Le rat mort de la 8e Avenue

Quoi qu'on dise par Martin ClaveauAura-t-on encore un Grand Marché à Québec après les fêtes? Voilà la grande question que plusieurs, comme Martin Claveau, se posent. (Photo : archives Carrefour de Québec)

Autrefois les campagnes électorales donnaient lieu à des discours somme toute assez terre à terre. Les candidats nous promettaient que les rues seraient sécures, qu’elles seraient propres et qu’elles seraient déneigées. On nous promettait aussi de faire des choses aussi banales que de ramasser les vidanges.  Tout ça nous apparait bien loin aujourd’hui. 

Dans la présente campagne municipale, on s’aperçoit que ces priorités ne sont plus d’actualité. Les candidats ont tous des programmes qui nous parlent de logements sociaux, de mobilité, de mixité sociale et de canopée. Personnellement et, taxez-moi d’être vieux-jeu si ça vous chante, je m’ennuie parfois du bon vieux temps. Je trouve, pour un, que la propreté des rues est une grande négligée en ces jours troublés qui sont les nôtres. Que s’est-il donc passé avec cette belle netteté qui faisais jadis la fierté de nos municipalités? 

Il appert que les gens préfèrent maintenant rêver à un monde meilleur que d’en habiter un. Le concept est dépassé et plus personne ne semble en avoir cure.  Pourtant les exemples de la malpropreté de nos rues pullulent et chacun a le sien. Entre les crottes de chiens et les oiseaux morts, je n’insisterai ici que sur un seul pour appuyer mon propos.  

 Je marche tous les jours avec ma fille sur la 8e avenue à Limoilou pour aller la reconduire à l’école le matin et la chercher le soir. Nous passons toujours par les mêmes chemins qui sont, du reste, assez fréquentés. Depuis maintenant 6 mois, entre deux masques qui trainent, nous croisons, matin et soir, un rat mort sur le trottoir près de l’église Saint-Charles. Durant cette période, nous avons inexorablement vu ledit macchabée passer de l’état de cadavre chaud sur lequel les mouches se faisaient plaisir, à ce qu’il est devenu présentement soit, un tas de poils gris et une queue aplatie.  La dépouille fantomatique s’est même déplacée de quelques pieds sur la piste cyclable au gré des vents et des pluies. Outre cette excellente leçon de science naturelle pour ma fille Béatrice, personne, et je m’inclus là-dedans, n’a ramassé cette relique qui fut jadis un rongeur. Personne non plus n’a demandé à la ville de venir le ramasser.  De son côté, la ville n’est pas passée ou si elle l’a fait, elle n’a pas cherché non plus à régler le problème.  Je ne sais pas si le sujet de la propreté pourrait être remis à l’ordre du jour, mais ce serait bien de demander à nos candidats à la mairie, dans un point de presse, ce qu’ils pensent de la décomposition des rats morts sur les pistes cyclables. 

Mais, ne suis-je pas un indécrottable optimiste et ne vaut-il pas toujours mieux faire contre mauvaise fortune bon cœur? La morale que ma fille tirera de cette histoire est que dans l’univers rien ne se perd, rien ne se crée et tout se transforme. Du moins, c’est ce qu’elle assimile au fil de ses passage à côté du rat mort de la 8e Avenue. La vie est bien faite quand même. 

Et, pour s’assurer que Béatrice n’oublie pas la leçon, la vie la lui fait même répéter ad nauseam.  Sur notre rue, il y a dorénavant deux écureuils morts écrasés la semaine dernière qui ont rejoint notre rat sur la chaussée. Ma fille aura donc, en bonus, droit à une autre vibrante leçon de la nature : il n’existe aucun problème dans l’univers, dont une absence de solution ne finisse de venir à bout, à plus forte raison si vous habitez plus bas que la 5e Rue…

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