Chronique : Le cuir séduction

David LemelinNotre chroniqueur parle du pouvoir dans le journalisme qui impacte sa qualité. (Photo : archives Carrefour)

Par David Lemelin

C’est fou ce qu’un siège de limousine en cuir peut faire dire.

Comment se fait-il que Bernard Drainville soit capable d’appuyer un troisième lien, sachant comme journaliste que ça n’a aucun sens?

Comment Martine Biron, qui, journaliste, qualifiait le troisième lien de « rétrograde » et « électoraliste », peut désormais appuyer ce projet?

La réponse : le cuir.

Oui, bon. Je caricature. C’est le pouvoir, vous l’aurez compris, qui fait couler la salive sur le menton ministrable de ces journalistes avides.

Mon ex-collègue du journal Le Soleil, Jean-Marc Salvet, est plus doux que moi. Il dit que ça pose un problème au journalisme d’en voir autant passer de la plume à la limousine, sans avoir de période de purgatoire.

Problème? Oui!

Moi, j’estime que c’est un problème sérieux et symptomatique d’une société qui tend à révérer les vedettes.

On veut des « stars » et la télé ou la radio produit des vedettes, justement. On aime ça.

On a l’impression de les connaitre, vu qu’on les regarde à la télé depuis des années.

En réalité, pas tant.

Mais, ce n’est pas tellement cet aspect qui me dérange que celui qui fait en sorte de consolider l’impression que journalisme et pouvoir, c’est copain-copain.

C’est, comme le dit Salvet, le journalisme qui en souffre. Le pouvoir aussi, remarquez, parce que ça ne fait pas très sérieux. On ne sait plus qui protège qui : le public ou la future équipe?

Personnellement, ce qui me chavire davantage, c’est de voir la raison foutre le camp à l’écoute du chant des sirènes. C’est comme si le simple fait de rêver de ce siège en cuir faisait fuir le cerveau.

Quelle éthique habite ces personnes? Quelle honnêteté intellectuelle? Où est passée la rigueur?

Donc, quand on se présente en politique, on se permet désormais de nier la réalité? C’est là qu’on est rendu, comme disait RBO?

Hé bin. C’est pas chic.

Feu le maire Émile Loranger, qui ne manquait surtout pas de couleur dans ses propos, frustré de voir d’anciens amis changer d’attitude, disait que la limousine d’un ministre faisait rapetisser le cerveau et agrandir le tr.. .. …

Oui, il l’a dit comme ça, à mon micro, aux nouvelles télé. En d’autres mots (plus convenables) : pourquoi promouvoir une telle médiocrité intellectuelle?

Mais, pour revenir à Biron : depuis quand elle en discutait avec Legault, elle qui cueillait volontiers encore tout récemment les confidences des partis aujourd’hui adversaires de ses nouveaux potes?

Après ça, on s’étonne que les citoyens soient habités d’un cynisme aigu et abandonne les urnes. L’abstention est le camp qui croit le plus fortement dans les pays occidentaux. La France vient d’y goûter comme jamais.

Ici, c’est comme si la CAQ voulait s’assurer que la participation électorale soit la plus misérable possible, sachant les effets pervers du système électoral uninominal à un tour qui fait qu’avec un maigre appui on peut malgré cela rafler largement la mise.

Lâchez pas, les boys. Vous allez y arriver…

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