Mardi soir, Louis-José Houde a présenté « Et jusqu’à la fin la beauté » au Grand Théâtre de Québec. L’humoriste y raconte la maladie d’Alzheimer de sa mère. Pendant plus d’une heure, il fait rire la salle tout en la poussant à réfléchir. À la sortie, plusieurs spectateurs avaient les yeux mouillés.
Louis-Alexandre Parent
De l’apparition des symptômes au dernier souffle
Ce sixième spectacle solo s’ouvre sur la femme qu’était Angèle Caron avant la maladie. L’humoriste raconte ensuite l’apparition des premiers signes. Sa mère a reçu un diagnostic d’Alzheimer en 2018. Il aborde aussi la part héréditaire de la maladie, une question qui le concerne directement.
Au fil de la soirée, il décrit la lente dégradation de son état. Son récit se poursuit jusqu’au dernier souffle de sa mère. Il trouve pourtant matière à rire dans les moments beaux comme dans les plus durs. Partout, on sent l’amour qu’il lui porte.
Six déménagements en trois ans
Angèle Caron a dû quitter son appartement de Québec. Elle s’est installée dans une résidence privée pour aînés de la Rive-Sud de Montréal. Ce choix l’a rapprochée de ses enfants. Ce premier déménagement a eu lieu en mars 2020, en pleine pandémie de COVID. L’humoriste en dénombre six en trois ans.
En parallèle, Louis-José Houde est devenu père de deux jeunes garçons. Il a donc porté deux rôles à la fois, celui de parent et celui de proche aidant. Bien des familles québécoises reconnaîtront ce quotidien.
Une société mal préparée au vieillissement
Un passage du spectacle porte sur la place des aînés au Québec. Selon l’humoriste, la société québécoise a beaucoup investi dans l’enfance depuis la vague de naissances des années 1950. Il cite notamment le réseau des centres de la petite enfance et les aides aux familles.
Aujourd’hui, il souligne qu’on vend plus de couches pour adultes que pour enfants. Pourtant, selon lui, le Québec demeure mal outillé pour soutenir ses aînés. La salle rit du constat, puis repart avec matière à réflexion.
Une toile qui évolue avec le récit
La mise en scène repose sur une grande peinture couverte de fleurs. L’œuvre se transforme au gré des sujets abordés. Lors des passages tristes, des taches noires viennent la masquer. Puis, à mesure que la beauté refait surface, de nouvelles fleurs éclosent.

Avant le spectacle, une pianiste a joué une dizaine de minutes. Elle est revenue en fin de soirée pour clore la représentation aux côtés de l’humoriste.
Faire rire jusqu’à la fin
Un jour, Angèle Caron a confié à son fils qu’elle ignorait quand elle perdrait la mémoire. Elle lui a alors adressé une demande. « D’ici là, je veux que tu me fasses rire jusqu’à la fin. » Sur scène, Louis-José Houde tient parole.
Les éclats de rire ont ponctué toute la soirée. Ce n’est pas son spectacle le plus drôle. C’est toutefois, sans contredit, le plus personnel et le plus touchant de sa carrière. Il s’adresse d’abord à quiconque côtoie une personne atteinte d’Alzheimer. L’auteur de ces lignes n’a d’ailleurs pas retenu quelques larmes en quittant le Grand Théâtre.
Les autres représentations prévues à Québec affichent déjà complet. Louis-José Houde reviendra toutefois en supplémentaire les 11 et 12 mars 2027, à la salle Albert-Rousseau.


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