Labeaume ne s’en va pas

David Lemelin

Étonnant… oui et non

Labeaume dit vouloir soutenir un candidat à sa succession.

Ce n’est pas étonnant, car ça ressemble au personnage : il se trouve important et considère qu’il est le seul en mesure de trouver la personne « digne » de lui succéder. Ça lui ressemble, parce que chaque fois que quelqu’un avait un avis contraire, il avait tendance à dire que cette personne « ne connaissait rien », qu’elle était « un politicien en mal d’attention », etc. Bref, il n’y a que lui qui sait ce qui est bon pour nous.

Mais, je crois que c’est une très, très mauvaise idée de présenter son « dauphin » ou sa « dauphine ».

L’ère Labeaume se referme. C’est terminé. Et, malgré sa popularité qui tient beaucoup à sa personnalité et sa notoriété, l’époque appelle au changement de garde, de ton, de style, de façon de penser, d’agir. Labeaume n’est plus aussi fusionnel avec la population qu’il l’était en 2009. Avec le temps, il a eu du mal à s’ajuster à la diversité d’opinion qui s’est développée chez les citoyens de Québec. Il n’a jamais toléré les propositions adverses, mais il n’est pas certain qu’il saisisse parfaitement ce qui est attendu, désormais, des gens. À preuve, il s’est avancé beaucoup avec Laurentia, dans cette habitude qu’il a d’être très accommodant pour les gens du Port. On n’en est plus là, pourtant.

Appuyer quelqu’un, dans ce contexte, c’est être un poids. Plus qu’une poussée dans le dos, Labeaume risque d’être un énorme boulet au pied de son « poulain ». Ce dernier devra peiner pour se distinguer, pour présenter un visage plus positif et, surtout, éviter de donner l’impression que Labeaume sera encore le maire en place, en coulisse. 

C’est une très mauvaise idée. C’est ce bout qui « m’étonne ». Le candidat qu’il entend soutenir sait sans doute cela. 

Déjà que Labeaume a promis de sortir dès l’instant où quelqu’un oserait noircir son bilan, – parce que, rappelez-vous, il n’y a que lui qui sait ce qui est vrai et bon – il ajoute avec cette annonce une pierre à l’édifice qu’il a construit : Labeaume est là, c’est sa ville et il ne partira pas vraiment.

En somme, il sera une « super belle-mère » qui agira sur son champion comme de la kryptonite au cou de Superman. 

Il lui enlèvera tous ses pouvoirs de conviction.

Ce qui nous permet de réaliser une chose fondamentale : Labeaume ne se représente pas, mais il ne s’en va pas. 

Et il n’a pas changé, finalement.

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