RAMER CONTRE LA VAGUE 

david lemelinDavid Lemelin (Photo : Courtoisie)

On peut difficilement moins bien commencer une campagne que le Parti Québécois. Non pas parce qu’il fait des gaffes… mais parce que le contexte se déroule sans que le PQ ne puisse donner l’impression qu’il serait capable d’être en contrôle. Résultat : un sondage met nez à nez ou presque le PQ et la CAQ.

Une chronique de David Lemelin

Même si la valeur du sondage n’est pas élevée, c’est le message que ça envoie : le PQ est en train de glisser (ce qui est probablement faux). Mais, visiblement, on va chercher à en faire une vague, sachant qu’une vague, même pas nette, est dure à freiner. 

Et la raison de tout ça : Trump, dont Carney se sert comme un enfant. 

La guerre tarifaire est une arnaque de Carney… mais le PQ a l’air gelé. Il est pris, notamment, dans ses sélections de candidatures. Sachant que presque tout ce qui s’est fait du côté des candidatures a été décidé à Montréal, le cafouillage dans Taschereau a de quoi sonner les troupes. Ce n’est pas localement qu’on a callé les shots. C’est Montréal qui leur a dit comment ça allait se passer… en poussant Marissal après le retrait de Jeanne Robin, sans avoir pu vérifier ce qu’il en était avec lui. Les militants regardent le train passer, dubitatifs…

Le PQ aura du mal à inverser la tendance. Ça se peut, mais ce sera pénible. Car, on a fortement le sentiment que le scénario de Poilievre au fédéral se répète ici: le meneur, pendant deux ans, s’enfarge avant la ligne d’arrivée pour se faire doubler par un référendum sur Trump.

Le PQ est minoritaire pour l’instant dans les projections, mais même cette position est loin, loin d’être acquise. À peu près tout le monde leur tire dessus, quitte à être malhonnête. Ça leur prendrait des guerriers pour aller sur le terrain, parler et convaincre. Ont-ils des guerriers? Fort peu. Beaucoup de novices, beaucoup d’âmes bienveillantes. Mais, à la guerre, tu veux des soldats expérimentés, pas des gens qui vont apprendre leur métier en le faisant. Ils vont ramer…

Fréchette n’a rien à proposer. C’est Trump qui est (encore) le sujet, avec Carney à la manœuvre. Elle pourrait bien rester au pouvoir, minoritaire, malgré un bilan désastreux et des troupes de fond de tiroir. La politique est cruelle…

Duhaime va faire entrer du monde à l’Assemblée nationale. C’est tout ce qu’il souhaite. Ça va forcer le gouvernement à répondre sans cesse à des questions sur les dépenses. Ce ne sera pas mauvais. Le défi des Conservateurs sera de rester pertinent. Duhaime est capable d’inventer des trucs pour se rendre intéressant. Et ça, c’est mal.

Et Milliard? Que dire. Il est inintéressant et les gens le lui font comprendre. Il est incapable de tirer son parti vers le haut. Même dans sa région, l’Estrie, il est en mauvaise posture. Ça ressemble à un frappeur de relève qu’on a envoyé se sacrifier en attendant le successeur de la dynastie Charest. Oui, le fils. Suis convaincu qu’il s’en vient. Milliard réchauffe son banc.

QS? Sans intérêt. Personne ne les écoute. Ils vont survivre en chutant encore. Ils rescaperont peut-être des députés, mais ce sera pour sauver la face uniquement. Ce parti n’est pas solidaire du Québec. Il ne l’écoute même pas. C’est du moins ce que les Québécois lui disent.

Ma prédiction? J’aurais dit PQ minoritaire , suivi de 18 mois de bordel à essayer de se sortir du bourbier caquiste, pour nous conduire à l’élection du fils Charest, ensuite. Comme avec Marois en 2012.

Mais là, je ne le sais plus. Une chose est claire : PQ majoritaire, oubliez ça…

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