La transition à l’hôtel de ville s’exécute dans la jovialité

Bruno Marchand, le nouveau maire de Québec, accompagné par les six candidats élus de Québec Forte et Fière. Crédit photo : Sophie Williamson.

C’est dans la joie et le badinage, sous le regard admiratif de la foule, que le nouveau maire de Québec Bruno Marchand aborde la transition qui aura lieu dans les prochains jours à l’hôtel de ville.

Gouverner différemment en contexte minoritaire

« La transition est super bien commencée, annonce d’abord Bruno Marchand. On multiplie les appels à différents partenaires à la fois à Québec et dans la région pour lancer les choses sur des bases collaboratives. »

Il explique aussi qu’il tente d’importer les manières de faire des conseils municipaux qui ont oeuvré en contexte minoritaire. « On essaie d’apprendre de ce qui a réussi », indique le nouveau maire. Une de ses « inspirations » est notamment le livre de Maxime Pedneaud-Jobin qui fut maire de Gatineau de 2013 à 2021, Passer de la ville à la cité : Faire place à la participation citoyenne, publié en février dernier.

Bruno Marchand répète qu’il est « hors de question » pour lui de gouverner de la même façon qu’un conseil majoritaire.

Pour se faire, il propose une rencontre individuelle avec chaque élu avant le conseil du 22 novembre. Il mettra aussi de l’avant avec « chaque élu qui le voudra », explique-t-il, des rencontres de 90 minutes chaque année.

« On va aussi multiplier la fréquence de ce qui se faisait déjà sporadiquement, poursuit-il, soit de permettre à l’ensemble des élus du conseil de se rencontrer en rencontres de travail périodique. » Celles-ci porteront sur « tous les dossiers qui nécessiteront clarification », dans l’objectif que « les élus obtiennent de l’information pour se positionner ».

Bruno Marchand : un « maraudeur » ?

À savoir s’il ne s’agit pas en un sens d’une « manoeuvre politique » pour aller chercher d’autres élus et devenir majoritaire, le maire précise que cela n’est pas du tout son intention. Il affirme qu’il souhaite simplement que les élus se sentent écoutés par le maire, mais qu’ils ne seront jamais forcés à assister à ces rencontres « s’ils ne sont pas confortables ».

« On travaille à faire fonctionner un conseil de ville, ajoute Bruno Marchand, et on est super sincères là-dedans. Par peur de me faire accuser de faire du maraudage, je ne vais pas me priver d’entendre ce que les élus ont à dire dans leur district. »

Bruno Marchand reconnait par ailleurs que « les 15 autres élus ont beaucoup d’intérêt pour Québec Forte et Fière ». « Mais un parti minoritaire qui veut atteindre la majorité ne veut pas travailler autrement, poursuit-il, il est en train d’essayer de gouverner de façon traditionnelle. » 

Par ailleurs, le comité exécutif sera formé la semaine prochaine. Bruno Marchand soutient qu’il veut « prendre le temps de rencontrer les gens » avant de déterminer l’ensemble des tâches.

À la question de savoir si le conseil devra être constitué de membres qui ne sont pas dans son équipe, le maire lance à blague qu’une personne derrière lui n’est pas encore au courant, mais qu’elle ne sera pas dans l’exécutif. Après avoir rassuré ses coéquipiers en riant, il répond que c’est son souhait.

« Ce serait idéal d’avoir des gens qui proviennent de l’extérieur de Québec Forte et Fière, et c’est à ça qu’on travaille », assure-t-il.

Le Parti québécois s’invite au municipal

Il est effectivement difficile de passer sous silence le fait que plusieurs péquistes se retrouveront à l’hôtel de ville pour les quatre prochaines années.

Mentionnons le nouveau chef de l’opposition, Claude Villeneuve, qui est l’ancien conseiller du Parti québécois et rédacteur de discours de Pauline Marois. Notons aussi que Clément Laberge, militant péquiste qui a été candidat du Parti québécois dans la circonscription de Jean-Talon en 2015, a été nommé chef de cabinet.

Bruno Marchand explique qu’il ne se « privera pas de talent » parce que les deux personnes viennent du même parti provincial. Il rappelle qu’il a recruté Florent Tanlet qui a travaillé comme attaché de presse de ministres caquistes.

« On a toujours dit qu’au municipal, l’allégeance du provincial ou du fédéral n’existe pas, affirme-t-il. On veut des citoyens qui veulent servir leur ville. Alors que les gens ne soient pas inquiets, ni heureux selon leur allégeance. »

Publicité

Commentez sur "La transition à l’hôtel de ville s’exécute dans la jovialité"

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.