Initiation coquine à la descente

Des conseils pratiques pour bien pratiquer la descente en vélo et profiter des pistes du Mont Saint-Anne. (Photo : François Garuepy)

Par François Gariepy

Pas besoin de la tête à Louis Garneau pour comprendre que la discipline cycliste dangereuse par excellence à vélo demeure la descente. Peu importe les commotions cérébrale, les douloureuses fractures et les imprévus mécanique onéreux qui font mauvaise réputation à la discipline, voici un guide d’initiation au downhill, le sport à deux roues préféré de votre chroniqueur.

Saviez-vous que le Mont-Sainte-Anne est la montagne hôte de la plus ancienne course de vélo de descente de l’UCI, la fameuse Union Cycliste International ? J’ajouterai qu’une belle tradition de cyclisme de gravité s’incarne depuis cette époque dans la cartographie de la montagne de 802 mètres situé à 30 minutes en voitures du centre-ville de Québec. Pour la petite histoire, depuis 1991, le Mont-Sainte-Anne rassemble des cyclistes de gravités en provenance de toutes les nations du monde avec une seule préoccupation; afficher le meilleur chrono à partir du top jusqu’au bas de la montagne via un sentier balisé de deux rubans et quelques matelas attachés aux arbres. Pour plusieurs athlètes de partout sur la planète cycliste, la mythique piste du Mont-Sainte-Anne c’est l’équivalent du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, soit la doyenne des course du circuit, mais aussi et surtout un redoutable défi de pilotage avec pointe de vitesse à 90 km/h à travers cailloux et racines.

Évidemment, dans le cadre d’une chronique qui s’adresse principalement aux cyclistes intermédiaires qui possèdent un vélo préférablement tout suspendu d’au moins 140 mm à la fourche et de 120 mm à l’arrière et qui n’ont jamais osés le Mont Sainte-Anne, nous présenterons les pistes d’initiations dites familiales. Ensuite, il faudra expliquer les défis qui se dresseront devant les intermédiaires qui oseront les pistes du même nom. Finalement, nous terminerons avec une courte description du palmarès des pistes difficiles, ce qui veut dire infaisables pour un débutant.

Baptême et Grisante

En toute confiance, je vous suggère dans un premier temps de vous enfoncer dans la Baptême, une piste pour débutants inaugurée en 2019 qui débute à la sortie des télécabines au sommet du MSA. Une fois la première section roulée et vos freins chauffés, prenez une pause à la fourche qui vous offrira de poursuivre votre chemin dans la Baptême ou de vous aventurer dans la douce Grisante, une descente de 6.3 kilomètres facile à rouler, peu importe la vitesse ou votre niveau. Cela dit, pour progresser dans les virages surélevés, les sauts modestes et votre recherche de vitesses, c’est l’endroit de prédilection dans toute la région. Un tantinet plus exigeante vous paraitra la Baptême dans toute sa longueur si la récidive vous titille. Ai-je besoin d’ajouter que les protections aux genoux et coudes n’est pas un signe de faiblesse ? Vélos, casques et protections sont disponibles en location au bas de la montagne, mais c’est toujours mieux de réserver.

Viêt-Nam, Tordus et Érablière

Dans le bouquet de piste de vélo de montagne, je choisis la Viêt-Nam, la Tordue et l’Érablière pour les moins peureux qui se savent intermédiaires avancés ou pas, mais qui aspirent à mieux. D’abord la Viêt-Nam qui se roule depuis 1988 selon les historiens du secteur, une piste joncée de défis, particulièrement la section des Petits-Ponts de Rony, donc important de se garder du jus de bras pour la fin réputée pour sa brutalité. Quant à la Tordue, elle plaira pour son dénivelé sympathique et ses crans de roche tape-à-l’œil, un délice pour les puristes. Enfin pour les aventuriers, le détour par l’Érablière devrait vous satisfaire avec de sinueuses sections menant à l’époustouflant escarpement final qui demande un bon contrôle des freins, surtout quand le sol est imbibé. Un conseil, trouvez-vous un lapin, c’est-à-dire un habitué du secteur qui vous guidera au moment de calibrer sa vitesse à l’approche d’un saut, mais qui vous montrera surtout la ligne à suivre.

Coupe du Monde et la 1837

Battre l’horloge, mais surtout ses adversaires, tout en évitant le pire, c’est le mantra du descendeur. En attendant la rénovation de la piste nommée Coupe du Monde en août, une incontournable qui fait rêver toute la planète DH avec son rocher plaqué en l’honneur du regretté champion Stevie Smith, j’attire votre attention en direction de la 1837, une piste qui doit son nom à la rébellion des Patriotes au Bas-Canada. Si vous rêvez de virages impossibles en dévers, d’immenses crevasses roulables de fond en comble et de sections en sous-bois offrant une multitudes de passages, alors la 1837 est buchée pour vous. Pour ses dernières, le choix d’un vrai vélo de descente ou d’enduro n’est pas que recommandé, c’est un impératif.

À retenir concernant le Mont-Sainte-Anne en 2022

• Exceptionnellement les 21 juillet et 18 août, les remontées mécaniques sont offertes jusqu’à 19h aux cyclistes avec animation au bas de la montagne

• Inauguration cet été d’une grande pumptrack asphaltée et d’un tracé de dual slalom, parfait pour les courses amicales, peu importe le niveau.

• Coupe du monde de descente (DHI) le samedi 6 août, Coupe du monde de crosscountry (XCO) et l’incontournable course pour enfants Véli-Kidz le dimanche 7 août

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