Cumulant plusieurs années d’expérience en restauration, Frédéric Boudreau et Maxime Tessier ont décidé d’associer leurs forces pour ouvrir un nouveau bistrot convivial dans le quartier où ils résident.
Xavier Renald
Se redécouvrir par le travail
Les collègues, tous deux originaires de la Rive-Sud de Montréal, mijotaient depuis quelque temps le projet d’ouvrir ensemble un restaurant, sans que le contexte soit favorable à une telle aventure. C’est il y a près d’un an que les astres se sont finalement alignés pour Frédéric et Maxime et qu’ils ont entamé les démarches pour trouver un local où établir leur commerce.
N’ayant jamais été employés tous les deux au même endroit, ils ont pu découvrir la manière de travailler de l’un et l’autre au cours des derniers mois. Leur collaboration a d’ailleurs débuté par la rénovation du local autrefois occupé par le restaurant Patente et Machin. « Des fois, c’est un peu comme quand on fait des rénos en couple, on n’a pas toujours la même vision, puis tu ne vois pas toujours les choses de la même façon. Mais on a vraiment été chanceux, ça a bien été », assure Frédéric Boudreau.
Les deux propriétaires, qui s’incluent eux-mêmes parmi leur équipe composée de six employés, partagent la même vision de la restauration et souhaitent être au cœur des opérations du commerce.
« L’objectif, c’est pas nécessairement d’être restaurateurs, c’est aussi d’être employé, d’avoir une place pour travailler et pour s’amuser », explique Maxime Tessier. « Parce qu’on aime ce qu’on fait, on aime le métier. Le but, c’était d’être présents dans le restaurant », complète Frédéric, qui s’occupe de la gestion du restaurant et du service.
Maintenant que leur local situé au 82, rue Saint-Joseph Ouest est fraîchement rénové, ils peuvent recommencer à faire ce qu’ils font de mieux : cuisiner et servir les gens.
Un espace convivial avant tout
Bien que les deux hommes avouent travailler en profondeur leur menu ainsi que leur carte des vins, c’est dans une ambiance décontractée et conviviale qu’ils reçoivent leur clientèle.
« Le but, c’est d’offrir une qualité de produit quand même supérieure mais dans un environnement où les gens vont se sentir bien », affirme Maxime, le responsable de la cuisine.
Selon les propriétaires, la disposition des 35 places de leur restaurant permet aux visiteurs de vivre plusieurs expériences différentes au sein du même établissement. « Que ce soit assis à l’îlot, au comptoir cuisine pour voir les chefs travailler, assis au bar pour parler dans un endroit plus intime ou vraiment en banquette avec quelque chose de plus confortable, on est capable d’offrir quelque chose qui plaît à tout le monde », affirme Frédéric.

« Ça va être agréable, il y a un côté festif, un côté convivial, c’est pas trop guindé comme endroit. C’est un peu comme à la maison, on travaille en t-shirt », mentionne Maxime, qui assure néanmoins que lui et son équipe travaillent de manière très professionnelle.
Leur objectif est de faire de Beurre Baratté un restaurant où les gens peuvent se tourner afin de célébrer une occasion spéciale ou simplement pour ne pas faire de vaisselle un soir de semaine.
Tisser des liens avec la clientèle et avec les fournisseurs
Sur le plan culinaire, les nouveaux restaurateurs estiment que leur offre viendra bonifier ce qu’on retrouve déjà dans le quartier Saint-Sauveur. « Ma cuisine, j’ai un peu de la misère à le définir, parce que pour moi, c’est de la cuisine québécoise moderne dans le sens où il y a des inspirations et des techniques d’ailleurs, mais aussi des racines d’ici », explique Maxime.
Le menu sera donc ajusté selon les arrivages du moment de leurs fournisseurs, afin d’avoir des produits frais et de proximité. « Le légume va prendre beaucoup de place, à la limite, la viande sera comme accompagnement du légume », avoue le chef.
À terme, les deux hommes ont le désir de raccourcir leur chaîne d’approvisionnement afin de travailler directement avec les producteurs. « C’est aussi important de créer un lien avec la clientèle et avec le quartier qu’avec les fournisseurs », soutient Maxime, qui a déjà de bons liens avec ses fournisseurs maraîchers et certains fermiers.
« On est dans le haut de gamme, mais avec une conscience d’être le plus accessible possible pour les gens du quartier », renchérit Frédéric, qui veut plaire aux jeunes professionnels ainsi qu’aux gens bien établis dans le secteur. « C’est un quartier qui est le fun, qui est vivant, qui est changeant, donc nous, on apporte une table de plus où les gens peuvent juste venir prendre un verre, manger quelques bouchées à l’apéro ou un repas complet », poursuit-il.
« On veut que ça reste vraiment humain. C’est ça notre vision de la restauration. C’est les humains qui travaillent derrière les produits puis les humains qui sont là devant pour faire vivre une expérience à d’autres », conclut Maxime.


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