Que sont mes amis devenus?

David Lemelin

J’ai participé à la fondation de Démocratie Québec. J’observe donc avec un regard particulier ce qui s’y passe. Quand j’ai quitté, au début de 2014, j’ai laissé un parti en santé, avec une forte équipe, alors que nous avions hérité du statut d’opposition officielle, avec les budgets et l’attention médiatique que cela confère. 

C’était, malgré ma défaite, positif.

Que s’est-il passé?

Anne Guérette a pris le relais. Elle s’est cassé les dents avec un résultat en deçà des 15 % qui assurent le remboursement d’une partie des dépenses électorales. Plusieurs ont quitté, beaucoup l’avaient fait avant, de sorte que mon parti n’était plus que l’ombre de lui-même, fin 2017.

Jean Rousseau est le chef, depuis. C’est un homme de contenu, méticuleux, positif et respectueux. Mais, c’est un solitaire. En tout cas, il ne veut pas l’être, mais ça roule pas mal exclusivement autour de lui. Résultat : en 2021, alors qu’il devrait être au volant d’un véhicule politique aguerri et redoutable, il donne l’impression parfois de piloter une boîte à savon. 

Que s’est-il passé?

Certains membres de l’équipe n’ont pas été des choix heureux. Puis, surtout, deux défaites à un bilan politique donnent une image de « perdant ». C’est mauvais, en com. Rousseau a beau pédaler et se battre, il ressemble parfois à l’élève doué qui lève la main en classe, mais qu’on n’aperçoit plus. Alors, il cherche à se faire remarquer.

C’est pourquoi, par exemple, il sort l’idée de fusion entre Québec et Lévis. Pour faire parler. Ça marche, mais ce n’est pas le bon sujet. De fait, fusionner serait le moyen le plus efficace de créer une synergie et une volonté commune pour développer un vrai réseau structurant de transport collectif pour l’ensemble de la région. C’est vrai.

Mais, on n’est tellement pas là! Faites un sondage, pour le plaisir, auprès des Lévisiens. La réponse sera limpide. Il y a plutôt une concurrence entre les deux villes, deux clochers bien distincts qui se font la guerre et la paix depuis toujours.

On peut le rêver. C’est le genre de fantasme politique qui s’amène bien, au fil d’une grande conversation sur la politique régionale et l’aménagement du territoire. Ça amorce des débats, ça permet de conceptualiser le développement local, oui. Mais… à la veille d’une campagne visant à prendre le pouvoir à Québec?

Mauvais moment. 

La campagne municipale démarre et il y a encore des candidatures à annoncer. C’est probablement aussi des candidatures à trouver. Pas facile quand 5 partis cherchent des candidatures qui se font rares.

Je ne sais pas comment Rousseau fera pour changer son karma. J’ai écrit et je crois, indépendamment de mon lien avec ce parti, qu’il est effectivement le mieux placé pour gouverner Québec. Il est expérimenté, sage, compétent. Mais, il a un boulet au pied qui s’appelle Démocratie Québec. Je ne sais pas comment ce qui a été construit a pu devenir aussi terne. Ça ne me réjouit évidemment pas.

C’est cruel la politique, disais-je…

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