Où s’en va Québec 21 ?

Québec 21Le chef de Québec 21, Éric Ralph Mercier. Photo : Gabriel Côté

Quatre ans après sa création, et après deux revers électoraux, Québec 21 aura dans les prochaines années le défi de convaincre les gens de Québec qu’il a un avenir. 

Par Gabriel Côté

Le 7 novembre, Jean-François Gosselin, alors chef du parti, n’a obtenu l’appui que d’un électeur sur quatre, et plusieurs observateurs considèrent que cette formation politique a déjà atteint son plein potentiel électoral.

Pourtant, le nouveau chef du parti, Éric Ralph Mercier, déclarait lundi que « c’est la première fois qu’un deuxième parti d’opposition sera presque l’opposition officielle » à la Ville de Québec. Chaque fois qu’il prend la parole, ce politicien d’expérience pèse ses mots, de façon à se décrire en position de force. Il lui plait par exemple de répéter qu’il « tend la main » au maire, et que les élus de Québec 21 s’assureront que l’administration Marchand soit « sous haute surveillance ». 

Né en réaction au projet de service rapide par bus alors proposé par le maire de l’époque, Régis Labeaume, Québec 21 est apparu comme le porte-voix d’une part non négligeable de la population de la capitale à l’approche des élections municipales de 2017. Depuis, le parti a réussi à ériger et à solidifier une base dans la couronne nord de Québec, où le projet de troisième lien est plus populaire qu’ailleurs.

Dans les mois qui ont précédé le scrutin de novembre 2021, plusieurs croyaient que le parti se trouvait dans une position favorable pour remporter la mairie, car Québec 21 était la seule formation politique opposée au tramway, alors que les partis en faveur du projet se multipliaient. À gauche et au centre, on craignait jusqu’à la toute fin que la division du vote permette à Jean-François Gosselin de remporter la mairie.

Or, les stratèges de Québec 21 étaient bien au courant que pour espérer une victoire électorale, il était impératif de réussir à sortir des banlieues et de faire des gains au centre-ville. On apprendra peut-être un jour que c’est ce raisonnement qui se trouve derrière la décision de proposer un projet de métro-léger, et de se présenter comme le parti à la défense des arbres le long du tracé du tramway. C’est aussi au centre-ville que Québec 21 avait l’une de ses candidatures les plus solides, dans la personne de Jean-Pierre Du Sault.

Mais le gâteau n’a pas pris, et si Québec 21 a augmenté son nombre d’élus sur la rue des Jardins, il n’en est pas moins manifeste que le parti a perdu en même temps beaucoup de poids politique à l’Hôtel de Ville.

Sur le fond, il faut bien s’avouer aussi que le parti fera immanquablement face à une crise identitaire dans les prochains mois. Dans les dernières années, Québec 21 a été le parti de la réaction au développement du transport en commun. L’effort de sortir de ce carcan pour tenter de gagner une élection est tombé à plat, et les deux piliers du parti se sont en même temps effondré : il n’y aura pas de métro-léger à Québec, et le Réseau de transport structurant se déploiera à peu près comme prévu. 

Une source au sein de Québec 21 confie d’ailleurs qu’après le dépôt du budget qui se fera dans les prochaines semaines, « le parti entamera une sérieuse réflexion et une période de restructuration ». Il s’agira alors sans doute de déterminer au nom de quoiles élus de Québec 21 « surveilleront » le maire. Sans quoi, le parti risque de subir le même destin que la plupart des formations politiques qui ne font que s’opposer ou réagir, et qui se laissent ainsi dicter le pas par le parti au pouvoir : une mort plus ou moins lente aboutissant à une disparition au bout de deux ou trois élections, tout au plus.

Enfin, la transition vers un nouveau chef est toujours délicate pour un parti. Au palier municipal, et spécialement dans le cas qui nous intéresse, elle prend une dimension particulière puisque le nouveau chef, Éric Ralph Mercier, n’a pas été élevé à ce rang par une base partisane ni par le désir des citoyens, mais bien par une décision à huis clos prise avec les autres élus de son équipe. M. Mercier jouit déjà d’une grande notoriété au nord de la ville, en raison de son père qui a été le dernier maire de Charlesbourg, comme il nous le rappelle souvent. Mais il faudra trouver autre chose pour gagner la sympathie des citoyens sur l’ensemble du territoire de la Ville, et pour se donner une image moins périphérique

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