C’est quoi, l’intérêt?

Jayman

Je savais que ça allait arriver.

Par Jérôme Claveau

C’était écrit dans ma carte du ciel. Bon, évidemment, je n’ai pas de photo sous la main pour le prouver, mais si tu as regardé le ciel au moment exact de ma naissance, c’était écrit “Ça va arriver!”. En grosses lettres. On parle d’au moins 16 points de hauteur. Si ma mémoire est bonne, c’était écrit en “Comic sans MS”.

Et ce qui devait arriver arriva le jour où Facebook a annoncé son projet de “Métavers”.

Ce jour marque pour moi ce moment dans ma vie où j’ai officiellement été dépassé par la technologie. Mais au moins, je me rassure. Je me dis que je ne suis sûrement pas le seul en ce moment à naviguer les eaux de l’incompréhension à bord du bateau “De Kessé!?”.

Personne ne comprend vraiment ce qu’est le “Métavers”. Même Mark Zuckerberg en parle avec la précision de Mathieu, un élève de 5ème année qui fait un rapport sur le livre “1984” de Georges Orwell sans l’avoir lu. “Il y a des gens… ils font des affaires ensemble… et à la fin, tout est bien qui fini bien!”

Tout ce qu’on sait du “Métavers”, c’est que ça va être un espace virtuel où on va pouvoir tenir des meetins virtuels et écouter des concerts virtuels et rencontrer des gens virtuels.

Ce qui m’amène à la grande question. “Mais c’est quoi l’intérêt?”

Revenons un peu en arrière. J’étais dépassé par la technologie bien avant le “Métavers”. Pour être bien honnête, je n’ai jamais rien compris aux bidules du type Alexa, ou Google Home, ou n’importe quelle autre machine à commandes vocales du Diable qui espionne nos conversations à la Big Brother.

Pas l’émission poche, là. Je parle du régime orwellien à la 1984. Fallait lire le livre, Mathieu!

Ce qui me dérange, avec ce genre de technologie-là, ce n’est pas que ça écoute mes conversations privées. La plupart des mots qui sortent de ma bouche dans le confort de mon foyer tournent autours des champs lexicaux de “kossé j’mangerais-tu bin”, de “hé boboï que ça me l’dit pas à matin” et de “C’est quand déjà le jour du recyclage?”.

Et ça ne me dérange pas parce que c’est trop compliqué à utiliser. On s’entend, ces bebelles-là ont été designées pour être utilisées par des gens qui ont le QI d’une clémentine.

Ce qui me dépasse, c’est que du monde leur trouve une utilité quelconque. Qu’est-ce que tu fais avec Alexa? Tu lui demandes l’heure, tu lui fais jouer de la musique, tu lui demandes la météo.

Mais je peux déjà tout faire ça avec mon cellulaire! Il est où l’intérêt?

Le seul intérêt, c’est que tu gagnes du temps, parce que t’as pas à sortir ton cellulaire de ta poche. Mais ce temps-là, qui se calcule en nano-secondes, je vais quand même juste le passer “effouéré” sur mon divan à “scroller” sur Instagram.

Et c’est la même chose avec le “Métavers”. Je peux déjà faire des meetings virtuels et écouter des concerts en ligne avec mon ordinateur. Qu’est-ce que ça va m’apporter de plus que ce soit en virtuel?

Mais ce que je ne comprends vraiment pas, c’est que Facebook pense que c’est le meilleur moment pour nous annoncer un monde parallèle virtuel.

Ils ne sont pas sensés avoir accès à tous les profils psychologiques de tout le monde sur la planète?

Parce qu’on vient de passer les dix derniers siècles en confinement. Minimum! Là, en ce moment, tout le monde est ouvertement à bout du virtuel. On veut voir du vrai monde dans le vrai monde et avoir nos meetings avec des gens qu’on peut caresser du revers de la main.

Et le mieux qu’ils ont trouvé, c’est de nous annoncer qu’ils vont nous enfermer dans un monde virtuel!?

Pour vrai, entre cette annonce-là et les pubs de Hummer qui polluent  mon “mur”, je commence à croire que Facebook est pas aussi bon qu’il le prétend pour analyser les données de ses utilisateurs.

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