La Ville lance l’appel d’offres pour déconstruire le Colisée

La ville de Québec lance un appel d'offre pour la déconstruction du Colisée Pepsi. (Photo: Radio-Canada/Daniel Coulombe)La ville de Québec lance un appel d'offre pour la déconstruction du Colisée Pepsi. (Photo: Radio-Canada/Daniel Coulombe)

La Ville de Québec a publié jeudi un appel de qualification pour la déconstruction du Colisée de Québec. Les travaux s’échelonneront de décembre 2027 à septembre 2029. Un promoteur voudrait y bâtir un stade de la Ligue canadienne de football (LCF), selon plusieurs médias. La Ville ne mentionne toutefois pas ce projet dans son annonce.

Louis-Alexandre Parent

Un premier pas vers le chantier

La Ville amorce ainsi officiellement son processus d’appel d’offres public. Elle a publié l’appel de qualification sur le Système électronique d’appel d’offres du gouvernement du Québec (SEAO). Selon la Ville, cette approche collaborative permettra de mobiliser l’expertise des partenaires dès les premières étapes. Elle prévoit octroyer le contrat à l’entrepreneur retenu en juillet 2027.

D’ici là, le vieil amphithéâtre conserve une utilité. Il sert actuellement d’entrepôt pour les équipements des Jeux du Canada 2027. La déconstruction débutera donc seulement en décembre 2027.

Un amphithéâtre qui a marqué la ville

Le Colisée est né d’un incendie. Le 15 mars 1949, les flammes ont ravagé l’aréna du parc de l’Exposition. Le maire Lucien Borne a aussitôt lancé la construction d’un amphithéâtre de 10 000 sièges. L’archevêque de Québec, Mgr Maurice Roy, a béni le bâtiment le 15 décembre 1949. L’inauguration s’est déroulée pendant un match amical entre les As et les Citadelles.

Le Colisée a ensuite façonné les souvenirs de plusieurs générations. Les Nordiques y ont joué de 1972 à 1995. Des travaux en 1979 et 1980 ont porté sa capacité à 15 000 sièges pour la LNH. L’édifice a pris le nom de Colisée Pepsi en 1999. Céline Dion, David Bowie, Bob Dylan et Genesis y ont aussi offert des spectacles mémorables.

Pour bien des familles, le Colisée rime avec le Tournoi international de hockey pee-wee. L’événement y a présenté sa première finale en 1960, devant 7 235 spectateurs. Guy Lafleur, Wayne Gretzky et Mario Lemieux y ont patiné dans leur jeunesse. Plusieurs se rappellent aussi les enfants qui disputaient des parties de mini-hockey dans les couloirs. Les Remparts, ses derniers locataires, ont joué leurs premiers matchs au Centre Vidéotron les 12 et 13 septembre 2015. Metallica a fermé le Colisée le lendemain, le 14 septembre.

Une seconde vie pour plusieurs composantes

La Ville veut privilégier le réemploi, le recyclage et la revalorisation des matériaux. Plusieurs pièces du bâtiment ont d’ailleurs déjà quitté les lieux. Des arénas de Québec ont récupéré des milliers de sièges. Les villes de Chandler, de Baie-Saint-Paul et de Princeville en ont aussi acquis.

Le Séminaire Saint-François a acheté la baie vitrée, que la Ville qualifie d’emblématique. La Ville a également démantelé et récupéré l’ensemble des systèmes de réfrigération. Elle discute en outre avec des organismes à but non lucratif pour leur offrir des biens et des meubles.

Un stade de la LCF dans la mire d’un promoteur

Le terrain du Colisée attire aussi l’attention du milieu sportif. Depuis septembre, plusieurs médias rapportent qu’une équipe de la LCF pourrait s’installer à Québec. Le promoteur immobilier William Trudel, président du Groupe Trudel, piloterait ce dossier. Selon TVA, les neuf gouverneurs de la ligue ont approuvé sa candidature à l’unanimité, sous conditions.

Le FM93 évoque un stade de 25 000 places au coût d’environ 350 millions de dollars. Il s’élèverait sur le site du Colisée. Le promoteur verserait aussi au moins 25 millions de dollars à la ligue pour obtenir la franchise. Le commissaire Stewart Johnston parle de discussions productives avec un groupe très sérieux, rapporte TSN.

L’animateur Dominic Maurais, de Radio X, avance que l’équipe jouerait dès 2030. Or, la Ville prévoit terminer la déconstruction seulement en septembre 2029. TSN évoque d’ailleurs le stade Telus de l’Université Laval comme domicile temporaire.

Plusieurs questions restent en suspens

William Trudel refuse jusqu’ici d’accorder des entrevues sur ce projet. Le Groupe Trudel ne s’est pas prononcé publiquement non plus. Le financement du stade demeure l’enjeu principal. Selon le journaliste Stéphane Turcot, de TVA, le maire Bruno Marchand appuie le projet. Il estime toutefois que le montage financier sera déterminant.

Les citoyens ont aussi leur mot à dire. La Ville a consulté la population sur l’avenir du secteur de novembre 2023 à mai 2024. Le rapport fait ressortir deux options privilégiées, soit la consolidation du pôle ExpoCité et un secteur mixte. Une quinzaine de participants imaginaient aussi une vocation sportive, selon Mon Limoilou. Le conseil de quartier de Lairet exprime pour sa part des réserves sur le stade.

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