LA QUESTION DE L’URNE

david lemelinDavid Lemelin (Photo : Courtoisie)

C’est vrai qu’il arrive qu’il y a une « question de l’urne ». Dans des contextes particuliers. Mais, il arrive très souvent que nous nous trouvions davantage dans une course de stratégies : réussir à imposer LA question de l’urne. Bref, il n’y en aurait pas tellement une, mais réussir à pousser la sienne, pour imposer le sujet principal de discussion et amener les adversaires sur votre terrain, à parler de vous, contre vous, mais donc de vous.

Une chronique de David Lemelin

C’est ce qui se passe, notamment, avec la CAQ (oui, c’est la CAQ, bien que Christine Fréchette fasse semblant qu’elle vient de lancer un parti tout neuf. Il est différent, oui, ils se sont presque tous enfuis). On essaie d’imposer la guerre tarifaire avec les USA comme « question de l’urne ». 

Pourquoi? Parce qu’elle n’a rien à proposer. Fréchette essaie l’impossible pari de dire aux gens qu’elle n’est pas responsable de fouillis actuel... tout en disant qu’elle a l’expérience pour le faire, d’où le slogan « avançons ».

Oui, un pas de plus vers le précipice, comme l’on écrit plusieurs sur les réseaux, rappelant en cela le célèbre gag des Cyniques, qui reprenait un gag involontaire du chef créditiste Camil Samson.

La guerre tarifaire… mais au fond, c’est la peur, le sujet. Faire peur. La peur, ça a bien réussi à Mark Carney jusqu’ici, le Bloc québécois en sait quelque chose. 

Depuis des semaines, la première ministre fait des efforts pour passer pour l’actrice de soutien de Mark Carney. Elle a joué la figurante dans l’annonce sur l’hydroélectricité et c’est pareil pour les tarifs : elle regarde aller Carney, en espérant ramasser quelques miettes dans les intentions de vote. 

Or, la guerre tarifaire, on se joue de nous. Comme des idiots utiles. Carney manipule les Québécois en leur faisant croire qu’il se soucie du français, lui qui dirige un gouvernement qui met des millions à contester nos lois et à favoriser l’anglais. Aujourd’hui, il fait semblant d’haïr le pays où sa fortune est placée et où on y trouve tout ce qui est important à ses yeux. À Ottawa, le français s’est effondré dans la fonction publique et nous ne serons bientôt plus qu’un souvenir du folklore.

Alors, la question de l’urne, ce n’est pas cette guerre artificielle qui va finir par passer, après des négociations conduites par des gens qui ont tout intérêt à se servir d’elle. 

La question a plutôt 8 millions de visages. Qu’est-ce que vous voulez, vous, pour le Québec?

C’est ça la question. 

Nous vivons des défis de plus en plus lourds, l’avenir même du Québec est dans la balance. On veut continuer d’exister comme peuple et nation ou se fondre et disparaitre, sans laisser de trace?

Cette question comporte des milliers d’aspects qui vous touchent de près, de loin, des fois pas du tout. Que voulez-vous pour le Québec? Qu’on se prenne en main ou qu’on laisse un banquier décider ce qui est bon pour lui, euh… pour nous?

J’ai vécu plusieurs campagnes électorales comme électeur, comme journaliste aussi. Mais, celle-ci est plus importante que la plupart des élections des 40 dernières années.

Notre avenir est dans la balance. 

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