Pour Keven, être bénévole, c’est s’impliquer pour aider sa communauté et pour se développer humainement et professionnellement.
Xavier Renald
Un engagement à long terme
Depuis cinq ans, Keven Guay s’implique en tant que bénévole au sein de la cuisine du Service d’entraide Basse-Ville (SEBV). L’organisme communautaire vise une meilleure répartition de la richesse et offre divers services aux résidents de la Basse-Ville, notamment la popote roulante, des frigos-partages et une friperie.
Selon Sigfried Schulrabe, directeur général du SEBV, ce qui fait de Keven un bénévole exceptionnel est sa grande générosité et sa disponibilité : « Keven, il va toujours être prêt. T’as besoin de lui, il lève la main. »
Accueillant plus d’une quarantaine de bénévoles chaque semaine, le SEBV est un véritable milieu de vie en plein cœur du quartier Saint-Sauveur. « On accueille quand même une grande variété de gens qui viennent faire du bénévolat. Que ce soit pour des travaux compensatoires, pour des travaux communautaires ou encore pour briser l’isolement », explique Sigfried Schulrabe, directeur général du SEBV.
Avec autant de mandats et de services à rendre à la population, l’apport d’un bénévole comme Keven, qui maintient son engagement à long terme, est essentiel pour le SEBV.
Prendre de l’expérience et briser l’isolement
Les raisons qui mènent au bénévolat sont nombreuses. Pour Keven, qui adore la cuisine, s’impliquer au SEBV lui permet de gagner de l’expérience tout en socialisant. « J’aimerais travailler en cuisine, apprendre à cuisiner un petit peu plus. Ça me fait de l’expérience, beaucoup d’expérience », explique-t-il.
Résidant tout près, Keven peut se rendre rapidement dans les locaux du SEBV, situés au 155, avenue du Sacré-Cœur, pour y faire son bénévolat. « Ça me change les idées et en même temps j’aide ma communauté aussi. J’aide les gens qui n’ont pas vraiment de moyens », mentionne Keven, qui donne de son temps trois jours par semaine.

« Un bon bénévole, c’est quelqu’un qui va amener la bonne humeur avec lui. Il va contribuer à l’esprit d’équipe. C’est quelqu’un qui n’est pas obligé de faire ça mais qui vient parce que ça lui tente », indique Sigfried Schulrabe, qui occupe le rôle de directeur général depuis un an.
Ainsi, par sa bonté et par l’énergie positive qu’il amène à l’équipe autour de lui, Keven Guay contribue grandement au climat harmonieux qui règne au SEBV, tant avec les collègues qu’avec les bénéficiaires des services. « Il est toujours partant. Il fait les hot-dogs à chaque semaine aussi, c’est lui qui est en dessous de la cabane pour accueillir les gens, pour ramasser les dons volontaires et qui vit avec tout ce beau monde-là », soutient M. Schulrabe.
Des bénévoles qui se font plus rares
Pouvoir compter sur le soutien de bénévoles représente énormément pour les organismes communautaires comme le SEBV, qui doivent composer avec une demande importante pour leurs services tout en ayant peu de ressources financières. « Ça nous permet de maintenir nos services et peut-être même de les étendre, parce que les besoins n’arrêtent jamais dans le communautaire », souligne Sigfried Schulrabe.
Toutefois, trouver des bénévoles représente un défi, note le directeur général du SEBV : « C’est un défi de se faire connaître et d’attirer les gens. On essaie de tendre des perches un peu partout, mais c’est difficile d’aller chercher le monde. »
Entre 2018 et 2023, tant le nombre de bénévoles que les heures consacrées au bénévolat ont diminué au pays, selon Statistiques Canada. Cette situation rend la vie dure à plusieurs organismes qui doivent continuer d’assurer leurs opérations malgré le manque de bras.
La logistique est donc de mise pour les organismes qui bénéficient du soutien de bénévoles comme le SEBV. « Un des plus gros défis, c’est d’avoir nos bénévoles qui sont là quand on en a le plus besoin. Pour y arriver, on va bâtir un calendrier et demander aux gens leurs disponibilités », affirme M. Schulrabe.
L’optimisation des ressources bénévoles est ainsi vue comme une clé pour les organismes communautaires, à qui l’on demande de faire beaucoup avec peu.


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