Bruno Marchand : « Monsieur Gosselin vit dans un monde de licornes »

Crédit photo : Sophie Williamson.

Bruno Marchand répond sans équivoque à la sortie controversée de Jean-François Gosselin du jour concernant un possible « 4e lien ».

Nous avons aussi discuté avec le chef de Québec 21 pour clarifier sa position à ce sujet.

« Un débat pour un lien que personne ne demande »

« Est-ce qu’on a besoin d’un quatrième lien à Québec ? Non », lance sans ambiguïté Bruno Marchand.

« Je pense que Monsieur Gosselin veut passer à Infoman, poursuit-il ricaneur, il n’y a personne qui parle d’un lien supplémentaire. C’est quoi les coûts, c’est quoi la rigueur ? Ça décrédibilise l’ensemble du projet de Monsieur Gosselin, notamment son tunnelier. » 

Bruno Marchand réitère son intérêt pour un 3e lien qui servirait uniquement pour le transport en commun, en précisant qu’il faut voir « où il arrive, où il sort et voir les impacts ».

« Je ne pense pas que ce deuxième tunnel est sérieusement considéré par le gouvernement, poursuit-il, le premier ministre qui a entendu ça a dû s’étouffer avec sa gorgée de café. » 

À la question de savoir si c’est la proposition de Jean-François Gosselin vise à conserver ses sièges dans Beauport, Bruno Marchand répond que « lui ne ferait pas ça ».

« L’improvisation de Jean-François Gosselin témoigne que le projet de métro léger a été construit sur le coin d’une table », ajoute-t-il.

En réponse, Jean-François Gosselin répète que Bruno Marchand « n’est même pas capable de se prononcer pour ou contre le 3e lien ». Une fois que le chef de Québec Forte et Fière se sera prononcé, il laisse entendre que le dialogue pourra être possible.

Il répond aussi à Jackie Smith qu’il ne considère pas son opinion sur le sujet du réseau de transport à Québec. « Si on l’écoutait, affirme-t-il, on réduirait le nombre de liens à un et même une demi. » 

Le « courage de la neutralité »

« Nous avons donné une opinion claire, très compréhensible et nuancée, affirme Bruno Marchand, le courage ce n’est pas de dire oui ou non sans connaître le projet. Défendre les intérêts des gens de Québec c’est d’être capable de demander pourquoi et qu’est-ce qui est important ? » 

« Le gouvernement va vouloir s’assoir avec un maire capable de dire « on peut collaborer » en ayant à cœur les conditions qui sont importantes pour les gens de Québec, poursuit-il, en démontrant une ouverture, sans dire non et couper le dialogue.

Marie-France Trudel, candidate dans le district de Sainte-Thérèse-de-Lisieux, s’est aussi exprimée sur le dossier en renouvelant la posture de neutralité de son équipe. « Ce qui nous importe, c’est que l’accès du troisième lien à Beauport ne rendre pas plus difficile l’accessibilité aux autoroutes qui est déjà compliquée, affirme-t-elle, mais à ce moment-ci on n’a pas les chiffres. »

« On peut rêver d’aller sur la lune, mais est-ce logique, est-ce qu’on peut le faire, est-ce qu’on peut se le payer ? », ajoute-t-elle.

Le chef de Québec 21 s’explique

En quête de clarté, nous avons parlé directement à Jean-François Gosselin. Qu’est-ce qu’il a dit exactement ? En résumé, qu’il faut impérativement expliquer au gouvernement québécois que les citoyens sont inquiets par rapport à la sortie du 3e lien au centre-ville, notamment à Saint-Roch. D’où l’idée que le lien autoroutier débouche à l’Est de la ville.

« Plusieurs scénarios sont possibles », a expliqué le chef de Québec 21. Une de ces options, celle retenue et qui fait sourciller ses adversaires, est de faire un lien uniquement autoroutier complètement à l’Est. D’où l’idée d’un « 4e lien ».

Jean-François Gosselin explique qu’au fond, ce qui est important pour lui est de respecter la volonté et les besoins des citoyens de la ville de Québec. C’est au gouvernement provincial de déterminer la forme du projet final. « Les citoyens veulent un 3e lien qui relie Québec à Lévis, affirme-t-il, mais il est essentiel pour eux d’épargner le centre-ville. »

En gros, ce que nous retenons de notre entretien est que l’aspirant maire tente de répondre aux inquiétudes qu’il constate et entend à tous les jours sur le terrain par des idées de projets. Il tente de satisfaire aux demandes en esquissant des solutions à brûle pourpoint.

La mouche qui a piqué Jean-François Gosselin est peut-être électoraliste. Mais ce qui le pique semble aussi être une volonté sincère de respecter le dialogue qu’il entretient avec les citoyens. Il est certes noble de chercher la meilleure solution pour satisfaire le plus de personnes. Mais les ressources et les possibilités sont limitées.

Il ne faut pas oublier que les interrogations et les insatisfactions citoyennes doivent résister à l’épreuve du jugement critique et d’un certain réalisme politique.

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