L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec émet de sérieuses réserves sur la nomination de Nicolas Girard. Le nouveau gouvernement péquiste lui confie les Transports, les Affaires municipales et la Capitale-Nationale. Dans un communiqué diffusé jeudi, le chef Stéphane Lachance s’inquiète de ce cumul, surtout pour le tramway.
Louis-Alexandre Parent
L’ancien patron du RTC aux commandes
Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a dévoilé son Conseil des ministres mercredi. Nicolas Girard, député de Repentigny, y cumule trois responsabilités. Il devient ministre des Transports et de la Mobilité durable, puis ministre des Affaires municipales. Il veille aussi sur la Capitale-Nationale. Le Parti québécois n’y a fait élire aucun député le 5 octobre.
Jusqu’au début d’octobre, M. Girard dirigeait le Réseau de transport de la Capitale (RTC). Il occupait ce poste depuis 2023. Selon l’opposition, le RTC s’est classé avant-dernier à un audit de performance financière. Le gouvernement du Québec avait commandé cet audit. Stéphane Lachance soutient que ce bilan n’a jamais fait l’objet d’une reddition de comptes.
Le tramway au cœur des inquiétudes
Le chef de Respect Citoyens rappelle que M. Girard a publiquement appuyé le tramway et rejeté le troisième lien. Or, le ministre des Transports recevra l’évaluation financière de CDPQ Infra. Comme ministre des Affaires municipales, il approuvera aussi les règlements d’emprunt de la Ville.
« Celui qui défendait le projet il y a 1 mois sera celui qui en jugera la facture », lance M. Lachance. Il dit avoir « d’immenses doutes » sur la capacité d’écoute du ministre et sur son devoir de réserve. Rappelons que M. Lachance a fait campagne contre le tramway lors des élections municipales de 2025.
Le ministre des Finances aussi visé
L’opposition s’interroge également sur le rôle du ministre des Finances, Nicolas Marceau. Elle le présente comme l’auteur d’un rapport sur la fiscalité municipale commandé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ).
Ce rapport recommande un fonds d’infrastructures réservé aux villes qui haussent leurs taxes au rythme du PIB nominal. Ce rythme correspond à la croissance de l’économie, inflation comprise. Selon l’opposition, M. Marceau évaluera, financera et appliquera ainsi ses propres conclusions.
Une rencontre toujours réclamée
Stéphane Lachance affirme avoir écrit au premier ministre pour le rencontrer avant la formation de son cabinet. Cette demande tient toujours. Le chef veut porter la voix d’une partie de la population que l’administration Marchand ne représente pas, selon lui.
« Il appartient maintenant au premier ministre de démontrer qu’il les entend », conclut-il au sujet des électeurs de Québec. Enfin, l’opposition promet de suivre de près chaque décision qui touche la capitale.


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