Au Petit Coin Breton ferme ses portes après soixante ans d’histoire 

Au Petit Coin Breton. (Photo : Juliet Nicolas)

Après plus de soixante ans à accueillir des générations de clients, Au Petit Coin Breton a fermé définitivement ses portes le 7 septembre. Dans une entrevue accordée au Carrefour, la copropriétaire Patricia Rolin raconte l’histoire familiale derrière cette crêperie emblématique du Vieux‑Québec. 

Par Juliet Nicolas

L’histoire commence en 1960 alors que les grands‑parents de Patricia Rolin quittent la France d’après guerre avec leur fille et s’installent au Québec. Elle, bretonne de Quimper, lui, parisien, travaillent tout d’abord dans une crêperie au nord de Montréal. La grand-mère de Patricia a alors l’idée d’ouvrir sa propre crêperie à Québec. Les restaurants se comptant à l’époque sur les doigts d’une main.

En 1963, ils inaugurent Au Petit Coin Breton, un minuscule local au coin Saint‑Ursule et Saint‑Jean.Le succès est au rendez-vous et rapidement, l’espace devient trop étroit. La famille déménage alors au 1029, rue Saint‑Jean, où la crêperie restera pendant plus de cinq décennies. 

Une entreprise familiale qui traverse les générations

La deuxième génération prend le relais lorsque la mère de Patricia rencontre son père, un Français formé en hôtellerie et globe‑trotter. Ensemble, ils développent l’entreprise et ouvrent deux autres établissements : l’un sur la Grande Allée, l’autre à Place de la Cité, à une époque où le secteur n’était encore que des champs. Ces succursales fermeront au fil des années, la dernière en 2021, après la pandémie.

Patricia et son frère reprennent ensuite les rênes du restaurant principal et perpétuent l’héritage breton, tout en l’adaptant au Québec.

Une fermeture dictée par la santé 

Malgré une clientèle fidèle, les copropriétaires ont dû se résoudre à fermer pour des raisons de santé. Patricia Rolin et son frère vivent tous les deux avec une maladie chronique. « Je veux vivre le temps qu’il me reste autrement », confie Mme Rolin. 

À cela s’ajoute le départ à la retraite de plusieurs employés de longue date. « C’était une famille ici. Beaucoup ont travaillé des décennies », ajoute‑t-elle. 

Un lieu chargé de souvenirs

Les dernières semaines ont été marquées par une vague d’émotions chez les habitués venus faire leurs adieux et partager leurs souvenirs. Des premières visites aux fiançailles ou aux anniversaires, autant de moments qui ont façonné la vie du lieu.  

Une page se tourne, une autre s’ouvre

Le 28 septembre, Patricia remettra les clés au nouveau propriétaire. Le local accueillera un restaurant italien du groupe Maestro, déjà présent sur la Grande Allée. « Ce sont de jeunes hommes pleins de potentiel. Je leur souhaite que du bonheur », partage la copropriétaire.

En attendant la transition, la famille met en vente la vaisselle et divers éléments du restaurant.

Mme Rolin redirige désormais la clientèle vers Le Billig, situé sur la rue Saint‑Jean, mais dans la portion du quartier Saint‑Jean‑Baptiste, de l’autre côté de la porte. 

Un dernier mot pour ceux qui ont fait vivre le lieu

Patricia tient à remercier ceux qui ont franchi la porte du restaurant pendant toutes ces années. « Pour faire de bons restaurateurs, ça prend une bonne clientèle. C’est grâce à eux qu’on a été aussi bons pendant si longtemps. »

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