Sabrina Sirois
Recyc-Québec
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Frapper un mur

Parait qu’on va frapper un mur. Oui, c’est vrai.

C’est difficile à accepter parce que si, comme moi, vous faites attention, vous gardez vos distances, vous lavez vos mains 700 fois par jour et mettez votre masque chaque fois que c’est requis… vous êtes censés vous en tirer sans Covid.

Mais, la société, sur le plan de la santé publique, c’est un peu comme un autobus dont le conducteur serait remplacé par un complotiste : ça va cogner parce qu’on n’a pas de contrôle sur un seul individu, celui qui peut à lui seul nous conduire droit dans le mur.

Suffit d’un délinquant, d’un illuminé, pour que ça parte en vrille : souvenez-vous les animations démontrant comment la propagation se fait. Ça en prend un, juste un, pour gâcher tout un groupe. Et ce groupe, si des membres entrent en contact avec d’autres, c’est parti, ça n’arrête plus…

La pandémie n’aurait jamais dû se produire, mais on doit néanmoins en tirer des leçons. On en tire des constructives : ça vaut la peine de se préparer, il faut planifier l’approvisionnement des stocks de masques, etc. On en tire des pénibles : l’être humain est capable d’être parfaitement idiot, même quand c’est au péril de la vie.

Évidemment, ça ne se fait pas tout seul : il y a des porte-parole, des micros pour encourager la désobéissance, pour faire croire que c’est une question de liberté, de démocratie…

Personne n’est libre au point d’avoir le droit de tuer quelqu’un. Alors, il n’y a pas de négociation à ce propos : la première liberté, c’est le droit de vivre. La démocratie? La majorité des gens approuvent les mesures. Donc, soyez démocrates, amis complotistes : acceptez le choix démocratique et conformez-vous.

Avoir le droit de faire le con, ce n’est pas favoriser la démocratie. C’est faire le con, point.

C’est parce que la science ne s’est pas laissée distraire par des clowns de sous-sol avec leur casque de spartiate qu’on peut aujourd’hui vivre mieux, plus vieux, avoir plus d’enfants qui naissent en santé, plus de vies sauvées. C’est pas parce qu’on a écouté le bouffon qui croit qu’on va nous injecter des puces. La rigueur scientifique, les faits, tout ça construit des ponts, des hôpitaux, des avions, des médicaments et fournit l’eau, l’électricité et tout le reste.

Le coronavirus, c’est du sérieux. Des séquelles pires que les « grippes habituelles », un taux de létalité supérieur et une capacité de propagation délirante. Faut arrêter de déconner. Les jeunes ne sont pas à l’abri, nos ainés sont en danger.

L’opinion se trouve quelque part entre l’ignorance et la connaissance, disait Platon. Le complotisme fricote visiblement avec l’ignorance, en dépit des risques et des effets, souvent irréversibles. La mort, c’est rare qu’on en revienne.

 On va frapper un mur? Oui. Alors, il n’y a qu’une seule solution : on se tient. Mais à distance.

Tous ensemble… mais à deux mètres.

Que l’humanité montre son vrai visage : mais masqué.

Voilà.

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