Projet de terminal de conteneurs : « On demande au loup de veiller sur les moutons »

Photo : Philippe Moussette

À la suite de l’annonce d’hier de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC), la Table citoyenne Littoral Est se dit « déçue et choquée » de la décision de déléguer l’évaluation d’impact à l’administration portuaire.

Xavier Renald

Une décision qui fait réagir

Pour rendre sa décision, le président de l’AEIC, Terrence Hubbard, s’est basé sur le rapport d’analyse préparé par son organisation. En somme, malgré une demande d’un regroupement d’organismes, le projet de terminal de conteneurs proposé par QSL au Port de Québec ne sera pas soumis à une évaluation d’impact environnemental fédérale.

C’est plutôt l’Administration portuaire de Québec (APQ) qui sera responsable d’assurer que le projet évite d’engendrer des effets environnementaux négatifs importants, conformément aux dispositions de la Loi sur l’évaluation d’impact (LEI). L’APQ agit en tant qu’autorité fédérale en vertu de cette loi et est responsable des impacts environnementaux des projets réalisés sur son territoire.

Le Processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI) est le mécanisme qui permettra à l’administration portuaire de statuer sur l’ampleur des impacts environnementaux et ainsi sur la possibilité ou non de réaliser le projet.

Ce processus prévoit une évaluation des effets environnementaux réalisée par une firme indépendante mandatée par le promoteur du projet (QSL) et un examen indépendant par une seconde firme externe retenue par l’Administration portuaire. La Table citoyenne Littorale Est dénonce le fait que l’administration portuaire, qui s’est déjà montrée en faveur du projet, aura la responsabilité d’évaluer ses impacts environnementaux.

« C’est complètement insensé de demander à un promoteur si son projet est trop polluant pour être réalisé. On demande au loup de veiller sur les moutons », indique Daniel Guay, porte-parole de la Table citoyenne Littoral Est. L’organisation souligne que l’Agence d’évaluation d’impact du Canada admet dans son rapport que le projet est à proximité d’une zone rouge de pollution de l’air et que les effets sur la santé humaine pourraient être négatifs.

Un manque d’objectivité ?

Selon le député de Jean-Lesage Sol Zanetti, « le Port de Québec n’a ni les compétences, ni l’objectivité pour mener ou même commander une étude environnementale indépendante et sérieuse ».

« Comment les gens peuvent faire confiance au Port s’il est juge et partie!? Ce que le gouvernement canadien nous dit aujourd’hui, c’est qu’il abandonne la population aux mains d’un des plus importants pollueurs des quartiers centraux de Québec. »

Sol Zanetti, député de Jean-Lesage

De son côté, le Port de Québec rappelle que le projet n’est toujours pas autorisé. « Lorsque le projet sera officiellement déposé par le promoteur, il devra suivre l’ensemble des étapes prévues au PEAI avant qu’une décision puisse être prise », indique l’Administration portuaire.

Le dépôt de l’avis de projet devrait se faire « incessamment », a répondu QSL suite à la décision rendue par l’AEIC.

L’Administration portuaire précisera au cours des prochaines semaines les paramètres du PEAI, notamment l’échéancier et les modalités de participation du public et des parties prenantes. Elle assure par ailleurs vouloir rendre l’information disponible de manière claire et accessible tout au long du processus.

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