Tramway retardé d’un an : le projet n’est pas compromis, selon Régis Labeaume

Régis LabeaumeLe maire Régis Labeaume

Par Gabriel Côté

Le projet de tramway sera retardé d’un an, car un seul consortium a déposé un engagement de participation vendredi dernier. La Ville s’est ainsi vue contrainte d’annuler l’appel de projet actuel et de lancer un autre processus avec une approche révisée. Le maire Régis Labeaume a assuré que le projet n’est pas compromis, ni au niveau politique, ni en ce qui concerne les travaux préparatoires qui ont déjà été amorcés. 

« On discute actuellement avec le gouvernement pour avoir un nouveau décret le plus vite possible, a dit le maire de Québec. Le projet sera lancé à l’été. Il sera moins avancé que si on avait eu plusieurs soumissionnaires. La situation politique, quant à elle, reste inchangée. Le gouvernement comprend la situation, il appuie notre position et il appuie le nouveau processus (…). »

Régis Labeaume n’a pas de crainte pour l’avenir de ce projet. Il a d’ailleurs lancé une flèche à ceux qui s’y opposent. « Ceux qui veulent arrêter le processus, qu’ils arrêtent le vieux ou le nouveau, ça ne change rien. Le gouvernement ira de l’avant avec ce projet et avec aucun autre, ça c’est garanti. Je pense de toute façon que ceux qui s’opposent au projet le font pour protéger leur siège, et qu’ils ne se croient même pas. Comment voulez-vous qu’un nouveau conseil municipal arrête la volonté des gouvernements (fédéral et provincial). »

En outre, le maire a indiqué clairement que cette embûche ne change rien à sa décision de se retirer de la vie politique. « Je ne peux pas me mettre à changer d’idée aux deux semaines », a-t-il dit. 

La Ville passe à son plan B

Le précédent appel d’offres était à la recherche de soumissions de la part de consortium regroupant un partenaire responsable de fournir les matériaux et un partenaire « civiliste » responsable de la conception et de la construction du tramway. Il s’agissait du « plan A » de la Ville. « C’était la meilleure façon de procéder, pour avoir le meilleur projet pour les citoyens et au meilleur coût », a déclaré le maire. 

Or, avec l’acquisition récente de Bombardier Transport par Alstrom – deux fournisseurs de matériel roulant – les partenaires « civilistes » ont ressenti de l’incertitude. Cela les a conduits à reconsidérer leurs décisions d’affaires.

La Ville passe donc à son « plan B ». Plutôt que de rechercher un consortium, elle fera deux appels de propositions distincts. Elle se mettra en quête d’abord d’un fournisseur du matériel roulant, puis d’un partenaire responsable de la conception et de la construction du tramway.

Cela entraînera des coûts supplémentaires. Pour le maire de Québec, il s’agit là d’un moindre mal.

« Nous ne faisons que nous adapter aux nouvelles réalités du marché pour créer des conditions de concurrence saine pour ce projet qui transformera la mobilité à Québec, a fait valoir Régis Labeaume. Avec un seul soumissionnaire, on aurait eu à négocier de gré à gré (…). Je suis convaincu qu’il coûterait plus cher de procéder ainsi que de retarder le projet d’un an. »    

Travaux préparatoire et décision pour le tracé : rien ne change

Les travaux sur chantier débuteront donc à l’été 2023, soit un an plus tard que prévu. En attendant, le maire a assuré que les travaux préparatoires suivront leur cours. Ce délai ne vient pas non plus modifier l’échéancier pour une prise de décision quant au tracé du tramway à Limoilou.  

Quelques réactions

« Retard d’un an dans le projet du tramway : c’était prévisible, ce n’est jamais payant de vouloir aller trop vite. Mercredi, nous présentons notre projet, les citoyens de Québec pourront prendre une décision éclairée le 7 novembre. » – Jean-François Gosselin, sur Twitter. 

« Je suis évidemment déçu de voir que les délais s’allongent car les besoins en mobilité durable sont grands dans la région. Ceci dit, c’est la chose responsable responsable à faire que de reprendre le processus d’approvisionnement, plutôt que de négocier de gré à gré avec un consortium, situation dans laquelle on risquerait d’avoir un moins bon prix par manque de concurrence. » – Etienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables.

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