L’élection d’un gouvernement minoritaire peut avoir des effets positifs dans la mesure où il doit faire preuve d’ouverture, savoir oser quand il sent la paralysie des adversaires… bref, il faut remplacer la condescendance et la certitude qu’on trouve parfois dans les gouvernements majoritaires, par du flair, de l’écoute et de la diplomatie.
Une chronique de David Lemelin
Ça peut ainsi permettre aux points de vue des citoyens d’être mieux représentés et entendus, si tant est que les partis portent leurs idées. Et si tant est que la démocratie puisse servir aux intérêts du peuple et pas qu’aux groupes les plus bruyants (ce qu’on appelle l’ochlocratie).
À Québec, il y aura une gymnastique intéressée et difficile pour le PQ, n’ayant aucun élu et ayant vécu un rejet régional de ses candidats. Il ne peut pas faire semblant: c’est tout sauf cool pour lui. Il DOIT tendre l’oreille, se montrer déterminé à faire avancer la région qui, malgré son dynamisme, a son lot de défis.
Au premier chef : l’immigration s’invitera rapidement. C’est un sujet de préoccupation perpétuelle en Occident et le premier ministre désigné a été clair : le bar ouvert est fini.
Ça, ce sont des mots. En réalité, c’est le Fédéral qui a le contrôle et Carney a déjà prévenu qu’il allait continuer le manège de Trudeau, sans égard aux circonstances, à la capacité d’accueil ni à l’équilibre du tissu social. Il s’en cal… il ne veut que battre les souverainistes de vitesse.
Or, quand on fait n’importe quoi, il arrive n’importe quoi. La France est, malgré elle, un laboratoire qui souffre à ciel ouvert des décennies de laisser-aller. On n’a pas toujours la chance de savoir ce qu’une expérience peut donner : là, on le sait. PSPP le sait et il voudra éviter cela à tout prix.
Autre sujet: l’économie régionale. Les entrepreneurs ont beaucoup d’attentes envers le PQ: il a déjà annoncé de l’oxygène pour eux dans la réglementation et la reddition. Quant à la main-d’œuvre, ce qu’il prépare, c’est une maîtrise de l’immigration afin qu’elle corresponde tant aux besoins qu’à la capacité. Surtout, prévoir, voir venir… ça, le monde des affaires apprécierait beaucoup pour pouvoir s’organiser, s’adapter en planifiant les gestes à poser.
Et puis, bien qu’il ait annoncé que le troisième lien (de transport collectif) ne serait pas dans les cartons d’un premier mandat, il ne pourra faire l’économie de ce dossier phare. Le candidat défait Gariépy l’a admis : l’absence de position claire tôt dans la campagne a coulé sa candidature. Le PQ devra s’y pencher, écouter, échanger, pour qu’il ne soit plus victime de ce sujet s’il retourne devant les électeurs dans 12 ou 18 mois. Il doit s’y attarder aujourd’hui, maintenant, là, tu suite. Autrement, la déconnexion entre le parti et les électeurs de Québec se cristallisera.
Quand on cesse d’écouter, qu’on fait des vidéos pour flasher, on finit par se faire insulter, en direct, à la télé. Marchand vient de le vivre et ça a fait réagir. Certes, on pourra penser qu’il s’agit de quelqu’un qui n’a pas encore compris, comme le laissait entendre le maire, malaise en bouche. On peut aussi parier que plusieurs préfèreraient le voir en sueur, les poches en dessous des yeux, à trimer au boulot plutôt qu’à sourire à pleines dents, l’air de dire que c’est dont facile.
En tout cas, PSPP pourra bien faire de petites vidéos. On peut néanmoins s’attendre à le voir avec des plis sous les yeux, dans quelques mois…


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