Une profondeur superficielle

David Lemelin

C’est bien les nombreux débats qui s’organisent autour des candidats de districts. C’est bien parce que c’est une forme de communication qui peut avoir son utilité et qui constitue une sorte de test presque sacralisé en démocratie. « Il faut un débat », se dit-on, comme si c’était une avenue incontournable pour éclairer la lanterne citoyenne.

J’aime bien, mais je ne suis pas un « fan fini », pour être honnête. 

Pourquoi? Parce que ce n’est pas tant un exercice permettant d’aller au fond de l’esprit du candidat ou de la candidate qu’un moment pour tenter de passer ses « lignes de com » en espérant pouvoir s’en tirer ou, idéalement, faire bonne impression. Les citoyens, à raison, ont des attentes élevées alors que les candidats, nerveux, espèrent s’en sortir sans trop d’égratignures. Est-ce que nous sommes alors bien servis par les débats? Pas forcément.

Prenez le débat de St-Roch-St-Sauveur qui a eu lieu ce week-end. Les candidats, coincés dans leurs lignes de parti, se sont permis des déclarations qui, en réalité, devraient créer des commotions. Or, ils disent des choses… et on s’en fiche un peu, sachant que ça a plus ou moins de poids. C’est le parti qui décide, ça tourne autour du chef… le reste embarque dans le sillage. Et quand les sondages se multiplieront, vous verrez que cette tendance sera encore plus forte. 

Il y a bien eu des malaises et du patinage artistique, c’est vrai. C’est pas forcément chic ni épatant. À propos du troisième lien, on a entendu, notamment : 

  • Le candidat Paul-Christian Nolin (ÉMJS) qui dit qu’il n’a pas de poids comme candidat, mais qu’une fois élu, il sera contre…
  • Le candidat Pierre-Luc Lachance (QFF) qui essaie d’expliquer qu’ils sont contre la sortie dans St-Roch, mais pas vraiment contre ni pour le lien, car ils attendent les études (alors qu’ils disent vouloir faire de Québec une ville plus « verte ». Faudrait se brancher, les amis… c’est incompatible avec le troisième lien autoroutier. Point.)
  • Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, qui dit qu’il n’a pas à commenter, car « c’est un projet provincial », mais qu’il est le « seul » à sauver les arbres, car il s’oppose au tramway…

D’ailleurs, Gosselin qui quitte les lieux, en bougonneux, parce qu’il ne supporte pas la chaleur (bonjour le malaise), voilà qui annonce des jours « heureux » pour les opposants s’il fallait qu’il soit élu…

Bref, ça patine, artistiquement. Ça lance les lignes écrites sur un carton. Ça fait semblant d’être à son aise, mais ces débats de quartier sont peut-être un peu plus de la torture à l’apparence démocratique qu’un exercice intellectuellement et électoralement nourrissant. Idem pour celui des chefs qui sera l’occasion de cacophonie tant il y a de candidats. Remarquez, j’ai pas fait beaucoup mieux contre Labeaume en 2013, seul à seul, car il n’avait pas envie de débattre. Il passait le temps.

Alors, faites des débats, d’accord. Les électeurs pourront regarder et juger, d’accord. Mais ça ne dispense pas de lire, de consulter, d’analyser avant de voter. Les débats, c’est la surface des choses. Pour la profondeur, ça prend plus que ça…

Publicité

Commentez sur "Une profondeur superficielle"

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.