Les crinqués

Quoi qu'on dise par Martin Claveau

Quand on publie son opinion dans un média, si modeste soit-il, on s’expose.

Un peu comme ceux qui mettent leur face sur des pancartes pour se faire élire, mais en moins pire.  

Ça fait plusieurs fois que je le dis, mais j’observe depuis quelques années une tendance à la radicalisation dans le débat municipal.

Si je simplifie, je dirais que d’un côté, il y les urbains « crinqués ».

Ceux qui veulent un tramway, de la densification, moins de stationnements, de l’agriculture sur les toits, des pistes cyclables, des trottoirs larges et des boulevards urbains. Ils considèrent la voiture comme une plaie d’Égypte, qui afflige notre civilisation et dont il faut se libérer pour devenir un homme nouveau, en phase avec le cosmos.  

De l’autre, il y a aussi des banlieusards « crinqués ».

Ceux qui ont deux chars dans la cour, qui cavalent de leur bungalow à la garderie, au travail, en passant par le gym, sur des autoroutes qu’ils rêveraient à six voies. Ils vouent un culte au 3e lien, car il règlera tous leurs problèmes. Ils dépensent, consomment, font la file chez Ikea et voudraient pouvoir aller partout en 15 minutes avec des VUS, dont ils sont esclaves, mais qu’ils considèrent comme l’instrument de leur liberté.  

Je caricature ici bien sûr, mais il y a un quand même un petit fond de vrai là-dedans. 

Entre ces deux extrêmes, que tout oppose, il y a des nuances. Plein de gens, comme moi, qui ne sont, ni tout l’un, ni tout l’autre.  Les plus « crinqués » de chaque côté voudraient nous voir choisir un camp ou, mieux, le choisir pour nous.   

Je suis plutôt favorable au tramway, mais pas n’importe où, ni à n’importe quel prix. J’aimerais bien, aussi, qu’il existe un 3e lien, qui me ferait sauver une demi-heure de route, quand je me rends en Gaspésie. Je représente donc un infidèle selon la religion de certains.

Récemment, je mentionnais être contre l’idée de boulevard urbain sur Laurentien. Ça ne veut pas dire que je désire des autoroutes partout.  Certains m’ont catégorisé et j’en ai beaucoup entendu parler. 

Je préciserai donc ma pensée. Je crois que le secteur Vanier est sous développé présentement et qu’il y a place à faire mieux. Je crois par contre que ses limites actuelles sont loin d’être atteintes et qu’il existe encore énormément de potentiel pour le développer.

Je crois que la ville devrait en faire une priorité, mais je ne crois pas qu’il soit essentiel d’abattre la structure de l’autoroute actuelle, parce que ce serait trop coûteux et non nécessaire.

Un jour, quand Vanier se sera développé, peut-être envisagera-t-on de modifier la structure actuelle, mais ça ne m’apparait pas pertinent pour l’instant.  

La mode pour le développement urbain est présentement à ce qu’on appelle « la ville en 15 minutes ». C’est à dire de faire en sorte qu’à peu près tout soit accessible en moins de 15 minutes et à pied. Je ne crois pas qu’on ait besoin de « scraper » l’autoroute Laurentienne pour arriver à ça.

Vanier et Limoilou pourront très bien s’auto-suffire éventuellement, pour peu qu’on leur en donne les moyens. 

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