Sabrina Sirois
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Éric Courtemanche: Épicier actif

Saint-Roch — Bien qu’il ne voulait pas faire comme son père, Éric Courtemanche est devenu épicier comme lui. Depuis près de 20 ans, il dirige l’Intermarché Saint-Roch. L’entrepreneur qui est également le président de la SDC a vu le quartier évoluer et s’améliorer. Le Carrefour s’est entretenu avec lui pour connaître ces défis et son parcours.

Comment en êtes-vous venu à opérer une épicerie?

Dans ma famille, je suis la quatrième génération d’épiciers. Mon arrière-grand-père a ouvert la première épicerie à Saint-Raymond-de-Portneuf. Mon grand-père, puis mon père l’ont repris. En 1995, on a été approché par le développement économique de l’ancienne Ville de Québec qui voulait revitaliser le quartier Saint-Roch. Ils disaient que ce qui manquait était un supermarché dans la partie ouest. Alors on a visité plusieurs locaux avec eux. Ça a pris 4 ans avant que ça aboutisse. L’Intermarché Saint-Roch a ouvert en janvier 1999. Mon père avait déjà été propriétaire de l’Intermarché Saint-Jean. Ça devait être lui qui l’ouvre, finalement ça a été moi.

Vous travaillez encore avec votre famille?

Oui. C’est moi le propriétaire de l’Intermarché. Mon frère est gérant de la boutique Accro et ma mère y travaille. Mon père est mon gérant des viandes à l’Intermarché. Il prendra sa retraite à la fin de l’été.

Comment faites-vous pour vous distinguer?

On s’est distingué dès le départ par notre offre de produits. Dès 1999, j’ai entré des produits de microbrasserie. Je leur ai donné la première position en me disant qu’une clientèle qui vient chercher une bonne bière viendra aussi chercher un bon fromage ou une bonne pièce de viande. On s’est différencié aussi dans les produits importés et les fromages fins. La bannière Intermarché nous permet de faire affaire avec de petits producteurs locaux ou des importateurs privés. Aujourd’hui, on se différencie moins parce que tout le monde fait ça. Je me plais à dire que tout le monde a copié ma formule!

Quelles sont vos forces?

Depuis sept ans, ce sont nos viandes qui sont 100% québécoises, sans hormones de croissance ni antibiotiques. On reçoit notre poulet que l’on emballe sous vide et notre bœuf en carcasse comme dans les boucheries d’époque. Notre équipe de bouchers, ce sont des gens que nous avons formés. Ce sont souvent d’anciens cuisiniers qui étaient tannés de travailler dans des restaurants. Ils sont bons conseillers. Aussi, on est très engagé dans le quartier.

Le quartier a beaucoup changé en 20 ans. Le voyez-vous dans votre clientèle?

Il y a une belle mixité dans St-Roch présentement. Ça nous pousse à être différents un peu. Il y a des Asiatiques qui veulent des abats dans la viande ou le poulet par exemple. Certains sont surpris de voir des oreilles de porc dans le comptoir, mais ça se vend auprès de cette clientèle. On a beaucoup de Nord-Africains qui viennent chercher différentes pièces de bœuf et dans l’agneau.

Il y a 1 an et demi, vous avez ouvert Accro. Comment va la boutique?

Il y a eu une belle réponse. Ça faisait deux ans que je cherchais un local. Je trouvais que ça manquait de produits de qualité et accessibles dans la quincaillerie culinaire. L’ouverture en août 2016 a été fulgurante jusqu’aux fêtes. C’était au-delà de nos espérances. On avait des craintes pour l’année suivante. Finalement, on bat tous nos mois. À cause de la grandeur du local, on s’est demandé comment on ferait pour faire revenir les gens régulièrement. Comme je commençais à manquer de place pour les importations et l’épicerie fine à l’Intermarché, j’ai décidé d’en transférer une partie. En même temps, ça crée un achalandage. C’est un beau complément.

Comment arrivez-vous à conjuguer vos multiples chapeaux?

J’ai une bonne équipe de gérants et ma famille m’aide. À l’Intermarché, mon équipe de gérants travaille pour moi depuis plus de 10 ans. Je peux m’absenter une semaine et je sais très bien que ça va rouler comme si j’étais là. Ça me permet donc de faire de l’implication sociale.

Habitez-vous le quartier?

Non, pas présentement. Je l’ai habité longtemps. J’ai cinq enfants. J’habite à peine 8 minutes de voiture, à Beauport. Ça me manque! Je laisse mes enfants vieillir un peu.

Quels sont vos loisirs?

Je suis coach au soccer. Je supervise des équipes féminines U11 et U18. Aussi, je joue au soccer. J’aime bien la lecture. Quand j’ai la chance, j’aime bien voyager, voir autre chose.

Photo : Marie-Claude Boileau

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