Les hommages pleuvent à Québec pour souligner le décès du Démon blond

Des fleurs ont été déposées sur l'oeuvre "Trop fort pour la ligue", de Guillaume Tardif, réalisée en hommage à Guy Lafleur. (crédit photo : Simon Bélanger)

On le savait malade depuis un bon moment, mais ça n’a pas empêché le Québec au complet de vivre un deuil à l’annonce du départ de Guy Lafleur, mort à l’âge de 70 ans, après avoir combattu un cancer du poumon. Celui dont le numéro 10 trône fièrement dans les hauteurs du Centre Bell avait d’abord fait étalage de son talent comme joueur junior avec les Remparts de Québec, avant de terminer son illustre carrière dans l’uniforme fleurdelisé.

Simon Bélanger

À la suite de l’annonce du décès de Guy Lafleur par sa sœur Lise, les réseaux sociaux ont été envahis de commentaires rendant hommage à celui qui a inscrit à cinq reprises son nom sur la coupe Stanley (1973, 1976, 1977, 1978, 1979), toutes en portant l’uniforme des Canadiens de Montréal, équipe pour laquelle il a fait étalage de tout son talent de 1971 à 1985.

Il avait ensuite pris sa retraite, avant de revenir jouer pour les Rangers de New York durant la saison 1988-89, puis de finir sa carrière à Québec dans l’uniforme des Nordiques, pour lesquels il a joué pendant deux saisons.

C’est d’ailleurs dans la ville de Québec que tout a commencé pour Guy Lafleur, alors qu’il a représenté son équipe de Thurso au Tournoi international de hockey pee-wee de 1962 à 1964, durant lesquels il a accumulé un total record de 64 points.

C’est aussi à Québec que Guy Lafleur a joué toute sa carrière junior. Il s’est d’abord aligné avec les As Juniors, puis avec les Remparts de 1969 à 1971. Il arborait alors le numéro 4 (déjà attribué à un certain Jean Béliveau chez les Canadiens de Montréal). Il a remporté la Coupe Memorial avec les Remparts, un exploit que l’équipe ne répétera qu’en 2006. Son numéro 4 a été retiré par les Remparts le 28 octobre 2021.

Réactions du monde municipal

Déjà en avant-midi, le maire de Québec, Bruno Marchand, avait publié un hommage sur sa page Facebook, rappelant que Guy Lafleur « en a fait rêver des « p’tits culs » » comme lui et qu’il aurait aimé « être aussi bon que lui ».

Plus tard dans la journée, pendant une conférence de presse à l’hôtel de ville, il est encore une fois revenu sur l’impact qu’a eu Guy Lafleur sur le « p’tit gars de Limoilou » qu’il était, se rappelant que tout le monde voulait porter le chandail no 10, même si c’était un chandail des Canadiens, l’équipe ennemie pour un amateur des Nordiques.

Interrogé à savoir comment il a réagi plus jeune, lorsqu’il a appris que Guy Lafleur arborerait le chandail fleurdelisé, M. Marchand a évoqué « le bonheur » qu’il a ressenti.

« Je me souviens du jour de l’annonce. Il y avait quelque chose qui disait que « les Nordiques sont sur la map » », a raconté le maire.

Il a envoyé ses condoléances à la famille, mais aussi « à tout le Québec, parce qu’on a l’impression de perdre quelqu’un qui était proche de nous, qui était des nôtres, qui a marqué l’histoire ».

M. Marchand voulait aussi souligner à quel point Guy Lafleur a fait preuve de résilience, après s’être fait reprocher de ne pas répondre aux attentes lors de ses premières saisons avec les Canadiens de Montréal.

« Il est revenu en 1974-75 avec une saison exceptionnelle, à la hauteur des attentes. Je pense que pour arriver là, ça parle de la force de l’homme, de la résilience, de son courage et de cette profonde détermination », a souligné le maire.

Bruno Marchand dit qu’il doit d’abord consulter la famille pour décider comment la Ville de Québec pourra rendre hommage à Guy Lafleur et marquer son rôle dans l’histoire de Québec.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, se remémorait ses souvenirs de jeunesse en rendant hommage à Guy Lafleur. (crédit photo : Simon Bélanger)

De son côté, Claude Villeneuve, chef de l’opposition officielle à la Ville de Québec, a aussi offert ses condoléances aux gens touchés par le départ de Guy Lafleur, via sa page Facebook. Il a souligné que, lors de l’inauguration de sa statue dans l’allée commémorative de la place Jean-Béliveau, M. Lafleur « était reconnaissant de l’affection que le public lui vouait, semblant oublier que c’est lui qui, jadis, électrisait tout un peuple par ses montées à l’aile spectaculaires, sa chevelure blonde au vent. »

Sur Twitter, Québec 21 a aussi indiqué que « le Québec perd un grand homme et une légende ».

Funérailles nationales et hommage lors du match des Remparts

Des gens de tous les horizons ont aussi tenu à souligner la carrière et la vie de Guy Lafleur, qu’ils soient issus du milieu sportif, culturel et politique.

Patrick Roy, entraîneur-chef des Remparts de Québec, dit « avoir perdu son idole de jeunesse ».

Le Premier ministre du Québec, François Legault, a tenu à souligner son talent, mais aussi « son franc-parler ». Il a aussi annoncé que Guy Lafleur aura droit à des funérailles nationales, hommage exceptionnel qu’ont aussi reçu Maurice Richard et Jean Béliveau. Un registre de condoléances a également été ouvert sur le site Québec.ca.

Plusieurs amateurs ont aussi défilé toute la journée devant l’œuvre Trop fort pour la ligue, conçue par l’artiste Guillaume Tardif, qui se trouve dans l’allée commémorative de la place Jean-Béliveau. Des fleurs y ont été déposées pendant la journée.

Guy Lafleur aura droit à un hommage ce soir au Centre Vidéotron, avant le match opposant les Remparts de Québec aux Voltigeurs de Drummondville.

Parions que les « Guy! Guy! Guy! » qui seront scandés par la foule résonneront jusqu’à l’ancien bureau de travail du Démon blond, le vieux Colisée, là où un joueur pee-wee de Thurso a fait écarquiller bien des yeux pendant les années 1960.  

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