9 jours de campagne électorale au Québec

De gauche à droite: Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec, le 13 avril 2026; Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, le 12 juin 2026; Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire, le vendredi 12 juin 2026; Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, le 12 juin 2026; et Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, le 24 septembre 2025. (Image: Jacques Boissinot, La presse canadienne)De gauche à droite: Christine Fréchette, cheffe de la Coalition Avenir Québec, le 13 avril 2026; Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec, le 12 juin 2026; Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire, le vendredi 12 juin 2026; Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, le 12 juin 2026; et Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, le 24 septembre 2025. (Image: Jacques Boissinot, La presse canadienne)

La campagne électorale québécoise entre dans son neuvième jour ce vendredi. Les cinq principaux partis multiplient les engagements depuis le déclenchement du 27 août. Le coût de la vie, le logement et les finances publiques dominent les propositions. Les Québécois voteront le 5 octobre pour élire leur prochain gouvernement. Le Carrefour vous présente les promesses annoncées jusqu’à présent.

Louis-Alexandre Parent

La Coalition Avenir Québec dévoile un cadre financier de 9,7 milliards

La Coalition Avenir Québec (CAQ) chiffre ses promesses électorales à 9,7 milliards de dollars sur cinq ans. La cheffe sortante Christine Fréchette multiplie les annonces destinées aux familles et aux aînés. Elle promet d’investir un milliard de dollars dans le soutien à domicile. Cette mesure vise à réduire les délais d’attente pour les services offerts aux personnes âgées.

La CAQ bonifie de 200 $ par année le crédit d’impôt pour le soutien aux aînés. Elle offre aussi un répit fiscal aux travailleurs de 65 ans et plus. Cette double mesure augmenterait le revenu disponible des retraités actifs.

Le parti veut augmenter, partout au Québec, la capacité d’hébergement pour les femmes victimes de violence. Davantage de places réduiraient les délais d’attente dans les maisons d’hébergement. Mme Fréchette promet de sceller le contrat de 70 milliards de dollars du projet hydroélectrique de Churchill Falls. L’entente garantirait un approvisionnement électrique à long terme pour la province.

La CAQ maintient le cap sur l’équilibre budgétaire prévu d’ici 2030. Elle exclut toute baisse d’impôt ou de taxes avant cette date. Cette approche limite les nouvelles dépenses, mais retarde un allègement fiscal immédiat pour les contribuables.

Le Parti conservateur du Québec priorise les baisses d’impôt

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) propose la principale baisse d’impôt de la campagne. Le chef Éric Duhaime en a fait sa promesse phare dès le deuxième jour. Il propose de réduire l’impôt des particuliers jusqu’à 8726 dollars sur cinq ans par contribuable. La mesure augmenterait le revenu net disponible pour chaque ménage.

M. Duhaime ferait passer le montant personnel de base de 19 000 $ à 35 000 $. Davantage de revenus échapperaient ainsi à l’impôt provincial pour les bas salaires. Le parti conservateur veut abolir la taxe de vente du Québec sur la revente de biens usagés. Cette mesure encouragerait, selon le parti, l’économie de seconde main.

M. Duhaime promet de réduire les dépenses de l’État de 47 milliards de dollars sur cinq ans. Il vise un déficit zéro dès un premier mandat. Plusieurs observateurs questionnent toutefois l’ampleur de ces compressions. Le PCQ propose aussi de réduire de 59 % l’impôt des entreprises durant un premier mandat. Il espère ainsi stimuler l’investissement privé et la création d’emplois.

Le Parti libéral du Québec concentre ses efforts sur le logement

Le Parti libéral du Québec (PLQ) fait du logement sa priorité de campagne. Le chef Charles Milliard a présenté son plan le premier septembre. Il promet de construire 40000 logements sociaux et abordables d’ici cinq ans. L’investissement prévu atteint 1,5 milliard de dollars. Ces logements cibleraient les personnes itinérantes, les jeunes sortant de la protection de la jeunesse, les aînés et les étudiants.

M. Milliard s’engage à tenir des états généraux sur l’éducation. Cette démarche permettrait de revoir en profondeur le système scolaire québécois. Le chef libéral promet de poursuivre les études sur un troisième lien entre Québec et Lévis. Le projet demeure toutefois incertain quant à son échéancier et à son financement.

Il propose de déployer une télémédecine publique accessible en continu. Le parti promet aussi davantage de soins et d’aide à domicile. Ces mesures pourraient réduire l’attente pour consulter un médecin. M. Milliard s’engage à mettre fin au principe du plus bas soumissionnaire dans les appels d’offres publics. Le gouvernement pourrait ainsi privilégier la qualité plutôt que le prix le plus bas.

Le Parti québécois cible la bureaucratie et l’éducation

Le Parti québécois (PQ) cible la bureaucratie et l’éducation depuis le début de la campagne. Le chef Paul St-Pierre Plamondon multiplie les engagements en ce sens. Il promet de réduire de 2,5 % sur trois ans les coûts de rémunération dans le secteur public. Le parti chiffre les économies à 4,7 milliards de dollars sur un premier mandat.

M. St-Pierre Plamondon veut revoir le ratio entre gestionnaires et employés dans la fonction publique. Il propose de passer d’un gestionnaire pour 17 employés à un pour 25. Le PQ promet de tenir des états généraux en éducation dans les 100 premiers jours du mandat. Le milieu scolaire réclame cette démarche depuis 30 ans.

Le chef péquiste propose de créer un poste de directeur parlementaire du budget. Ce poste s’ajouterait à l’équipe de la vérificatrice générale. Il renforcerait la surveillance des finances publiques. Le Parti québécois propose aussi d’abolir la taxe de vente du Québec sur la revente de biens usagés. Cette mesure réduirait le coût de certains achats pour les ménages.

Québec solidaire mise sur le logement et le pouvoir d’achat

Québec solidaire (QS) concentre sa campagne sur le logement et le pouvoir d’achat. Les porte-parole Ruba Ghazal et Sol Zanetti multiplient les engagements en ce sens. Le parti propose de plafonner les hausses de loyer au niveau de l’inflation. Cette mesure limiterait la hausse du coût du logement pour les locataires.

Québec solidaire veut augmenter le salaire minimum à 20 $ de l’heure. Cette hausse améliorerait le revenu des travailleurs à faible salaire. Certaines petites entreprises pourraient toutefois voir leur charge salariale augmenter. Le parti promet de taxer davantage les grandes fortunes qui dépassent 25 millions de dollars. Ces nouveaux revenus serviraient à financer les services publics.

Mme Ghazal et M. Zanetti proposent de créer un ministère consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes. Cette structure centraliserait les efforts de prévention et d’intervention. Québec solidaire propose enfin de réformer le mode de scrutin actuel. Cette réforme pourrait mieux refléter, dans la répartition des sièges, les intentions de vote.

La Capitale-Nationale penche pour le Parti québécois

Dans la Capitale-Nationale, le Parti québécois récolte 30 % des intentions de vote. Le Parti conservateur du Québec suit de près avec 29 % des appuis. La Coalition Avenir Québec obtient 21 % des intentions de vote dans la région.

Ces chiffres proviennent d’une compilation de sondages Léger réalisée entre le 12 juin et le 24 août 2026. L’enquête a recueilli plus de 11 000 répondants à l’échelle du Québec. La marge d’erreur associée à cet échantillon atteint moins d’un point de pourcentage.

Trois luttes serrées se dessinent à l’est de Québec

Dans Montmorency, la candidate conservatrice Marie-Josée Hélie devance le député caquiste sortant Jean-François Simard. Elle récolte 31 % des intentions de vote contre 25 % pour son adversaire. Taschereau s’annonce comme une lutte serrée. Le candidat sortant Étienne Grandmont récolte 31 % des intentions de vote. Le candidat péquiste Christian Savard le suit avec 28 %.

Charlesbourg oppose deux candidats portant le même nom de famille. La jeune candidate conservatrice Éloïse Coulombe devance son rival péquiste Gabriel Coulombe. Les deux candidats récoltent pour le moment 29 % et 27 % des intentions de vote.

Jean-Lesage et Vanier-Les Rivières restent imprévisibles

Dans Jean-Lesage, les candidats de Québec solidaire et du Parti québécois sont coude à coude. Ils récoltent respectivement 29 % et 28 % des intentions de vote. Le même scénario se dessine dans Vanier-Les Rivières. Le Parti conservateur du Québec et la Coalition Avenir Québec y sont au coude à coude.

Sainte-Foy hésite entre continuité et changement

Du côté de Sainte-Foy, le député sortant Pascal Paradis mène à Jean-Talon avec 35 % des intentions de vote. Sa plus proche rivale, Julie White, récolte 26 % des appuis.

Dans Louis-Hébert, la Coalition Avenir Québec recule à 28 % des intentions de vote. La candidate péquiste Chloé Fauchon suit avec 26 %. La députée sortante Geneviève Guilbault ne briguera pas un autre mandat. Le candidat Marc-Antoine Bernier prend sa relève.

Chauveau et La Peltrie changent de représentant

Le député sortant Sylvain Lévesque ne se représente pas non plus à Chauveau. Le conservateur Karim Elayoubi domine les intentions de vote avec 36 %. Le candidat caquiste Christian Lachance le suit avec 25 %. La Coalition Avenir Québec représentait aussi La Peltrie. Le député Éric Caire a démissionné et ne se représente pas. L’ex-caquiste devenue conservatrice Maïté Blanchette Vézina domine les intentions de vote avec 36 % des appuis.

Le portrait exclut la région voisine de Chaudière-Appalaches, où le Parti conservateur affiche un appui encore plus élevé. Les données proviennent de Qc125 qui regroupe différents sondages. La lutte s’annonce particulièrement serrée dans la Capitale-Nationale d’ici le scrutin du 5 octobre.

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