Sabrina Sirois
Recyc-Québec
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DEUX CHANTIERS POLITIQUES

C’est dommage qu’il y ait un plafond imposé par le gouvernement au transport collectif à Québec, mais pas à Montréal. Pourquoi? 

Par souci d’efficacité, de saine gestion, bla, bla…

Non.

Le jeu est plutôt évident, voire grossier. À Montréal, la CAQ n’a, sur le plan électoral, aucun intérêt à se mettre à dos des gens qui veulent que ça avance dans une métropole où le transport est un véritable casse-tête. Alors, on dit oui. Ou on ne dit pas non.

À Québec, la température de l’eau n’est pas la même. Il y a des opposants au tramway, des radios pour amplifier l’effet et ça arrive aux oreilles du premier ministre qui veut conserver ses appuis dans la Capitale. Alors, il dit non. En fait, il dit « noui ».

On fait même exprès de ne pas dire le mot « tramway », sorte de Voldemort du transport. Alors, au lieu de faire ce qu’il y a de mieux pour l’aménagement du territoire (ne pas faire de troisième lien autoroutier), on met du béton dans les roues du tramway. Pour ménager les appuis, en attendant que le public, lassé d’attendre, perde son enthousiasme.

On impose un plafond qui force le retrait du trambus du projet. Puis… le gouvernement demande de voir si les banlieues sont pénalisées par ce retrait.

Ironique.

Comme si on voulait laisser le tramway pendre dans le vide, pour voir si le poids politique finira par le faire tomber.

Il se pourrait, nous dit Bourque, que le gouvernement songe à un trambus ou un SRB à la place du tramway. Or, un trambus partout n’est qu’une étape pas aussi structurante qu’une vraie colonne vertébrale comme le tramway ou le métro. Ça n’a pas du tout la même capacité, surtout si on pense 15 ou 25 ans en avance.

Puis, on dit qu’il faut intégrer les projets. Oui, les deux chantiers doivent se coordonner. Il y a des dédoublements à éviter et de l’efficacité à favoriser, des économies à réaliser. Le maire serait ouvert à la coordination sur le plan administratif pour que ce soit ouvert et transparent entre les deux équipes. Oui, il le faut.

En revanche, le réseau structurant ne doit pas être handicapé par l’allure du troisième lien. Il doit avancer. Surtout que l’utilité d’un réseau structurant n’est pas du tout à la même étape que celle du troisième lien dont on n’a pas encore de données prouvant la nécessité. 

Mais, c’est comme si on voulait prouver que ces choses-là ne peuvent avancer rondement, calendrier électoral oblige. Bien sûr, Labeaume a aussi un calendrier électoral qui pèse. Sauf qu’il serait fortement intéressant que ni l’un ni l’autre ne soit lesté par un calendrier qui fonctionne sur 4 ans pour des projets qui transformeront la ville pour toujours. L’argent est là pour le réseau structurant, il devrait continuer d’avancer. 

Parce qu’avec le temps, c’est plus que de la poussière qui s’accumulera sur le tramway. C’est une couche de béton. 

Bien épaisse.

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