Sabrina Sirois
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Impressions citadines par Catherine Dorion

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C’est la canicule à Cordoba, Argentine. Juste écrire ceci me fait suer de l’entre-doigt. Évidemment, il faut que je me sorte de ma propre sortie du monde (je suis partie un mois, histoire de nettoyer le disque) pour cette chronique qui doit bien parler de quelque chose qui concerne tout le monde ou qui ait un rapport avec, n’est-ce pas, le Québec, l’univers médiatique, les affaires publiques, etc. Quelque chose qui ait un niveau acceptable de controverse, sinon… si y a pas un ti peu de sang…

 

 

L’univers médiatique comme forme soft, figuré, du combat de gladiateurs : on veut assister a quelque chose, que ça s’affronte, qu’il y ait du spectacle.

 

 

Je ne réussirai pas ça aujourd’hui, je faillirai. Parce que la pause de l’affrontement est trop jouissive. Pause de l’affrontement des idées, de l’affrontement entre militants, de l’affrontement entre courants, entre opinions du moment, etc.

 

 

Ça donne vraiment un feeling agréable de réaliser qu’on fait partie de la mêlée, qu’on s’est lancés dans le débat, qu’on attaque et qu’on peut maintenant se faire attaquer, qu’il y a de l’action tout autour de nous. On s’attache à cette adrénaline qui donne de l’énergie pour vivre, qui donne du sens.

 

 

Mais il est essentiel, essentiel, de s’arrêter, d’arrêter d’émettre sans arrêt, de répondre sans arrêt, de se justifier sans arrêt, de s’arrêter pour regarder, pour sentir, pour recevoir.

 

 

Sinon, qu’aura-t-on à émettre? Si nous ne savons plus comment écouter ces pensées nouvelles qui ne naissent en nous que lorsque nous sommes à la fois passifs et complètement ouverts, comment pourra-t-on parler de quoi que ce soit avec sincérité, sans être dans le cri, dans le piaillement, dans le vide? Comment pourra-t-on être davantage qu’un autre grain de pollution d’opinion dans le dépotoir d’information qu’on s’envoie par la tête tous les jours?

 

 

Trouver un moyen, n’importe lequel, de trouver du silence. Puis, ouvrir les yeux. Comme disait Atahualpa Yupanqui au poète qui écrivait des platitudes sur la lune et les étoiles : Lo primero es ser hombre y lo segundo, poeta.

 

Photo: Courtoisie

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