Un goût du passé

David Lemelin

Devinez quel était le slogan que l’on pouvait lire sur les pancartes d’Équipe Labeaume en 2013?

Je vous le donne en mille : pour une ville fière et forte

Pour vrai. J’étais là.

D’ailleurs, je me souviens des entrevues que m’accordait le candidat Régis Labeaume, en 2007, à l’époque où il était souriant et positif puisqu’il avait besoin des médias pour se faire connaitre. Son message était axé sur deux choses : l’innovation et la fierté. Pour lui, l’innovation était une façon de rendre la ville plus forte en étant plus diversifiée sur le plan économique (ce qu’elle était déjà, mais pas autant qu’aujourd’hui). Il avait cet objectif clair de faire de Québec une force économique, tout comme celui d’arrêter de baisser les yeux quand on nomme la ville d’où l’on vient.

Quoi qu’on en dise, c’est réussi. Il a certes profité de l’effet du 400e, mais il a capté le ballon et traversé la ligne des buts. Il aurait pu l’échapper, ce qu’il n’a pas fait.

Aujourd’hui, le dynamisme économique de Québec est indéniable, notre ville étant l’une des moins secouées lors des soubresauts capricieux de l’économie mondiale, sa force résidant désormais autant dans sa diversité que sa stabilité historique appuyée sur la fonction publique et les services à haut rendement (assurance, finance, etc.).

En 2013, il a donc poursuivi sur sa lancée avec son slogan visant à atteindre ses deux objectifs : la fierté et la force.

Il a réussi au point où Québec est devenue « baveuse », arrogante, parfois. Au point où les citoyens sont devenus encombrants, où la démocratie est devenue superflue. À telle enseigne que Labeaume est devenu brutal avec ses adversaires, irritable dans ses points de presse, méprisant avec ceux qui posaient des questions.

Voilà pourquoi, depuis le début, j’affirme que Québec a besoin, désormais, de démocratie, d’ouverture, de savoir-faire, de doigté et d’expérience. Pour réinstaller le dialogue, pour faire des citoyens des partenaires des défis qui sont sur notre route.

C’est pas de la force et de la fierté qui manquent.

Même s’il y a un chou rouge dessus et un parfum de bonbon, il reste que le nom de parti et slogan Québec forte et fière a véritablement un goût du passé. Comme si on voulait se rendre dans le salon et qu’on se rendait compte qu’on était déjà assis sur le divan. C’est sans doute exactement le contraire de ce que voulait projeter l’équipe de communication de cette formation politique. 

À mon avis, ils n’ont pas assez « googlé »…

***

Retrouvez ici une photo des pancartes d’Équipe Labeaume à l’élection de 2013.

1 commentaire sur "Un goût du passé"

  1. Denis Therriault54 | Sep 28, 2021 at 19 h 37 min | Répondre

    Quel plaisir de vous lire.

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