Chronique : Mêlez-vous de vos affaires

David Lemelin présente sa chronique Droit de citéLa nomination d'Amira Elghawaby fait beaucoup jaser. (Photo : Archives Carrefour de Québec)

Par David Lemelin

Pour vrai. C’est ce que je vous souhaite (et nous souhaite) en cette fin d’année.

De voir de plus en plus de citoyens se mêler de la vie de leur quartier, des organismes qui le composent, de participer d’une façon ou d’une autre à la vie collective.

C’est bien, c’est sain, c’est souhaitable et nécessaire. Mais, c’est difficile.

Je vous le dis tout de suite : c’est pas drôle tous les jours. Assister à des séances du conseil d’arrondissement, c’est pas particulièrement amusant. Participer à des séances de consultations pour un projet dans votre secteur, c’est pas toujours jojo.

Souvent, ces soirées tombent en plein dans votre grosse semaine, au mauvais moment, où vous avez 56 choses à faire avant demain. Et là, on laisse tomber la soirée prévue, même si on y tenait. Je sais. C’est dur et c’est une question de priorité.

Néanmoins, je vous encourage à le faire.

Parce que la démocratie ne s’en porte que mieux quand elle est vivante et plurielle.

Parce que les élus, pleins de bonnes intentions, ne savent pas tout et peuvent finir par penser qu’ils n’ont pas besoin de votre avis.

Oui, c’est compliqué, parce que discuter des projets à plusieurs, c’est plus confrontant, c’est plus insécurisant. À première vue, du moins.

Mais, en bout de piste, on se retrouve avec quelque chose dont la valeur est nettement supérieure : vous y avez mis votre nez.

Ne craignez pas les commentaires ou même l’humeur des autres, à commencer par les élus.

Par exemple, Bruno Marchand est indisposé parce que la conseillère Jackie Smith critique les dossiers qui sont traités par les conseils d’administration de la Ville où elle siège pourtant. Pour Marchand, elle a un devoir de loyauté.

Ce serait vrai si on n’était pas en démocratie. Oui, le mieux est de ne pas y siéger pour avoir les mains libres.

Mais, en même temps, on s’attend à quoi d’une élue, sinon qu’elle le dise quand ça marche pas?

Voilà. On veut qu’elle parle. On veut avoir des sons de cloche différents, si on essaie de nous endormir avec de la com. C’est sain. C’est plus dur, plus désagréable, moins lisse. Mais, c’est sain.

Pour les citoyens, c’est pareil : dites-le. Faites-vous entendre.

Parlez à votre conseiller ou conseillère. Présentez-vous aux soirées d’information ou de consultation. Exprimez ce que pensent les gens de votre quartier. Ça fera du bien à tout le monde.

Et vous savez, c’est ce côté compliqué de la démocratie qui en fait sa beauté et sa force.

On avance, collectivement, vers des consensus. Après, on est 100 fois plus solides.

Quand on ne dit rien et qu’on est insatisfait… le fautif se trouve peut-être devant le miroir.

Vous trouvez que vos préoccupations sont noyées dans celles des autres? Vous pensez qu’on vous oublie? Levez la main pour parler. Ça va vous faire un bien fou.

C’est chez vous! C’est de vous que l’on parle! Alors, de grâce, mêlez-vous de vos affaires!

C’est bon pour vous… et pour nous tous.

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