À Val-Bélair comme ailleurs

Bianca DussaultBianca Dussault, candidate de Québec 21 dans le district de Val-Bélair. Photo : Gabriel Côté

Est-ce que c’est à Québec, Val-Bélair ?

Il y a beaucoup de pancartes sur le boulevard Pie-XI, – presque toutes de Québec 21 – et je me suis demandé si elles n’avaient pas été placées là par erreur. J’ai donc posé la question à la « candidate » du parti dans ce « district », Bianca Dussault. Figurez-vous donc qu’il ne s’agit pas d’un « district », mais d’un district tout simplement, et que Bianca Dussault n’a pas fait d’erreur en installant des pancartes sur ce « boulevard », excusez-moi, sur ce boulevard.

C’était un beau matin d’octobre, froid et venteux. Sur le corridor des cheminots en direction de Val-Bélair, il n’y avait personne. S’il y avait eu des gens, tous les visages auraient reflété les rayons d’un soleil qui ne réchauffe déjà plus.

J’ai rejoint Bianca Dussault au petit carrefour où les promeneurs ont à choisir s’ils continuent leur chemin sur la piste cyclable, ou si plutôt ils bifurquent vers l’aréna des deux-glaces. Tout de suite, j’ai été intimidé par le vélo de Bianca.

– Ouin, beau vélo…

– Ah! C’est mon vélo de compétition. Celui que je prends d’habitude est déjà installé sur ma base TACX pour l’hiver.

J’ai déjà entendu parler de ces bases d’entrainement quelque part, alors, suivant mon habitude, j’ai fait comme si je connaissais ça.

– C’est une base intelligente ? Moi, j’ai juste l’affaire avec le pneu bleu. Tu t’entraines sur Zwift ?

À ma grande surprise, ça a passé.

– Moi aussi c’est l’affaire avec le pneu bleu. Je n’ai pas Zwift, ni aucune autre application du genre. L’hiver, je fais mes intervalles dans mon sous-sol, devant un mur blanc. C’est un défi mental, mais c’est aussi ça le vélo.

On commence à rouler. Bianca m’explique qu’elle est une triathlète, une des meilleures de sa catégorie d’âge. Elle s’est qualifiée pour les championnats du monde en 2019, et elle a couru à Lausanne en Suisse à cette occasion. J’ai vérifié pour être sûr, Lausanne en Suisse, ce n’est pas à Québec, contrairement à Val-Bélair.

À notre droite, il y avait un petit développement résidentiel. À notre gauche, un gros boisé.

– Dis-moi, Bianca, ce ne serait pas une bonne idée de vendre ces terrains à des promoteurs pour y construire de grosses tours à condos, question de densifier un peu le secteur ?

– Non, me dit-elle. Les gens de Val-Bélair sont tannés que des gros développements immobiliers se fassent sans qu’ils soient consultés. Si je suis élue, je m’engage à toujours respecter la population et à ne rien faire sans avoir d’abord mené des consultations. D’habitude, c’est ici que j’accélère, on y va ?

J’ai dit oui, Bianca est partie comme une fusée, puis elle a ralenti pour m’attendre. Avec une fausse naïveté, elle me lance un : « Ah… Tu es essoufflé ? »

Oui, cr***.

Il y a différents endroits pour faire du vélo à Val-Bélair. Je déconseillerais fortement de rouler dans les rues, car celles-ci sont souvent étroites et très passantes. Comme ailleurs, mais un peu plus quand même, les automobilistes roulent vite.

Il reste les pistes cyclables, qui sont très agréables, mais, comme ailleurs, elles ne sont pas « connectées » les unes aux autres. Bianca me dit que c’est un de ses engagements de poursuivre la piste cyclable après la rue de l’Esplanade jusqu’à la rue de Montolieu, et de là jusqu’au boulevard Pie-XI, de façon à faire une belle boucle.

En jasant de la campagne électorale, la candidate de Québec 21 m’a dit qu’elle approche un peu les choses de la même façon dans le sport qu’en politique. « Je me concentre sur ce que je fais, je travaille fort et je fais tout ce que je peux, sans trop me soucier de mes adversaires. Si on essaie de me faire une jambette, je saute par-dessus, et je vais mon chemin. »

Arrivés à la limite du district de Bianca, nous avons rebroussé chemin. Épuisé, je lui ai demandé à quel endroit je pourrais, en toute tranquillité, refaire mes réserves d’énergie et profiter d’une ambiance agréable. Elle m’a répondu en riant que je ne trouverais pas de kombucha au gingembre ici, mais que je pouvais toujours aller au Normandin. « Sinon, il y a le BLND bar santé, où ils font de très bons smoothies protéinés. »  

J’ai finalement opté pour le Normandin, où on m’a servi un « café ».

Le tour de Montcalm – Il n’y a donc aucun café à proprement parler à Val-Bélair, mais il y en un a à toutes les deux portes sur Cartier. Mon préféré, c’est le Krieghoff, parce que j’ai déjà été amoureux d’une fille qui travaillait là. Maintenant, elle travaille ailleurs, mais j’y vais encore de temps en temps. Le café est bon, on peut lire sans se faire achaler, et la décoration n’est pas de mauvais goût.

Dommage que l’Avenue Cartier, l’artère commerciale la plus vivante de Montcalm, ne se trouve pas dans le district électoral de Montcalm. J’aurais pu y aller avec Maxime Gravel-Renaud, qui a généreusement accepté de me faire visiter son secteur.

C’est alors dans un état de résignation que je me suis rendu à notre rendez-vous… au parc à chien situé en haut de la Pente-douce. Comme je n’ai jamais été amoureux d’une fille qui travaillait là, ce lieu ne signifie rien pour moi (le lecteur ne sera pas surpris d’apprendre que je n’ai pas de chien et que je n’en veux pas).

Anyway, Maxime est un cycliste « utilitaire ». Il y a pas mal de racks sur son vélo, celui-ci a l’air prêt pour une traversée du Canada, c’est impressionnant. Comme bien des gens qui ne souhaitent pas souffrir plus qu’il ne le faut, nous avons préféré rouler dans le stationnement de l’hôpital Jeffrey-Hale pour monter jusqu’au chemin Sainte-Foy, plutôt que de monter Calixa-Lavallée.

Maxime m’a expliqué que c’est dans ses plans, s’il est élu, de « poursuivre l’aménagement des liens de mobilité active dans le coteau Sainte-Geneviève, particulièrement dans le secteur de la Pente-douce. »

Maxime Gravel-Renaud expliquant qu’il aimerait que la piste cyclable de la Pente-douce se prolonge derrière l’hôpital Jeffrey-Hale.
Photo : Gabriel Côté

Moi non plus, je n’ai pas tout à fait compris ce jargon un peu électoral. Maxime s’en est rendu compte, et il a traduit pour moi. « On aimerait allonger la piste cyclable de la Pente-douce, – qui en passant a besoin d’amour – pour qu’elle passe derrière l’hôpital et qu’elle aille rejoindre le quartier de l’autre côté. »

Rendu sur le chemin Sainte-Foy, on roulait un peu trop pépère et c’était peut-être dangereux. On est redescendus dans le quartier Saint-Sacrement. Puis, on est passé dans la ruelle derrière la quincaillerie où Maxime a travaillé quelques années, et pour laquelle il a visiblement un sincère attachement.

À quelques pas seulement de là, on a croisé Yvon Bussières. Il n’était pas à vélo, il changeait ses fenêtres pour l’hiver. Comme Maxime travaille pour M. Bussières jusqu’au 7 novembre, ils avaient des choses importantes à se dire. « C’est pas mêlant, dans la dernière année j’ai commencé à beaucoup délégué de mes tâches à Maxime, si bien que j’ai dit à Régis qu’il était prêt pour le poste. Il fait déjà le travail depuis quelques mois! », a dit Yvon Bussières.

La cour de Quebec High School.
Photo : Gabriel Côté

Puis, nous sommes remontés dans le district, et nous avons circulé dans les ruelles de Montcalm, dont j’ignorais à peu près l’existence. « C’est dans mes engagements de faire en sorte de faciliter les initiatives citoyennes et le verdissement des ruelles du district ». Un peu plus haut, près de Quebec High School, Maxime m’a confié avec une sorte de rêve dans la voix que « ce lieu a beaucoup de potentiel, pour du logement social et l’aménagement un parc, avec l’arrivée du tramway dans les prochaines années ».

Une ruelle
Photo : Gabriel Côté

Les arbres – On s’est quitté, et j’ai marché un peu à côté de ma bicyclette dans ce beau quartier plein de gros arbres. Plusieurs personnes allaient et venaient, l’ambiance était calme mais vivante. Sur René-Lévesque, j’ai regardé les arbres et ça m’a fait drôle. D’habitude, le fait de voir de vieux arbres me rappelle que l’horizon de ma petite vie est bien borné, que je ne serai pas là dans 50 ans, sur René-Lévesque, ni même peut-être l’an prochain, on ne sait jamais. Mais ce jour-là, j’avais l’intime conviction que je durerai plus longtemps que ces arbres, qu’on dit condamnés à mort. La pensée que les choses ne devraient pas être ainsi a éveillé une sorte d’inquiétude au milieu de ma bonne humeur. Lorsque j’ai fait une crevaison en revenant chez moi, je me suis dit que c’était une mauvaise journée.  

G.C.

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