit celui de masse des épiceries « où souvent on retrouve les mêmes ingrédients à travers les produits ».

Le mode de production des commerçants du Grand Marché présente selon lui un volet santé important.

« C’est l’objectif d’amener cette conscience-là, précise Steve Ross. Est-ce qu’on va acheter-là tous les jours tout ce qu’on a besoin ? Ce n’est pas ce qu’on demande. On veut faire partie d’un parcours. » 

En somme, le but du Grand Marché est de se différencier d’une épicerie ou d’un supermarché en présentant des produits uniques et des plus petites productions, servant ainsi de complément pour le consommateur.

L’objectif selon le directeur général est d’inviter les citoyens à « intégrer la notion d’achat local avec le Grand Marché ».

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