Cruelle politique

David Lemelin

Oui, c’est cruel, la politique. Prenez Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec. 

Il est conseiller municipal du Vieux-Québec depuis 2017. Il est très apprécié dans son district, il est compétent, studieux, il prépare ses sorties et veille à offrir du contenu lorsqu’il prend la parole. Il ne fait pas qu’attaquer, il opte plus souvent pour la critique constructive. 

Il se présente comme le candidat rassembleur, celui qui croit au rôle des quartiers, à la démocratie citoyenne et souhaite offrir une gouverne qui laisse la place aux conseillers municipaux. Il est en faveur du tramway et laisse beaucoup de place à l’environnement dans son programme.

Bruno Marchand arrive. Il se présente comme le candidat rassembleur, celui qui croit au rôle des quartiers, à la démocratie citoyenne et souhaite offrir une gouverne qui laisse la place aux conseillers municipaux. Il est en faveur du tramway et laissera beaucoup de place à l’environnement dans son programme.

Jean Rousseau doit sacrer.

Il pourra penser, avec raison, que son adversaire n’a aucune expérience politique. Zéro. Il est expert pour solliciter la générosité des gens, mais gérer Centraide et diriger une ville comme Québec, ça n’a rien à voir, pensera-t-il. Jean Rousseau est à l’Hôtel de Ville depuis 4 ans, il connait aujourd’hui tous les enjeux, les rouages, comment ça fonctionne une ville, il s’est mis le nez dans tous les dossiers d’importance, que ce soit l’aménagement du territoire, les finances publiques, le développement économique, la protection de l’environnement et la santé publique. Il est au courant de tout.

Pourquoi alors cette impression qu’il passe déjà deuxième, derrière Marchand?

L’image.

Quand on essaie de me faire croire que l’image, en politique, n’est plus ce qu’elle était, j’éclate de rire. 

L’image, c’est encore LA chose déterminante, parce que l’émotion est encore un baromètre fondamental en politique. 

Logiquement, Marchand n’arrive pas à la cheville de Rousseau. Il ne saurait pas du tout quoi faire et devrait tout apprendre en le faisant. Rousseau pourrait diriger la ville, le lendemain matin de l’élection. 

Mais Jean Rousseau, c’est un chercheur, un chimiste. Il a l’air d’un chercheur, pas d’un vendeur. 

Je ne dis pas que Marchand ne pourrait pas faire le travail. Je ne fais qu’observer ce mécanisme cruel pour Rousseau qui s’opère sous nos yeux : le candidat le plus compétent se fera peut-être dépasser par quelqu’un qui n’a pas le dixième de ses compétences.

Mais, Marchand n’a pas le boulet de Rousseau (un parti qui a deux défaites à son historique) et une image qui le confine au Vieux-Québec. Marchand n’a que du positif sur son ardoise. Il sourit, il fait du jogging, il a le teint frais.

L’image.

Les deux vont offrir aux électeurs exactement la même chose lors des élections : un leadership rassembleur, de l’écoute, du respect, de la démocratie, une vision fortement imprégnée de développement durable et une approche responsable des dossiers. 

Copié-collé.

Mais, Rousseau, il n’a pas la bonne image. 

Une amie me disait : « les gens veulent être charmés, pas se faire faire la leçon ».

C’est cruel, quand même. 

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