50 bougies pour le Grand Théâtre

Grand ThéâtreLe Grand Théâtre de Québec. Photo : Courtoisie, Stéphane Bourgeois

Le Grand Théâtre de Québec a officiellement ouvert ses portes en 1971. Afin de souligner son 50e anniversaire, l’institution propose une série d’activités pour célébrer l’occasion. À cette fin, elle a notamment allié ses forces avec les deux grands musées de la Capitale-Nationale.

Les activités visant à souligner le 50e anniversaire du Grand Théâtre de Québec débutent ce jeudi 27 mai avec l’inauguration de deux expositions qui se tiennent au Musée de la civilisation et au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

Le Musée de la civilisation consacre une vitrine-exposition, qui se veut être un spectacle multimédia original, mettant en vedette une sélection d’objets des arts de la scène, de photographies et de vidéos. La vitrine-exposition Un Grand Théâtre est accessible jusqu’au 26 septembre.

Quant au MNBAQ, il rend hommage au sculpteur et muraliste Jordi Bonet au pavillon Gérard-Morisset. Choisie parmi sa collection, une sélection d’œuvres de Bonet est présentée gratuitement. La murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre sera également l’une des destinations incontournables des nouveaux parcours Les Promenades urbaines qui seront dévoilés par le MNBAQ durant l’été.

Une controverse

La murale de Bonet, un artiste d’origine catalane né à Barcelone en 1932 et décédé au Québec en 1979, avait créé des remous à l’inauguration du Grand Théâtre. On y trouvait cette célèbre phrase du poète et écrivain Claude Péloquin : « Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves! C’est assez! ».

Sur son blogue, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ) rappelait d’ailleurs en 2018 que cette phrase-choc avait suscité plusieurs réactions, étant même qualifiée de « belle saloperie » par le journal Le Soleil en janvier 1971.

« La possibilité de censurer à coups de truelle la phrase controversée est même évoquée (…).. Toutefois, un mouvement s’élève alors au sein de la population afin de préserver l’œuvre dans son intégralité. Entre autres, près de 1700 personnes se rendent à la manifestation du Comité de la défense de la murale de Jordi Bonet le 8 mars 1971. De même, plus de 8500 signatures appuyant la sauvegarde de l’œuvre sont recueillies en une semaine », peut-on lire sur le site de BANQ.

Cette murale avait donc fait des vagues il y a 50 ans. « Tout un émoi, lance le président-directeur général du Grand Théâtre, Gaétan Morency, en entrevue. La revue de presse qui entoure cet événement-là, c’est vraiment quelque chose! Finalement, le ministère (des Affaires culturelles), le ministre de l’époque, M. (François) Cloutier a décidé qu’on avait commandé une œuvre à un artiste et qu’il n’était pas question qu’on modifie son œuvre Le choix a été fait pour la liberté d’expression, déjà, à cette époque-là, (c’était un geste) précurseur, dans le fond. »

La murale est donc restée en place. Au milieu des années 90, elle a toutefois dû subir des travaux de restauration.

Un livre

Un livre visant à dresser un portrait des 50 premières années du Grand Théâtre sera publié à l’automne 2021 aux éditions Septentrion.

L’ouvrage aura notamment comme but de « témoigner de la richesse, de la diversité, de la vie artistique du Grand Théâtre depuis 50 ans. Toutes les disciplines sont couvertes, tous les aspects du Grand Théâtre sont couverts. Ça va devenir une référence, pour savoir pas seulement la vie artistique du Grand Théâtre, mais aussi ce qui se passait à Québec à cette époque-là», de dire M. Morency.

Louis Jolicoeur, vice-doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Laval, et 17 auteurs ont notamment participé à l’élaboration du livre afin de nous rappeler la genèse de l’institution et son histoire à travers les différentes disciplines des arts de la scène ainsi que nous parler des gestes posés pour l’avenir.

Aussi au programme

D’autres activités sont également prévues pour souligner les noces d’or du vaste complexe culturel.

Le Grand Théâtre accueillera sur son esplanade l’œuvre urbaine Aréna de l’artiste Benoit Maudrey, dans le cadre du parcours déambulatoire Passages insolites, présenté par EXMURO arts publics et la Ville de Québec, du 26 juin au 11 octobre 2021.

Au cours de cette même période, une exposition extérieure sera présentée en collaboration avec Radio-Canada. Elle témoignera « des grands moments » du Grand Théâtre à partir des archives du diffuseur national, indique Gaétan Morency.

À compter de la mi-juin, la terrasse du STUDIOTELUS sera ouverte au public. Aménagé à la manière des espaces éphémères de la Ville de Québec, cet espace intégrera un mobilier urbain et un jardin public. Le piano public, « qui était resté dans les boules à mites pendant trois ans » sera également de nouveau accessible, raconte le président-directeur général.

Selon M. Morency, cet instrument est très populaire, d’autant plus que les étudiants du Conservatoire de musique logent au Grand Théâtre et peuvent donc y jouer quelques notes. « Ça fait une belle animation », lance le PDG.

L’Assemblée nationale du Québec présentera une exposition hommage à l’institution et une conférence sur l’histoire de cette dernière en octobre 2021.

Finalement, un film documentaire sur la rénovation de l’enveloppe extérieure du Grand Théâtre sera présenté à l’automne.

Rappelons que la bâtiment a subi une cure de jeunesse dans les dernières années. Ces travaux concordaient-ils avec le 50e anniversaire imminent de l’établissement? « En fait, c’était surtout pour pouvoir continuer pendant 50 ans, qu’on a fait ces travaux-là. Ce n’est pas des travaux esthétiques. C’est des travaux techniques pour protéger le béton de l’enveloppe extérieure qui tombait en morceaux », répond Gaétan Morency.

En quelques chiffres

Aujourd’hui, le Grand Théâtre de Québec c’est…

  • Plus de 18 500 représentations spectacles depuis 1971;
  • Près de 15,5 millions de spectateurs;
  • Deux salles de spectacle comptant 2395 places;
  • Cinq espaces locatifs, dont le STUDIOTELUS;
  • 235 employés (35 permanents et 200 employés à temps partiel);
  • Trois organismes résidents : L’Opéra de Québec, l’Orchestre symphonique de Québec et Le Théâtre du Trident.

« Reconnu comme étant le haut lieu de la diffusion des arts de la scène pour la capitale et l’est de la province, le Grand Théâtre est une institution majeure de la ville de Québec depuis son inauguration en 1971. On y présente en moyenne 325 représentations de spectacles par année, rejoignant ainsi près de 275 000 spectateurs. Le Grand Théâtre est une tribune de choix pour les créateurs de tous horizons qui foulent les planches de la salle Louis-Fréchette (1885 places), de la salle Octave-Crémazie (510 places) et du STUDIOTELUS saison après saison », précise l’institution dans un communiqué.

En spectacle

Le Grand Théâtre accueille de nouveau les spectateurs et les artistes en ses murs.

On pourra y voir Tire le Coyote le 30 mai. Pierre Lapointe y sera en spectacle les 2 et 3 juin, tandis que la pianiste Alexandra Stréliski y brûlera les planches les 5, 6 et 7 juin, entre autres prestations.

Pour en savoir davantage sur la programmation de l’institution ou sur son 50e anniversaire, on peut consulter le site web du Grand Théâtre.

Grand Théâtre
Gaétan Morency, PDG du Grand Théâtre de Québec. Photo : Courtoisie

Publicité

Commentez sur "50 bougies pour le Grand Théâtre"

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.