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Destination Stade Canac, autrement

Vue aérienne du stade Canac et des alentours.Photo : Philippe Moussette

Alors que la saison des Capitales débute bientôt, l’accès au Stade Canac dépasse la simple question de la circulation les soirs de match. Il met en lumière un enjeu plus large : l’impact
durable de nos choix d’aménagement sur nos façons de nous déplacer.

Myriam Nickner-Hudon, résidente de la basse-ville et ancienne présidente du conseil de quartier Saint-Sauveur

Sans les passerelles Lee et Adrien-Pouliot, quelles sont les alternatives pour faciliter l’accès au stade ? Une partie de la réponse existe déjà : le parc linéaire de la rivière Saint-Charles et les liens cyclo-piétonniers qui traversent les quartiers de la basse-ville.

Plutôt que de se priver du plaisir d’assister aux matchs des Capitales, pourquoi ne pas encourager les amateurs à stationner à proximité du parc linéaire pour se rendre à destination autrement? Effectivement, des points d’entrée comme la passerelle des Trois-Sœurs, accessible depuis le boulevard Hamel par la rue Monseigneur-Plessis (près de l’IRDPQ), la passerelle de la Tortue dans Limoilou ou encore le pont Lavigueur reliant Stadacona à la Pointe-aux-Lièvres offrent déjà des connexions efficaces vers le secteur.

Paradigme de la mobilité

En ce Mois du vélo qui approche à sa fin, soulignons le fait que le développement soutenu des corridors VivaCité et de la couverture ÀVélo dans différents secteurs de Québec augmentent les possibilités de se déplacer à vélo . Pour ceux qui ne les ont pas encore utilisés, les CVC permettent de se déplacer de manière sécuritaire, conviviale et efficace, non seulement pour les cyclistes, mais aussi pour les personnes utilisant des fauteuils roulants électriques, des triporteurs ou des quadriporteurs, des usages ap

Le vélo demeure souvent sous-estimé comme mode de déplacement urbain alors qu’il permet de parcourir rapidement plusieurs kilomètres. Dans le cas du Stade Canac, les parcours longeant la rivière ont un avantage important : ils se font principalement sur le plat, rendant les déplacements accessibles pour une grande diversité d’usagers.

Aux amateurs de sport, pas besoin de se casser le bécyk’ pour passer une belle soirée. Je vous invite à profiter du magnifique parc linéaire de la rivière Saint-Charles pour vous rendre au Stade à pied ou à vélo.

L’autoroute comme barrière

Cette situation rappelle aussi une réalité plus inconfortable : les autoroutes comme Laurentienne continuent d’agir comme des barrières entre les quartiers centraux. Cela fait des années que les conseils de quartier revendiquent la transformation de l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain pour faciliter les déplacements, mais le projet a été effacé il y a quelque temps du PQI par le gouvernement…

Les décisions prises il y a plusieurs décennies continuent d’influencer notre quotidien. Les infrastructures routières conçues par les ingénieurs avaient comme objectif de faire circuler le plus grand nombre d’automobiles possible, un phénomène favorable à l’auto solo. Dans cette logique, des infrastructures comme les passerelles Lee ou Adrien-Pouliot, V, ont été conçues pour accommoder les piétons et leur permettre de traverser… mais souvent au prix de détours importants ou d’expériences très désagréables.

En plus de nuire à la qualité de vie des secteurs sur son sillage et de la pollution de l’air,
certains impacts durables deviennent structurants car ces autoroutes urbaines forcent les autobus à contourner échangeurs et bretelles, ce qui rallongent les trajets et réduisent leur attractivité. La disparition prochaine des parcours 64 et 65 illustre bien comment l’infrastructure routière influence aussi la performance du transport collectif.

Il est temps de cesser de considérer les autoroutes comme un synonyme automatique de
liberté de déplacement. Dans les années 1955 à 1980, le MTMD a construit des autoroutes
urbaines qui ont facilité certains déplacements, mais qui ont compliqué et nuit à l’accès à des
alternatives à l’auto solo. Comme la passerelle Lee, les infrastructures autoroutières approchent
de leur fin de vie: pourquoi pas rêver mieux!

De nouvelles passerelles

Peut-être que la meilleure façon d’accéder au Stade Canac passe par la reconnexion de nos
quartiers par des infrastructures à échelle humaine.

La ville s’engage déjà vers l’aménagement d’une véritable entrée du centre-ville par la réfection
prochaine du stade Canac, l’aménagement du pôle d’échange de tramway de Saint-Roch et le remplacement de la vieille centrale de police. Il ne manque plus que la collaboration du ministère du transport pour créer des milieux de vie «sans passerelles» pour traverser d’est en ouest.

Entretemps, le parc linéaire de la rivière Saint-Charles et les corridors VivaCité montrent qu’une
autre approche est possible : une ville où les infrastructures servent à relier les quartiers plutôt
qu’à les séparer.

Bonne saison aux Capitales!

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