UNE TRISTE ÉLECTION

david lemelinDavid Lemelin (Photo : Courtoisie)

Est-ce une drôle de campagne? En fait, l’humain est souvent positif et retient ce qui lui permet de garder le moral, donc on oublie à quel point c’est presque toujours à la fois décevant et triste. Cette campagne ne fait pas exception. Mais, en raison des enjeux sur la table, l’intensité de cette élection est particulièrement forte. On a droit aux attaques personnelles, aux propos insignifiants, aux contradictions gênantes, à la manipulation et la mémoire sélective de plusieurs… tout comme aux moments inspirants, poussés par des candidats qui réussissent le miracle de nous donner le goût de leur faire confiance.

Une chronique de David Lemelin

Pour les candidats, c’est dur. C’est brutal. C’est épuisant. Tous les jours, ils se réunissent, prennent leurs signets, leurs bébelles de com et partent sur la route, en essayant de garder le moral au top, pour avoir l’énergie nécessaire pour se rendre jusqu’au 5 octobre. En ce sens, les grands rassemblements sont réellement utiles pour revigorer des troupes qui commencent à manquer de gaz.

Mais pour nous, citoyens, cette élection est souvent triste. Médiatiquement, on roule en boucle des points de presse, souvent sans intérêt, en mettant l’accent sur les tarifs, sur le référendum ou n’importe quoi qui hausse l’anxiété collective sans que ce soit utile ou pertinent. Pendant ce temps, on évacue le fond et, surtout, on évite de nommer les choses par leur nom : la guerre tarifaire est le hochet de Mark Carney qui manipule les Québécois, aux frais des contribuables, des travailleurs et des entreprises, pour s’immiscer frontalement dans notre élection. Les Américains essaient de « closer le deal », mais Carney bousille tout, pour servir ses propres intérêts. Ce premier ministre est un adversaire direct du Québec et un homme d’affaires toujours en service qui se cache derrière une cravate de politicien. C’est un scandale… mais, ça passe! Ottawa, c’est loin, la guerre tarifaire, on comprend rien… alors, il s’amuse, le banquier britannique. On n’a pas vu pareille manipulation depuis le référendum de 1995. Et on est clairement aligné sur le pétrole, sachez-le!

La démocratie est à ce point attaquée et menacée qu’on essaie de nous faire croire qu’une consultation démocratique est une horreur. C’est incroyable. Vraiment. Incroyable. Pendant ce temps, les chefs essaient de placer quelques thèmes, mais sont ramenés sans cesse vers les épouvantails de service (tarifs, référendum, etc.). Alors, ils jouent le jeu, reparle de tarifs, de référendum… dans bien des cas pour éviter d’exposer clairement ce qu’ils ont à vendre, sachant que le produit est peu attrayant.

Il faut du courage pour choisir de faire une campagne politique, en pareil contexte. Le débat des chefs? C’est extrêmement angoissant et c’est une pression énorme. Les dérapages sont rares aujourd’hui, les chefs sont bien préparés et s’en sont bien sortis… mais, est-ce que ça va changer les choses? Consolider, oui. Faire comprendre que le temps va manquer, oui. Faire tourner le vent? Il est tard. 

C’est nous qui aurons le dernier mot, dans quelques semaines. Et si ça se confirme pour un gouvernement minoritaire, on recommencera tout ça, quelques mois plus tard…

Abonnez-vous à notre infolettre mensuelle!

Commentez sur "UNE TRISTE ÉLECTION"

Laissez un commentaire

Votre courriel ne sera pas publié.


*


Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.