Nancy María Martinez ouvrira, au cours des prochains jours, sa friperie-boutique en consignation, un projet qu’elle porte avec ses deux enfants.
Xavier Renald
Une passion pour la mode qui se transmet
En discutant quelques minutes avec Isabella et Étienne Corbeil, on comprend tout de suite qu’ils ont grandi dans un milieu où la mode était omniprésente.
Originaire de la Californie, Nancy María Martinez s’est installée dans la Capitale-Nationale il y a une vingtaine d’années avec son mari québécois. C’est ici qu’ils ont élevé leurs enfants.
« Chez nous, on a beaucoup de vêtements. Ma mère, c’est vraiment une passionnée, explique Étienne. Elle aimait beaucoup nous habiller et revendre nos vêtements usagés en ligne. »
Cette passion pour les vêtements s’est par la suite transformée en projet entrepreneurial, au moment où les enfants ont grandi et que Mme Martinez sentait qu’elle pouvait compter sur leur appui. « Le projet de ma maman m’intéressait beaucoup », indique Isabella, qui s’implique dans l’entreprise en parallèle de ses études en entrepreneuriat à Montréal.
« On en parle depuis quelques années qu’on aimerait ouvrir notre propre friperie », poursuit-elle, indiquant que leur mère leur a fait côtoyer de nombreux commerces similaires depuis qu’ils sont jeunes.
Après un an de recherches pour trouver un local approprié, celui du 1101 route de l’Église est apparu sur le radar de Nancy María Martinez, qui s’est lancée au printemps dans l’ouverture de la Friperie L’Archive.
Le nom du commerce de la famille Martinez-Corbeil représente d’ailleurs bien leur relation avec les pièces de vêtements. « Les vêtements, ce sont des histoires. Les personnes nous racontent un peu leur histoire à travers leurs vêtements », raconte Isabella. C’est donc dans cet esprit que L’Archive entend s’occuper des vêtements remis par ses visiteurs.
La friperie en consignation
Modèle encore peu exploité à Québec, selon Isabella et sa mère, la friperie en consignation permet aux donateurs de vêtements de récupérer une partie de la somme récoltée lors de la vente en magasin.
Grâce à leur fréquentation répétée de plusieurs friperies en consignation, au Québec, mais également en Californie, les nouveaux commerçants considèrent qu’ils se sont inspirés des meilleures pratiques afin de développer l’offre de L’Archive.
« On a décidé de prendre les meilleures pratiques des endroits qu’on a visitées », souligne Mme Martinez. Les déposants auront ainsi la possibilité de reprendre leurs vêtements invendus, de bénéficier de 50 % des revenus provenant de la vente des pièces déposées et de bénéficier d’un maximum de visibilité pour la vente de leurs vêtements.

« On offre aussi des services en ligne, en mettant des articles en vente sur Shopify ou eBay. Quand les gens viennent nous porter leurs vêtements de designers, ou des vêtements plus spécialisés, il faut aller rejoindre cette clientèle-là qui ne va pas nécessairement venir marcher ici », indique Isabella.
L’Archive aura également une collection d’œuvres d’art qui sera renouvelée régulièrement pour compléter son offre.
La seconde main en vogue ?
Malgré la présence de plusieurs autres friperies à Québec et même dans le secteur de Sainte-Foy, Nancy et ses enfants sont convaincus que leur commerce trouvera une clientèle.
« Comme on propose quelque chose de différent des autres, je crois que la curiosité naturelle des gens va les amener ici », suggère Isabella. Elle croit d’ailleurs que le petit format de leur boutique et le fait que les vêtements sont soigneusement triés et inspectés sauront plaire à une certaine clientèle.
« C’est déjà trié », soutient Nancy María. « Juste le fait qu’on peut gagner un peu d’argent en vendant les choses, c’est différent », complète-t-elle.
Étienne, âgé de 19 ans, indique pour sa part que les vêtements usagés gagnent en popularité chez les jeunes, qui sont toujours en quête de nouveaux morceaux à bas prix. « Ils trippent sur la seconde main », avance Étienne, qui a poussé sa mère à inclure une section pour homme, ce qui est rare en consignation.

Étienne et sa mère seront d’ailleurs les deux premiers employés de la boutique L’Archive, mais Nancy María anticipe déjà devoir recruter de nouveaux membres du personnel. La propriétaire s’engage d’ailleurs à offrir un salaire de 20 $ de l’heure ainsi qu’une participation aux bénéfices de l’entreprise aux employés ayant au moins six mois d’ancienneté.
De plus, elle prévoit remettre 1 % des bénéfices du commerce à diverses associations caritatives, dès que l’entreprise aura atteint la rentabilité. L’Archive ouvrira ses portes dans quelques jours, et déjà, la famille Martinez-Corbeil constate un engouement pour leur friperie.


Commentez sur "L’Archive : Ouvrir une friperie en famille"