Récemment, le maire s’est dit soulagé « pour les humains » concernés par le rétablissement temporaire du Programme de l’expérience québécoise, le fameux PEQ, qui permet à des milliers de travailleurs et diplômés étrangers intégrés dans la région de retrouver une voie rapide vers la résidence permanente.
Une chronique de David Lemelin
On dit et écrit beaucoup, depuis quelques années, ici comme ailleurs (en Europe et aux États-Unis, c’est quotidien depuis un bon moment) sur la surenchère vertueuse qui se joue sur le dos des immigrants. C’est, en somme, mal de se poser des questions. C’est inhumain.
Hé bin!
Accueillir sans réfléchir, ça parait bien. Mais, la vraie vie, elle, se fiche pas mal des apparences. Dans l’économie, tous les fils sont attachés. Quand on tire sur quelque chose, ça bouge ailleurs, souvent à l’opposé de la toile. Et puis, y a rien de gratis. En tout cas, pas qui provient des mains des humains. L’eau? Si ça vient du robinet, y a toute une armée de contribuables qui paient… vous voyez le genre.
Bien sûr, accueillir des immigrants, ça coûte quelque chose. Oui, ils rapportent. L’économie, tout est lié, je l’ai dit. Mais, les coûts pour les infrastructures, les hôpitaux, les écoles… c’est costaud. Les ressources pour payer sont limitées. Pensons à la pénurie de logements, le coût des maisons qui s’est emballé, la capacité des hôpitaux (ça déborde régulièrement), les écoles itou (manque de classes, bâtiments en mauvais état…). Ce n’est pas la faute de l’immigration, c’est un facteur dont il faut tenir compte. Pour réfléchir. Oui, réfléchir! Pour mieux agir.
L’économiste Pierre Fortin s’est maintes fois exprimé sur le sujet pour dire que l’immigration est nécessaire, mais qu’il faut agir avec jugement. Il insiste pour dire qu’elle ne règle pas tous les problèmes, qu’il faut tenir compte de la qualité de l’intégration, l’adéquation des compétences, la capacité d’accueil et ce que sont nos politiques publiques.
En somme : faut tenir compte de nos capacités, de la réalité, du logement, de la francisation, des services publics et de l’acceptabilité sociale.
Ah, bin oui! Il met en garde contre une hausse trop rapide qui pourrait fragiliser la cohésion sociale et nuire à la francisation. Que voulez-vous, on vit en français icitte!
Il faut aussi avoir la lucidité de voir clair dans le jeu « généreux » d’Ottawa qui se sert des programmes temporaires pour contourner la planification québécoise… en paraissant fin pis humaniste au boutte. Le français dans tout ça? Who cares?
Pourtant, les sondages qui passent nous disent que plus de 80% des Québécois s’opposent à l’augmentation des seuils d’immigration au Québec. Une majorité souhaite même une réduction!
Ah, mais, quand la démocratie est malcommode, on fait la morale aux électeurs!
Or, une intégration réussie, ça se fait par des seuils réfléchis qui permettent l’accueil dans le respect de ceux qui arrivent et de ceux qui reçoivent. Ça favorise le maintien du tissu social et le vivre-ensemble. Oui, vivre ensemble… et pas le chacun de son côté.


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