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Sabrina Sirois
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Perdre sa vie aux lumières

Récemment, à cause de réparations de rue qui n’en finissaient plus, le feu de circulation au coin du Chemin de la Canardière, de la 4e avenue et de la 8e rue est devenu un simple arrêt durant un bon trois semaines. 

Je passe par là deux fois par jour. Au départ, j’ai cru ce n’était qu’une situation passagère et que ça ne durerait pas. Puis, au fil des jours, à mesure que ça durait, je me suis tranquillement habitué à ne plus avoir de feux de circulation à cet endroit-là. 

Pour ceux qui connaissent le coin, ce carrefour est particulier. Il s’y produit un genre de croisement un peu complexe entre trois rues, dont un sens unique. Il en résulte, en fait, une intersection un peu bizarre et la gestion du trafic y semble, au premier regard, difficultueuse. 

Cela dit, l’absence de feu de circulation à cet endroit ne semble pas avoir provoqué d’hécatombe. À part, aux heures de pointes, où le brigadier qui fait traverser les enfants qui vont à l’école devenait soudainement un service essentiel, je n’ai pas constaté de gros problème. À ce que j’ai observé, la plupart du temps, les choses se sont relativement bien déroulées. J’ai remarqué que les policiers y étaient plus présents tout de même, mais je ne les ai jamais vus intervenir.  

C’est comme si, les gens s’étaient habitués à l’absence de lumière et que tous ceux qui passent par là avaient pris le «beat» et s’étaient responsabilisés. Le gros bon sens a fait son oeuvre et les choses se sont plutôt bien passées.

Je ne sais pas si la police a observé plus d’accidents que d’habitude. Je dirais, par contre, que les gens m’ont même donné l’impression de faire preuve de plus de courtoisie que c’est le cas d’ordinaire. Alors, sauf erreur, je dirais que ça s’est bien passé dans l’ensemble. 

Après quelques semaines, le fameux feu est revenu en fonction et les choses sont aussi redevenues normales. Les automobilistes, dont je suis parfois, se sont donc tous remis à accélérer sur la jaune pour s’assurer de passer…

J’ai dû me réhabituer à attendre de longues minutes, chaque jour à cet endroit, sans bouger, que je sois à pied ou en voiture. N’empêche que ça m’a fait réaliser à quel point je perdais du temps à cette lumière et j’en suis même venu à regretter son retour. Je sais que, pour plusieurs, les feux de circulation sont essentiels et leur permettent de passer des coins de rues de façon sécuritaire. Ils ne sont peut-être pas tous essentiels partout et tout le temps par contre.

La mobilité est un terme à la mode ces temps-ci, il se trouve que c’est justement ça, la mobilité, que de se déplacer sans rester immobile trop longtemps non?

Je dis ça comme ça, mais, des fois, peut être que l’on serait dû pour faire une évaluation de la pertinence de quelques-uns de nos milliers de feux de circulation. Qui sait si on ne pourrait pas se passer d’eux dans certains cas? 

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