Une semaine après la guerre des tuques, Lauberivière dévoile un bilan final de 143 200 $. Le refuge pour personnes itinérantes de Québec n’avait jamais amassé autant en si peu de temps. Cette vague de générosité arrive juste avant l’hiver et le lancement de sa campagne annuelle.
Louis-Alexandre Parent
D’une insulte à un appel aux dons
Tout a commencé par une insulte. Plus tôt en octobre, un automobiliste a interpellé le maire Bruno Marchand en pleine conférence de presse à Charlesbourg. Il lui a lancé « Va chier Marchand ».
Peu après, Richard Poulin, propriétaire du Bar Sports Vegas, a mis en vente des tuques reprenant l’expression. Il en a vendu une centaine, à 19 $ chacune.
Plutôt que de répliquer, le maire a choisi une autre voie. Le vendredi 23 octobre, il a invité les citoyens à texter VIE au 41010. Chaque texto verse 20 $ à Lauberivière, soit le prix d’une tuque.
Selon Le Devoir, son équipe voulait créer un contraste positif et montrer que « ce n’est pas ça, Québec ». Le lendemain, Richard Poulin a d’ailleurs salué l’idée. Il a promis de remettre ses quelque 2 000 $ de profits à un organisme.
Un bilan qui dépasse les attentes
Les dons ont ensuite afflué à un rythme soutenu. Dès le lundi, le compteur dépassait 55 000 $. Le mercredi, il franchissait le cap des 100 000 $.
Au bout d’une semaine, Lauberivière arrête son bilan final à 143 200 $. Ainsi, 4 760 textos ont rapporté 95 200 $. Les dons en ligne ont ajouté 31 500 $. D’autres contributions complètent le total.
« La générosité de la population de la ville de Québec ne cesse de me surprendre », confie Éric Boulay. De plus, l’élan a dépassé les frontières de la capitale. Des dons sont arrivés de partout au Québec. À Gatineau, la mairesse a même lancé un appel semblable au profit du Gîte Ami.
Un coup de pouce avant l’hiver
Pour Lauberivière, l’argent arrive à point. Il servira à nourrir, héberger et réchauffer les personnes itinérantes. Surtout, il financera l’accompagnement par des professionnels pour les aider à sortir de la rue.
Car les besoins grandissent, rappelle Éric Boulay. L’an dernier, environ 5 300 personnes différentes ont fréquenté l’organisme. Parmi elles, 70 % n’avaient jamais vécu l’itinérance auparavant.
Par ailleurs, Lauberivière lance cette semaine sa campagne annuelle de financement. L’organisme vise 1,7 million de dollars. Son directeur général espère maintenant que la générosité survivra à la saga.
Un appel au respect des élus
En parallèle, l’affaire a relancé le débat sur la civilité envers les élus. À Lévis, l’animateur de Radio X Dominic Maurais a publié une tuque insultant le maire Steven Blaney.
La Communauté métropolitaine de Québec a ensuite dénoncé la commercialisation d’insultes visant des élus. Plusieurs personnalités politiques ont aussi réclamé un débat plus respectueux.
De son côté, Bruno Marchand mise sur l’apaisement. « Je nous souhaite un climat social plus apaisé, avec tout autant de générosité », a réagi le maire.


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