La Ville de Québec propose de permettre deux logements par bâtiment isolé ou jumelé dans plusieurs zones du quartier Duberger-Les Saules. L’annonce survient alors que Québec Forte et Fière souligne ses cinq ans au pouvoir avec un bilan centré sur le logement. Les résidents pourront se prononcer lors d’une consultation publique le 10 novembre.
Louis-Alexandre Parent
Un deuxième logement permis
La Ville veut modifier certaines normes d’urbanisme dans plusieurs zones de Duberger-Les Saules. Actuellement, un bâtiment isolé ou jumelé ne peut compter qu’un seul logement. Le projet de règlement en permettrait deux.
La Ville propose aussi d’assouplir les règles qui encadrent la mesure de la marge arrière. Les normes de hauteur et de gabarit des bâtiments resteraient les mêmes.
Selon la Ville, ces changements offriraient plus de flexibilité aux propriétaires qui souhaitent agrandir leur maison ou y aménager un logement supplémentaire. Ils permettraient aussi de régulariser certaines situations existantes. La Ville veut enfin harmoniser ces règles avec celles d’autres secteurs de basse densité ailleurs sur son territoire.
Une consultation publique le 10 novembre
La Ville présentera les modifications lors d’une séance de consultation publique le mardi 10 novembre 2026 à 19 h. La rencontre aura lieu à la salle RC-06 du Centre communautaire Duberger, au 2341, rue de la Rivière-du-Berger. Les citoyens pourront y poser leurs questions et formuler leurs commentaires.
Les résidents disposeront ensuite de trois jours pour transmettre leurs commentaires par écrit.
Cinq ans de mises en chantier
Cette proposition arrive au moment où Québec Forte et Fière célèbre le cinquième anniversaire de son arrivée au pouvoir, en novembre 2021. Le parti du maire Bruno Marchand a publié pour l’occasion le bilan de son administration en logement.
Selon ce bilan, la ville compte 22 331 mises en chantier de 2022 à 2026. Ce total inclut une prévision de près de 6 000 unités pour cette année. En 2025, Québec a affiché la plus forte croissance des mises en chantier parmi les grandes villes, avec une hausse de 80 % par rapport à 2024.
Du côté du logement social et abordable, l’administration s’était engagée à bâtir 500 unités par année. Le parti en prévoit 520 en 2026, pour un total de 2 907 unités en cinq ans. Deux projets doivent démarrer au début de 2027. Il s’agit de l’Îlot Saint-Vincent-de-Paul (160 logements) et d’un nouveau projet de l’UTILE (285 logements).
Le parti souligne aussi la relance de la construction de logements étudiants, en dormance depuis plus de 30 ans. Les projets de l’UTILE ont ajouté 440 logements étudiants. L’UTILE St-Sacrement accueillera ses premiers locataires en décembre.
La voie rapide au cœur de la stratégie
QFF attribue une partie de ces résultats à l’article 145.45 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme. Cette disposition permet à la Ville d’autoriser des projets d’habitation qui dérogent à sa réglementation d’urbanisme.
Depuis 2024, la Ville a autorisé 29 projets par cette voie rapide, pour un total de 4280 logements. Selon le parti, ce mécanisme a réduit de huit mois en moyenne le délai d’émission des permis et des autorisations.
L’administration affirme aussi avoir investi près de 300 millions de dollars en logement social et abordable en cinq ans, avec l’appui de programmes gouvernementaux. Un crédit de taxes foncières de 30 millions de dollars vise par ailleurs la construction de logements locatifs sur des terrains contaminés.
Le projet Ludovica, qui compte 96 appartements dans Saint-Roch, a été le premier à en profiter. La Ville y contribue à hauteur de 613 500 $, soit 75 % des coûts de réhabilitation environnementale.
Un taux d’inoccupation en hausse
Le taux d’inoccupation des logements locatifs à Québec est passé de 0,8 % en 2024 à 2,2 % en 2025, selon les données citées par le parti. Il se rapproche ainsi du taux d’équilibre, estimé à 3 %.
« Notre bilan confirme qu’on est capable de livrer. Maintenant, il faut maintenir la cadence en améliorant encore nos processus et nos façons de faire, avec le soutien du gouvernement », affirme Bruno Marchand dans le communiqué. Le maire y résume la priorité de son administration par la volonté de « bâtir une ville pour tout le monde ».
Des questions toujours sans réponse
Le bilan de QFF ne mentionne pas la densification douce. Le document de consultation de la Ville ne précise pas non plus combien de logements la modification proposée à Duberger-Les Saules pourrait générer.
Au moment de publier, la Ville de Québec n’avait pas répondu aux questions du Carrefour de Québec.
Plusieurs questions demeurent donc ouvertes. Combien de terrains les zones visées touchent-elles, et combien de logements supplémentaires la Ville espère-t-elle voir apparaître?
Dans les secteurs de basse densité où deux logements sont déjà permis, combien de propriétaires ont réellement ajouté un logement? Quel poids la densification douce aura-t-elle face aux grands projets autorisés par la voie rapide? Enfin, pourquoi la Ville a-t-elle choisi de ne pas modifier les normes de hauteur et de gabarit?
Les résidents pourront poser ces questions directement aux représentants de la Ville lors de la consultation publique du 10 novembre.


Commentez sur "Québec mise sur la densification douce à Duberger-Les Saules"