Trop de débats?

David Lemelin

Sérieux, je suis fatigué pour eux. Je ne les compte plus, les débats à la Ville de Québec. Partout, portant sur plein de thématiques. C’est trop? Oui, un moment donné, on sait plus où regarder. 

Je suivais les débats rigoureusement, incluant plusieurs des débats de districts : me suis tanné.

Je connais la « game » : chaque média essaie d’avoir un peu d’éclairage sur lui, pour en tirer profit. Mais, pour le citoyen, est-ce que c’est mieux? Y’en a-t-il beaucoup qui ont TOUT vu?

J’en doute. 

Je pense qu’on aurait intérêt, collectivement, à y aller par consortium, comme on voit au Fédéral ou au provincial : plusieurs médias diffusent en même temps le contenu. On pourrait, par exemple, en faire trois, divisés ainsi : 

  1. Aménagement du territoire, environnement, transport, patrimoine
  2. Social, communautaire, santé, sécurité, culture, sports, loisirs
  3. Économie, fiscalité, démocratie et pouvoirs, Québec capitale

Ça donnerait trois gros blocs, riches, qui permettent surtout de parler des valeurs, des idées fortes, de l’approche… bref, de parler comme des candidats à la mairie. Pour qu’on sache où ils logent, philosophiquement et politiquement. Si vous dites « c’est impossible, y’a trop de sujets pour les regrouper ainsi ! », dites-vous qu’ils font le même truc avec la présidence américaine ou française. Y’a pas 50 débats. Y’en a peu, ils durent au moins deux heures à chaque fois, et on va assez loin dans les échanges pour que ce soit très nourrissant. Et des sujets, y’en a pour les fous et les fins…

Je l’ai dit, les débats à la mairie auxquels nous avons eu droit se démarquaient peu des débats de quartier. Si vous avez écouté les deux catégories, il y avait fort peu de différence. C’est pas normal. La mairie, c’est pas un quartier. Ça ne sent pas du tout « Québec capitale » cette campagne. C’est très… micro, très « pis, moi, mon problème? »

Le dernier débat du lot est celui proposé par CHOI. Jackie Smith (TQ) a refusé d’y participer en disant que la mairie de Québec exige de « défendre les grands principes démocratiques et le respect de la dignité humaine qui sont à la base de notre société ». En somme, elle ne veut pas nourrir la bête qui promeut, dit-elle, la haine et remet en question la science.

Elle a bien raison. Quand vous donnez de l’attention ou des sous à des stations du genre, vous permettez à ces messages inappropriés de vivre dans l’espace public. Vous leur donnez de la force. 

Ça lui donnerait quoi, à Smith? Rien. Surtout, c’est sans doute la meilleure façon de gagner ce débat, ce qu’elle vient de faire en n’y allant pas. 

Enfin, un mot sur les sondages : j’ai toujours été contre. En science politique, on analyse beaucoup ce réflexe électoral qui veut que des gens décident en fonction des sondages : voter pour le meneur, voter pour ne pas « perdre ses élections ». C’est ce qui se produira à Québec : il y a aura un mouvement, vers la fin, pour pouvoir dire à son voisin « j’ai gagné mes élections, hein! »

Peut-être. 

Est-ce que les citoyens ont si peu confiance en eux qu’ils ne pourraient pas voter pour ce qui leur convient, sans savoir qui mène? On dira que le système électoral force ce choix stratégique, pour voter utile. C’est tout à fait vrai. Il n’y a pas que des gens qui « suivent la vague », il y a beaucoup de « je ne veux pas perdre mon vote ».

Alors, constat? C’est le système qui est brisé, les amis. Le système n’a pas envie que vous ayez confiance en vous…

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