IMMIGRATION ET RAISON

david lemelinDavid Lemelin (Photo : Courtoisie)

Fun. 

L’immigration est un mot radioactif. Suffit de le prononcer et BANG! On sort l’épithète étiquette : raciste. 

Pu besoin de réfléchir, pu besoin d’analyser le réel. On vient d’éteindre le débat, de canceller le cerveau humain, on a dit le gros mot.

Une chronique de David Lemelin

Mais, ce qui cause ça est simple et n’est pas du tout de l’humanisme, de l’indignation sincère, de la bonté d’âme ou de l’amour infini. Je vais vous le dire et ce sera brutal : ce n’est QUE du calcul électoral. 

De toute évidence, l’immigration de masse ne sert que deux partis politiques qui en font leur unique poteau : le PLQ et QS. Ces deux partis misent sur les immigrants pour augmenter une clientèle électorale autrement absente. Les libéraux attirent fort peu de francophones et QS attire fort peu tout court. Ils doivent donc trouver les électeurs là où ils se trouvent, c’est-à-dire pas encore là ou en train d’arriver. C’est la même stratégie avec la France insoumise, chez nos cousins, qui réussit le miracle d’intéresser les deux tiers des Français à la droite, tant elle tient un discours qui ne résonne pas chez le citoyen moyen.

Donc, pour éviter qu’on débatte pour vrai, on garroche le mot qui fout la peste à celui qui le reçoit et voilà, le tour est joué. 

Pourtant, pourtant, quand on respire par le nez et qu’on se sert de son cerveau, on voit quoi?

L’indice de fécondité québécois est de 1,35 enfant par femme. C’est nettement en dessous du seuil de 2,1 qui permet le remplacement des générations sans immigration. En 2024, on avait même davantage de décès (78 800) que de naissances (77 400). L’accroissement naturel était dès lors négatif. 

Ouaip. 

Alors, la question qui tue. Attention, mettez un casque, je vous préviens…

Si on fait trop peu d’enfants au Québec, comment expliquer le débordement de nos écoles?

Je sais. C’est dur. Ça fait mal. 

Comment expliquer les 286 locaux préfabriqués pour la seule région de Québec, une hausse de 50% en un an? C’est pour faire l’école à qui, au juste? Personne?

Ajouter des individus dans un groupe, ça change la somme de gens auxquels il faut offrir des services et des soins. C’est physique. C’est imparable et incontestable. Plus y’a de monde, plus y’a de pression sur le système existant. Ce n’est pas la faute des immigrants (personne n’a dit ça, d’ailleurs), c’est la faute d’un système qui abuse d’eux et se sert d’eux comme de la marchandise électorale. Ce système, c’est Ottawa, c’est le Fédéral, quitte à indisposer les provinces, comme l’Ontario, qui a, elle aussi, levé la main pour dire qu’on allait trop loin.

Au Québec, on a clairement dépassé notre capacité d’accueil. Les organismes disent être à bout, il faut construire des logements au plus vite, il faut également pouvoir franciser alors que les ressources ne sont pas au rendez-vous. Pourtant, la CAQ avait eu les bons mots (oui, ça se peut!) en disant : « en prendre moins pour en prendre soin ». C’était sage. C’est humain. C’était noble. 

Mais, la politique a repris le dessus, on a dépassé les limites pour jouer le jeu d’Ottawa, dans un pays qui ne respecte rien ni personne, surtout pas le Québec et encore moins les immigrants.

Que fait-on? 

Il y a deux solutions, pas 50 : soit on augmente les capacités du réseau visé en investissant et en embauchant (sachant que la vie, c’est pas gratuit et que nos fonds ne sont pas infinis ni nos ressources qualifiées), soit on diminue la pression en fixant un seuil qui permet d’accueillir dans un contexte raisonnable pour tout le monde. 

C’est un ou l’autre. 

Soit on respecte les gens qui nous rejoignent (en leur offrant une capacité d’accueil digne d’eux) et ceux qui payent, soit on s’en sacre et on pense à la prochaine élection. 

C’est un ou l’autre. 

Ah, non, c’est vrai… C’est pas ça l’enjeu. 

C’est le racisme. Yeah...

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