Chronique : Le marcheur de rue confondu

Quoi qu'on dise par Martin ClaveauLa lutte écologique : à quel endroit se trouve la ligne en le militantisme standard et le militantisme agressif ? (Photo : archives Carrefour de Québec)

Par Martin Claveau

J’aime beaucoup marcher dans la rue en hiver. Si d’aucuns me prêtent des intentions militantes et croient à tort que c’est pour un motif profond que je le fais, il n’en est rien.

Non, je ne cherche pas, genre, à me réapproprier l’espace urbain comme un Che Guevara de la mobilité et non, je ne suis pas un guérilléro de gauche qui lutte pour libérer les rues des voitures, même si j’utilise le moins possible la mienne.

En fait, je veux juste marcher où ça marche bien et, depuis des années, à Québec, c’est dans le milieu de la rue que se trouve mon eldorado piéton.

Le milieu de la rue est toujours l’endroit le mieux dégagé, voir souvent le seul qui le soit, pendant des jours, après qu’il ait neigé.

En fait, ça fait des années que je me plains du fait que les trottoirs sont mal déneigés et que je marche dans la rue pour ne pas foutre le camp près de chez-moi.

J’avais donc l’impression que la situation du marcheur d’hiver se détériorait plutôt que de s’améliorer, malgré le fait que le maire rêvait d’adopter les meilleures pratiques pour déneiger, dussent-elle venir de l’Antarctique.

Rien ne changeait et je continuais donc, année après année, à marcher dans la rue dès que la première neige était venue.

Récemment, entre deux publications Instagram, le conseiller Pierre-Luc Lachance, de Saint-Roch, qui est aussi responsable du déneigement, a tenu une conférence de presse dans un garage de la ville.  

L’air sérieux, M. Lachance a expliqué que le budget pour déneiger allait augmenter de 10 millions et que la ville modifierait certaines façons de faire.

Comme je suis un indécrottable cynique quand vient le temps de faire confiance à la ville, j’ai fortement douté que ce que je qualifiais de désastre l’an passé, allait s’améliorer. 

Mais, même si je doutais que ça puisse aller mieux, je me devais, en toute honnêteté, de laisser la chance au coureur.  

Eh bien, il semble que le conseiller Lachance a couru le marathon car j’avoue que je suis confondu depuis quelques jours. Force est de reconnaitre que la ville a entendu l’appel des marcheurs et que les choses s’améliorent dans mon coin en ce début de saison.

J’avoue avoir ressenti une certaine surprise après que les premiers flocons de notre hiver d’automne sont arrivés.

Alors que je reprenais ma vieille habitude de marcher au milieu de la rue, je me suis aperçu que, pour la première fois depuis des années, les trottoirs de mon coin étaient mieux déneigés que les rues. Il m’a même fallu quelques matins pour m’habituer et constater que je ne rêvais pas.

Alors, en toute honnêteté, je dois avouer que ce fut récemment plus commode de déambuler sur le trottoir que dans la rue.

Le 10 millions et la résolution de M. Lachance auront donc peut-être leur effet. Je suis d’ordinaire le premier porté à critiquer le travail de l’administration municipale, mais je dois avouer que la Ville a fait son effort depuis la première neige.

Alors je n’ai rien à dire et j’espère que ça va durer.  Qui sait, peut-être que cette fois est la bonne et que la machine municipale a enfin compris que la meilleure pratique qui soit, en matière de déneigement, restera toujours de pelleter la neige quand il y en a…

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