Un comité exécutif trois couleurs

exécutifLe comité exécutif de la Ville de Québec. Photo : Gabriel Côté

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a présenté mercredi la composition du nouveau comité exécutif de la Ville. Sans surprise, il s’agit d’un comité « trois couleurs », sur lequel siègent les six élus de Québec Forte et Fière, des membres de deux partis d’opposition, et un indépendant. 

Par Gabriel Côté

Comme le rapportait Radio-Canada hier, les membres du comité exécutif qui siègent dans l’opposition auront le statut particulier de « membre associé ». Cela implique qu’ils n’assisteront aux réunions du comité exécutif que lorsqu’il sera question des dossiers dont ils sont responsables. Leur salaire sera aussi différent de celui des membres à part entière. 

Pour Bruno Marchand, ce procédé est la meilleure façon de respecter la volonté des citoyens qui se sont exprimés le 7 novembre, et aussi de « faire fonctionner la Ville ». 

« On a voulu éviter de mettre les élus dans une situation très inconfortable, où ils auraient à siéger entre deux chaises, à l’exécutif d’un côté et de l’autre dans le caucus de l’opposition », explique le maire de Québec. 

Le chef de l’opposition officielle, Claude Villeneuve, est tout à fait d’accord avec Bruno Marchand. Il lui a d’ailleurs donné son aide dans la formation de l’exécutif. « Ça aurait été impossible de concilier les deux rôles. Mais c’était évident que M. Marchand avait besoin de bras. Alors on s’est assis pour en parler et pour voir qui de notre bord était intéressé à faire partie de l’exécutif à certaines conditions, et puis on s’est mis d’accord. Vraiment, je pense que si les gens de Québec nous avaient vus travailler, ils seraient fiers de nous », dit Claude Villeneuve. 

Le cas de Steeve Verret

C’est dans ce contexte que Steeve Verret a quitté l’opposition officielle pour siéger comme indépendant et comme membre à part entière du comité exécutif. Il a hérité des dossiers relatifs à la gestion des équipements motorisés, à la gestion des immeubles, à l’ingénierie et à l’entretient des réseaux d’aqueducs et d’égouts. 

« Ce sont de trop grosses responsabilités pour n’être qu’un membre associé, alors il était impensable de les confier à un membre associé. M. Verret a déjà de l’expérience sur l’exécutif, – il y siège depuis 2011 – et il a manifesté son désir de s’impliquer, alors on a convenu avec le maire qu’il siègerait comme indépendant », explique Claude Villeneuve.

Gosselin hérite des loisirs et des sports 

À l’entrée des membres de l’exécutif dans la salle de réception de l’Hôtel de Ville, plusieurs ont été surpris de voir l’ancien chef de Québec 21 faire partie du groupe. Jean-François Gosselin s’est vu attribué la responsabilité des loisirs et des sports, des dossiers qui lui tiennent à cœur. 

Interrogé sur la lutte électorale qui a parfois été tumultueuse entre M. Gosselin et lui, le maire de Québec maintient que la hache de guerre est maintenant bien enterrée. 

« Je reconnais en M. Gosselin quelqu’un qui a envie de faire fonctionner la ville, je reconnais en M. Gosselin quelqu’un qui a envie de collaborer avec une grande ouverture. Et c’est la même chose de mon côté. On est capable de s’asseoir, et ça a été la même chose pendant la campagne. On n’a jamais manqué de respect l’un pour l’autre, même si on n’avait pas les mêmes points de vue », remarque Bruno Marchand.  

Dallaire et Weiser 

Les deux autres membres de l’opposition qui se sont vu confier des responsabilités sont Véronique Dallaire, qui sera en charge des questions relatives à l’accessibilité universelle, et David Weiser, qui s’occupera de l’immigration ainsi que des relations avec les communautés culturelles et la communauté anglophone. 

Bruno Marchand soutient que l’ensemble de ces nominations d’élus ne faisant pas partie de sa formation politique est l’exemple même de ce que c’est que de faire de la « politique autrement ».

« Si on veut de la politique autrement, on ne peut pas répéter les chemins du passé. On ne peut pas se dire que dans le choix des électeurs et des électrices, ben il y a des pas bons et il y a des bons (…). Il s’agit de prioriser les bonnes choses, et les bonnes choses ce sont les citoyens de Québec qui nous ont élus et qui ont envie que cette ville-là fonctionne », souligne le maire de Québec. 

Les rôles clés et les patates chaudes

Sans surprise, ce sont les élus de Québec Forte et Fière qui auront les responsabilités les plus lourdes à porter dans les quatre prochaines années. 

Catherine Vallières-Roland aura la fonction de maire suppléant, et Pierre0Luc Lachance et Marie-Josée Asselin seront les deux vice-présidents de l’exécutif. 

Pendant la campagne électorale, Québec Forte et Fière a fait grand cas de la mauvaise gestion par Marie-Josée Savard des dossiers relatifs au patrimoine. Mélissa Coulombe-Leduc, qui est par ailleurs nommée présidente d’Expocité, hérite de ces dossiers, dans lesquels elle devra livrer des résultats plus satisfaisants que la précédente administration. 

La conseillère de Saint-Louis – Sillery, Maude Mercier-Larouche, est nommée présidente du RTC, et sera responsable du projet de tramway, des questions de mobilité et des communications avec les citoyens. Des membres du seul parti opposé au tramway, Québec 21, ont récemment déclaré qu’ils ne s’y opposeraient plus. Néanmoins, le projet ne fait toujours pas l’unanimité, et Mme Mercier-Larouche aura le défi de susciter l’adhésion de la population à mesure que celui-ci progresse.

Le maire, Bruno Marchand, a gardé certaines responsabilités pour lui. Il sera notamment responsable du développement économique et des grands projets, de la main-d’œuvre, de la culture et des relations avec les Premières nations. Ainsi, après avoir martelé pendant toute la campagne électorale la nécessité de s’attaquer au problème de pénurie de main-d’œuvre, le maire de Québec prend sur lui la responsabilité de convaincre des aînés de revenir sur le marché du travail. M. Marchand devra aussi livrer la marchandise en ce qui concerne le développement économique, car l’un de ses principaux engagements pendant la campagne était de revitaliser les artères commerciales partout dans la ville. 

Changement de ton

Le ton a manifestement changé sur la rue des Jardins. On sent une volonté de part et d’autres de véritablement collaborer, et la composition du comité exécutif semble en témoigner. 

Une légère ombre planait toutefois dans la salle de réception de l’Hôtel de Ville. Les élus de Québec 21, hormis Jean-François Gosselin, ne se trouvaient pas à la cérémonie de nomination du comité exécutif, contrairement à ceux du parti de Claude Villeneuve. Jackie Smith de Transition Québec était elle aussi absente. 

Cependant, cela ne serait pas attribuable à quelque animosité que ce soit, car ces élus se trouvaient en formation pendant la cérémonie. Pendant cette période de transition, plusieurs nouveaux élus ont beaucoup de rattrapage à faire pour être mis au courant des dossiers, et c’est ce qui aurait justifié leur absence cet après-midi.  

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