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Le resserrement migratoire inquiète Québec International

Vue aérienne de la colline parlementaireCrédit photo : Philippe Moussette

L’organisme Québec International publie aujourd’hui la première section de son étude Bilan et perspectives 2025-2026, dédiée à la démographie.

Xavier Renald

L’étude Bilan et perspectives vise à brosser un portrait de la situation économique de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec. D’autres thèmes seront abordés au cours des prochaines semaines.

Une trajectoire démographique en recul

Alors que les dernières années ont été marquées par une forte croissance démographique, l’augmentation de la population de la RMR de Québec s’est vue freinée en 2025. À 2 % en 2023, puis à 2,2 % en 2024, le taux d’accroissement est descendu à 1 % l’an dernier, ce qui est lié aux ajustements récents aux seuils migratoires, indique Québec International (QI) dans son rapport.

L’organisation rappelle qu’en 2025, le Québec a réduit ses seuils d’immigration permanente, aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et s’est engagé à diminuer l’immigration temporaire sur son territoire.

L’immigration demeure néanmoins le principal moteur de la croissance démographique. En 2024-2025, 75,7 % de l’augmentation de la population provenait de l’immigration internationale.

Du côté de l’accroissement naturel, le risque de recul est bien présent au cours des prochaines années, considérant le vieillissement de la population. Le bilan des naissances et des décès sur le territoire n’a fait augmenter la population que de 188 personnes en 2025, ce qui représente environ 3 % de l’augmentation totale de la population de la RMR, chiffrée à 9 525 habitants supplémentaires.

Des impacts sur l’économie

Cette augmentation de la population pourrait être insuffisante pour soutenir la croissance économique au cours des prochaines années, prévient l’agence de développement économique.

« Sans un apport accru et mieux réparti de travailleurs issus de l’immigration, les contraintes sur la capacité productive risquent de s’intensifier et de freiner la croissance à court et moyen terme », indique Rosalie Forgues, économiste chez QI.

L’organisation croit par ailleurs que la baisse des admissions et l’abolition du PEQ risquent de réduire l’attractivité de la région auprès des étudiants, des travailleurs qualifiés et de leurs employeurs à l’international. Cette situation « dégrade la marque employeur régionale », écrit QI dans son rapport.

Concrètement, une baisse durable des arrivées risque d’entraîner un ralentissement du renouvellement de la main-d’œuvre, une croissance insuffisante de la population active, ainsi qu’une dépendance accrue envers des flux interprovinciaux.

La croissance des entreprises est donc menacée par une possible pénurie de travailleurs. Dans un contexte où le taux de chômage dans la région est déjà très faible, les entreprises pourraient réduire leurs investissements, par crainte de ne pas pouvoir recruter suffisamment d’employés.

« Transformation numérique, augmentation de la productivité et régionalisation de l’immigration, il faudra une combinaison solide de l’ensemble de ces éléments pour éviter de freiner la croissance de nos entreprises. »

Carl Viel, président-directeur général, Québec International

L’enjeu central réside désormais dans la capacité de l’économie régionale à créer davantage de valeur dans un contexte de rareté, voire de pénurie de main-d’œuvre, conclut QI. Le rehaussement de la productivité est donc essentiel afin de conserver le dynamisme économique régional, lit-on dans le rapport.

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