Sabrina Sirois
Recyc-Québec
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Des gins distillés dans Limoilou

Limoilou – Jean-Pierre Allard, Jonathan Chrétien et Alexandre Thomas ont choisi de se lancer en affaire pour créer la Distillerie Stadaconé dans le quartier Limoilou. Pour rendre les résidents du quartier fiers de ce commerce, les trois partenaires investissent leur énergie pour en faire une entreprise qui se démarque.

Stadaconé est une nouvelle distillerie qui ouvrira ses portes au public à la fin du mois de juin 2019. Par intérêt pour le gin et par envie de se lancer en affaire avec le plein contrôle de leur entreprise, JEAN-PIERRE ALLARD, JONATHAN CHRÉTIEN et ALEXANDRE THOMAS témoignent en entrevue de leur passion pour leur projet. De par leur expérience dans le domaine de l’emballage pharmaceutique chez Optel, les trois entrepreneurs sont fiers de leurs produits locaux qui visent un marché international. «On veut être artisanal, mais on ne veut pas l’être pour longtemps», confie Jean-Pierre Allard.

L’équipe porte une attention particulière aux normes alimentaires afin de pouvoir commercialiser leurs alcools à l’étranger dès le début. Pour le moment, les alambics permettent, entre autres, de produire du gin et du whisky. Dans l’avenir, d’autres installations seront acquises pour produire des boissons comme la vodka.

Les gins : alcools purs

Les distilleries sont les lieux où l’on distille des alcools entre 12% et 14% pour obtenir des produits beaucoup plus forts. «L’alambic est la pièce centrale d’une distillerie. C’est l’équipement qui sert à distiller plusieurs alcools qui ont été fermentés naturellement. Pa exemple, la bière ou le vin peuvent être distillés pour augmenter le pourcentage d’alcool» détaille M. Allard. «On commence avec du gin. Par contre, on a d’autres produits sur notre feuille de route qui n’ont pas de nom. On a commencé à faire des inventions», ajoute-t-il. 

L’ingrédient de base d’un gin est la baie de genévrier. La procédure est de monter un alcool à 95% et de le recouper avec de l’eau. «On obtient un alcool hyper pur. Souvent les gens vont dire que les alcools forts donnent moins mal à la tête. Ce n’est pas une légende urbaine» renseigne-t-il. Quand on distille de l’alcool, on en élimine les résidus comme le méthanol qui restent présents dans la bière. 

Trois spécialités

L’équipe est déterminée à se démarquer des autres distilleurs. «En Angleterre, où les gins sont très populaires, il y a une sous-classe qui s’appelle le London dry gin. C’est une recette précise avec 75% de baie de genévrier, de la coriandre et de la cardamome. Une fois qu’on a ces ingrédients, il reste environ 5% de la recette pour la créativité. C’est pour ça que tous les grands gins anglais goûtent pratiquement la même chose, 95% de leurs aromates sont identiques», élabore M. Allard. Il poursuit en expliquant combien la distillerie est fière de se démarquer en se distanciant de la recette conservatrice du London dry gin.

Le commerce offrira trois produits contrastés : les gins Bleu, Rouge et Noir. Le Bleu a un thème élaboré sur les herbes boréales qui poussent dans les sous-bois, dont le thé du Labrador, le thé des bois et le poivre des dunes. Sa couleur vient de la fleur de pois bleu, seul ingrédient non québécois dans cette recette.

Le Rouge est fait à partir de fleur de sureau et d’une macération de canneberges. Sa complexité se développe avec l’acidité perçue dans le fond de la bouche. Le Noir est composé d’ingrédients qui viennent d’Asie. Le concept de ce gin fait un clin d’œil à l’objectif initial de Jacques Cartier qui était de voyager jusqu’à l’Inde. Un des ingrédients principaux est la lime kaffir. Elle donne un goût citronné à la boisson précise, M. Chrétien.

«Une des caractéristiques de nos gins est qu’on peut les boire purs, avec un tonic ou en cocktail», commente M. Allard.

Une expérience immersive 

La distillerie est un lieu touristique, mais l’objectif est que les locaux apprécient la boutique. «On veut que les citoyens de Limoilou soient fiers de dire qu’une des plus belles distilleries du Québec est dans leur quartier», énonce M. Allard.

Stadaconé veut offrir une visite différente des autres distilleries qui se ressemblent selon M. Thomas. Il ajoute que chaque visite commence par une expérience immersive qui permet au public de se sentir comme dans la peau d’un explorateur européen arrivant à Stadaconé au XVIe siècle. Un partenariat a été fait avec l’entreprise À double tour qui fait des jeux immersifs suivant le principe du défi évasion. Un soin particulier a été porté pour reproduire le bateau historique des explorateurs européens. Les visiteurs entrent ensuite dans la zone de production et reçoivent les explications sur l’alambic et la production des boissons. L’expérience se termine par une dégustation dans la boutique. Trois groupes peuvent être accueillis en même temps. À noter que les installations seront totalement terminées au cours de l’été 2019.

L’équipe a envie de redonner le goût de connaître l’histoire. «C’est quand même toute une aventure! On veut rappeler aux gens comment ça devait être incroyable. On veut les transporter dans une autre époque» lance M. Allard. Le souci de l’exactitude des faits mène l’équipe à travailler avec l’historienne CATHERINE FERLAND qui élabore sa thèse sur l’histoire de l’alcool en Nouvelle-France.

L’écoresponsabilité est un enjeu important pour les trois entrepreneurs. Une consigne de 2$ sur leurs bouteilles est apposée pour inciter les consommateurs à les retourner. La boutique fera aussi le commerce de produits de la distillerie du Pirate du Nord. On y trouvera des verres, des tonics et du matériel pour préparer des cocktails.

Photo : Jasmine Tremblay-Bouchard

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